Discours politique

Valér Giscard d'Estaing, TF. 1. ACTUALITES, "L'EVENEMENT" DU JEUDI 27 JANVIER 1977 - 20 H 30, "QUESTIONS DE FEMMES ? "VALERY GISCARD D’ESTAING, REPOND" UN FILM DE MICHEL CROCE-SPINELLI (27/01/1977)

La nature veut que les femmes françaises auront toujours à faire face à 2 problèmes : le problème de leur maternité et de l'éducation de leurs enfants, d'une part, et le problème de leur vie professionnelle de l'autre.

Il faut donc savoir que ceci se produira en tout état de cause.

Alors, le choix qu'elles doivent faire entre l'un ou l'autre, à un certain moment, c'est un choix que nous devons rendre le plus libre possible pour qu'elles puissent faire ce qu'elle préfèrent, ce qui peut être fonction de beaucoup d'éléments : de leur age, de leur vie familiale, de leur culture, de toutes sortes d'éléments.

Mais il faut qu'elles puissent faire ce choix sans culpabilité.

Je crois que la première idée c'est de leur dire que cela doit être le choix des femmes.

Je crois que nous n'avons pas, la collectivité n'a pas à faire ce choix pour elles.

Alors, naturellement, il faut que ce choix soit possible et c'est là qu'est le problème, c'est-à-dire que, si elles choisissent une formule ou si elles choisissent une autre, elle puissent le faire, mais que ce soit vraiment leur problème. Et c'est 2 situations naturellement différentes.

Alors, la première situation c'est celle de femmes qui préfèrent interrompre leur activité professionnelle pour élever leur enfant.

Alors, il y a d'abord le fait que ça leur soit rendu possible, c'est-à-dire qu'elles puissent prendre un congé de longue durée, interrompre leur activité et ensuite reprendre leur activité.

A l'heure actuelle, il a été prévu, c'est une recommandation qui a été faite, qui a un an et demi, au cnpf, par le gouvernement, qu'elles pouvaient obtenir un congé de 2 ans.

Mais ça n'est pas obligatoire, il n'est pas obligatoire, pour les entreprises, pour l'employeur de leur donner ce congé, et nous avons le projet, au printemps prochain, de le rendre obligatoire par la loi, c'est-à-dire de faire que toute femme ayant un jeune enfant puisse obtenir un congé de 2 ans et ait le droit de reprendre son activité telle qu'elle exerçait au terme de ce congé.

Alors, l'autre problème, c'est le problème des femmes qui, au contraire, continuent leur activité professionnelle et cela pose la question des facilités qu'elles ont pour, pendant ce temps- là, poursuivre l'éducation de leur enfant.

Je parle des facilités matérielles, je parlerai tout à l'heure des ressources.

Et nous avons vu ces femmes poser, par exemple, la question des crèches.

Alors, je dirai, à propos des crèches, qu'en effet la France était certainement sous-équipée au point de vue des crèches.

Il y avait, il y a encore quelques années, 50000 places dans des crèches, en France, et, à l'heure actuelle, nous sommes engagés dans un programme de doublement : on doit porter ce chiffre de 50000 à 100000 au cours des années à venir. Et, actuellement, on crée 5000 places nouvelles de crèches par an.

Alors, je reviendrai à la question commune des femmes qui préfèrent interrompre leur activité pour élever leur enfant ou les femmes, au contraire, qui poursuivent leur activité.

C'est la question des ressources.

Et il est certain qu'une femme qui interrompt son activité a besoin d'un complément de ressources.

Nous avons, jusqu'à présent, dans ce domaine, des allocations, en France, qui sont très compliquées : il y a 5 types d'allocations différents en fonction de la situation de la femme, en fonction de l'âge et de la répartition des enfants.

Et une réforme, que je considère comme très importante, et que nous devons faire cette année, l'été prochain, si elle est votée par le parlement, c'est de remplacer toutes ces allocations par une seule.

Alors, il y aura, d'une part, l'allocation des femmes qui ont un jeune enfant, c'est-à-dire un enfant de moins de 3 ans.

Elles toucheront toutes automatiquement, qu'elles travaillent ou qu'elles ne travaillent pas, la même allocation dès lors que leurs ressources ne dépassent pas un certain plafond.

Bien entendu, les femmes qui nous parlaient tout à l'heure, leurs ressources sont très inférieures à ce plafond.

Et puis, deuxièmement, toutes les femmes qui élèvent plus de 3 enfants, plus exactement 3 enfants et plus, auront ce qu'on appellera un complément familial qui sera le même pour tout le monde, donc une seule allocation, avec une seule condition qui est précisément, là aussi, l'existence d'un plafond de ressources. Vous voyez donc que les femmes, à ce moment - là, auront donc devant elles un choix beaucoup plus simple parce qu'elles sauront qu'elles toucheront la même allocation, qu'elles travaillent ou qu'elles ne travaillent pas, et qu'elles toucheront automatiquement une allocation lorsqu'elles ont un jeune enfant, c'est-à-dire un enfant de moins de 3 ans, ce qui leur permettra d'exercer plus librement ce choix.

Je me suis mal exprimé, ce qui m'arrive.

Je n'ai pas voulu dire, en effet, que les femmes ne se sentaient pas coupables. Il est possible qu'elles se sentent coupables, mais je voulais dire qu'il ne fallait pas qu'elles se sentent coupables.

Oui, voilà, il faut justement démonter le système qui conduit à faire qu'elles se sentent coupables.

La société considère, en effet, que c'est un droit pour les femmes comme pour les hommes, et que celles qui considèrent que c'est très important pour elles de prendre sur leur vie pour élever leurs enfants puissent faire ce choix également sans culpabilité, sans avoir le sentiment qu'elles arrêtent, comme le disait une jeune femme tout à l'heure, une activité productrice.

Ecoutez, nous y reviendrons. Je dirai : "tout était fait ", n'est - ce pas, et dans les mesures que j'ai indiquées, les choses qui sont en cours, et nous aurons sûrement l'occasion de revenir tout à l'heure sur ce sujet à propos d'autres questions, ce qui est fait à pour objet de rendre ce choix et de faire disparaître ce sentiment de culpabilité qui n'a aucune raison profonde d'être.

La question qui est posée par cette femme c'est le problème de la femme qui devient seule.

Cela peut être le cas du divorce - c'est son cas -, cela peut être le cas de veuvage, cela peut être le cas de tous ordres de séparation.

Il y a donc un problème psychologique au sens fort du terme, qui sont les conséquences de la séparation sur le plan psychologique.

Et vous savez qu'on a réformé la loi sur le divorce essentiellement pour atténuer ce côté qui était très dur très inhumain et très conflictuel, de la procédure française du divorce. Ce n'était pas au sens je dirai courant pour faciliter le divorce, pour le rendre plus nombreux, c'était pour faire qu'il soit moins éprouvant, moins destructeur, sur le plan psychologique et social.

Alors, ensuite, il y a le problème matériel de la femme devenue seule et ce que cette femme nous dit c'est que, pour elle, le problème n'a pas été un problème principalement de ressources, cela a été un problème psychologique.

Mais, enfin, il y a, pour beaucoup de femmes, un problème principalement de ressources, et vous savez qu'on a pris un certain nombre de mesures.

Je vous rappelle, par exemple, au point de vue de la sécurité sociale, les femmes devenant seules perdaient la sécurité sociale lorsqu'elles ne travaillaient pas et perdaient, par exemple, l'assurance-maladie.

Alors, il a été prévu - c'est une loi qui date d'il y a 2 ans maintenant - qu'elles conserveraient automatiquement pendant un an, quelle que soit leur situation, l'assurance-maladie pour elles à partir du moment où elles devenaient seules, que ce soit à la suite d'un divorce ou que ce soit à la suite d'un veuvage.

Ensuite, au point de vue des ressources, on a créé quelque chose qui est tout à fait nouveau, qui est même unique dans notre législation : c'est qu'une femme devenant seule a un minimum de revenus. La collectivité lui assure un minimum de revenus, c'est-à-dire une somme qui, naturellement, est relativement faible mais qui lui donne la sécurité de ne pas être privée de ressources alors qu'autrefois, si elle ne travaillait pas et qu'elle devenait seule et qu'elle n'avait pas de pension alimentaire, elle n'avait plus de ressources du tout.

Enfin, il y avait un problème qui était très sensible, dont on avait beaucoup parlé, qui était le problème des pensions alimentaires des femmes divorcées ; parce que souvent - et on l'a vu tout à l'heure - souvent les hommes ne versaient pas ou incomplètement ou tardivement les pensions alimentaires qu'ils devaient à leurs femmes à la suite d'un divorce.

Et nous avons prévu - ce qui a été décidé par la loi - que lorsque les femmes sont dans cette situation, elles peuvent demander à la justice de faire que, désormais, ce soit l'Etat, le trésor, qui assure le recouvrement de la pension alimentaire et qui la leur verse.

Or, l'Etat a beaucoup plus de moyens, naturellement, pour assurer ce versement. Donc, vous voyez que ce problème des femmes devenues seules, qui est à la fois un problème psychologique, qui est un problème de ressources, qui est un problème de protection sociale, il a fait l'objet, au cours des dernières années, d'un certain nombre d'initiatives.

Vous me faites jouer, dans ce film, le mauvais rôle parce que j'ai l'air, n'est - ce pas, d'être celui qui justifie la situation actuelle ou qui est conduit à dire que cette situation est satisfaisante, et cetera. Alors que c'est une situation historique. Moi, j'ai trouvé cette situation il y a 2 ans, j'essaie, dans une certaine mesure, de la transformer, la dernière considère que ça ne se fait pas très vite, mais c'est ce qu'il faut voir.

Et ce que je vous indiquais pour la protection sociale de la femme seule, notamment sur le plan de l'assurance-maladie, sur le plan du minimum de ressources, ça remonte à il y a un an.

Donc, ce sont des mesures récentes.

Alors, naturellement, nous venons de loin, je suis tout à fait d'accord avec vous, mais je ne peux pas avoir l'air de dire que, parce qu'on a pris quelques mesures, tout est changé. Mais enfin il faut que vous sachiez que ce problème de la femme devenue seule est un problème auquel on s'est attaché au cours des dernières années, et qui, je pense, sera différent, dans l'avenir, de ce que vous avez peut-être connu et, vous me dites, souffert vous - même.

Alors, je prends ce problème des femmes et du travail et des différentes questions qui ont été posées.

La première question : la discrimination au moment de l'entrée dans le travail.

Vous savez qu'il y a une loi, qui a été votée le 11 juillet 1975.

Alors là, évidemment, c'est un problème d'application, vous me direz que c'est la même chose.

Mais j'ai été frappé de voir. C'était dans la première série de questions, une jeune femme à Ivry, qui a dit que, précisément, elle avait dissimulé. Enfin, elle était en état de grossesse et que c'était, si j'ai bien entendu, c'était son contremaîtres - femme qui, à ce moment - là, voulait la faire partir.

Donc, vous voyez que c'est un problème d'application et de fraude, ce n'est pas un rapport homme - femme, c'est simplement le fait que, souvent, les lois sont tournées ou mal appliquées. En tout cas, il faut savoir qu'il ne doit y avoir aucune discrimination, que c'est interdit par la loi et donc passible de sanctions.

Alors ? Il y a eu un deuxième type de questions sur les carrières, je dirai, des femmes, c'est-à-dire le fait, pour une femme qui travaille, pour une femme qui commence, mettons, comme OS.

Alors, il faut d'abord bien voir que vous avez le sentiment que c'est un problème de femmes, mais c'est un problème de travailleurs manuels. Si vous prenez un OS, en France, homme, sa situation est, jusqu'ici, pratiquement la même.

En tout cas, je ne crois pas du tout que ça traduisait une discrimination, si vous voulez...

C'est qu'on visait, en réalité, dans cette campagne, à sensibiliser l'opinion.

On commençait par des travaux pénibles et les travaux pénibles c'est souvent des travaux de plein air et, en France, à la différence d'autres pays comme, par exemple, l'Union soviétique.

Les travaux de plein air ce sont les hommes qui les font.

Vous savez bien qu'en Union soviétique, au contraire, quand on circule, on voit que les travaux de plein air sont faits par les femmes.

Finalement les travaux, qui sont des travaux très durs comme le travail dans les fours, dans la sidérurgie ou dans l'industrie chimique, ce sont en France également les hommes.

Alors, je pense que c'est parce qu'on voulait montrer des travaux de ce type que, finalement, cette campagne a commencé par des images d'hommes. Mais, si cette campagne doit se poursuivre, en effet, il faut montrer des femmes.

Chaque fois qu'il s'agit d'une question de formation ou d'éducation, c'est l'affaire d'une génération.

Il faut bien comprendre que le changement du système d'éducation et le fait que les élèves, les enfants puis les élèves vont dans un système ou dans un autre, c'est un problème de génération.

Il ne faut pas s'attendre à ce que tout puisse être fait en un an ou deux.

Et je dirai : ça, pour le coup, il y a des choses qui sont de la responsabilité de l'Etat, il y a même si j'ai bien compris, des choses qui sont de la responsabilité du président de la République, mais il y a des choses qui sont de la responsabilité des intéressés eux - mêmes et, notamment, le choix des filières d'éducation.

A l'heure actuelle, on observe que, dans beaucoup de filières d'éducation, des jeunes filles se dirigent alors qu'elles ne s'y dirigeaient pas autrefois.

Il n'y avait pas d'élèves femmes dans les écoles vétérinaires, autrefois, en France ; il y en a, maintenant, un très grand nombre.

Il y avait très peu de femmes dans certains emplois qui sont pourtant de très haute responsabilité : il n'y avait pas de femmes juges d'instruction, en France, ça n'existait pas ; vous avez vu, dans un certain nombre de circonstances récentes, qu'il y en avait beaucoup, et c'est une responsabilité très importante.

Il n'y avait pas de femmes dans le corps préfectoral ; il y a des femmes qui y entrent. Donc, c'est une affaire de génération.

Alors, on peut dire 2 choses sur ce que vous venez de dire là.

La loi fixe l'égalité des salaires et, par exemple, dans tous les domaines où l'Etat intervient, c'est le cas.

Vous avez pris l'exemple de l'enseignement, puisque plusieurs de ces jeunes femmes étaient des enseignantes ; dans l'enseignement, c'est exactement le même traitement ; dans la magistrature, exactement le même traitement ; dans toute la fonction publique.

Alors, dans le cas des entreprises, c'est la règle et un employeur n'a pas le droit, s'il y a un emploi qui est occupé par un homme et qui est ensuite occupé par une femme, de faire une différence de salaire.

Ce qui est vrai c'est que, dans l'évolution des rémunérations des différentes spécialités, il arrive que des spécialités qui sont occupées par des femmes sont des spécialités qui sont sous-rémunérées par rapport aux spécialités qui sont occupées par les hommes, et ça c'est une politique, en effet, il faut toujours y faire attention pour tendre vers cette égalité. Mais enfin, comme vous voyez comment sont les choses, il faut savoir que c'est en France - vous avez vu ces statistiques - que cet écart est le plus faible.

A propos de cette dernière question qui est celui du rôle des femmes dans la vie politique, je voudrais faire d'abord quelques remarques de bon sens.

La première remarque c'est que, dans tout ce film, n'est - ce pas, on dit "les femmes".

Ce qui me frappe, moi, c'est la différence entre elles : la différence de nature, de caractère, d'intentions.

Ce ne sont pas du tout les mêmes.

Donc, il faut bien voir qu'il y a plusieurs réponses. De même, d'ailleurs, que, quand on prend les hommes, il y a également plusieurs problèmes.

Deuxièmement, à propos de l'avortement, la dernière intervenante paraissait considérer que la vie publique ou la politique c'était quelque chose qui était inutile ou en dehors des problèmes des femmes.

Ce n'est pas exact.

Et il a fallu élaborer une loi, la faire voter, et on ne pouvait traiter ce problème que par la loi.

Il n'y avait aucun moyen de faire autrement.

Donc, de temps en temps, c'est bien la décision de la collectivité publique qui règle un problème. Et comme cette décision m'a été, dans certains milieux, suffisamment reprochée pour que je rappelle que c'est quand même la collectivité publique qui a règlé ce problème et qui fait que nous avons entendu de nombreuses femmes et que, finalement, une seule en a parlé et elle en a parlé au passé.

Alors, le troisième point, c'est, en effet, l'exercice par les femmes de fonctions de responsabilité.

Je crois que, là, il faut regarder les choses en face.

Dire que le ministère de la santé, ce n'est pas important ou que les universités, ce n'est pas important et que c'est la femme institutrice, pas du tout : les universités, c'est considérable ; dans tous les pays du monde, ce sont des hommes qui sont responsables de l'enseignement supérieur et le fait que ce soit une femme en France c'est très important.

La culture.

Donc on a nommé, en France, des femmes à des emplois de responsabilité importants dans le gouvernement et pas uniquement dans le gouvernement.

Je vous citerai, par exemple : on a nommé, récemment, le président du tribunal de la Seine ; eh bien le président du tribunal de la Seine, en France, c'est une femme.

Nous avons nommé des ambassadeurs pour la première fois, femmes, dans 2 pays d'Europe.

On a nommé récemment, une femme général, ça ne s'était jamais vu.

Il y a des femmes qui sont dans le corps préfectoral.

Donc, en effet, il est indispensable que les femmes occupent des emplois et des fonctions de responsabilité élevée.

Mais je dirai : c'est à elles d'y venir.

Naturellement, la nomination dépend souvent des pouvoirs publics mais, enfin, il faut qu'elles soient là, qu'elles soient prêtes, préparées, à ce moment - là, en effet, il faut les nommer et je vous dirai franchement : nous les nommerons.

Alors, également dans la vie publique.

Dans la vie publique, je crois que la présence des femmes est indispensable.

Je rappelais récemment qu'il va y avoir... on va élire en France 460000 conseillers municipaux.

Eh bien, il faut que, dans ces 460000 conseillers municipaux, il y ait la proportion normale des femmes.

Vous en parliez tout à l'heure à propos des OS ou des smicardes : eh bien, il faut qu'il y ait la même proportion dans les conseils municipaux, et cela dépend, en grande partie, d'elles.

On l'a bien vu. Quand une femme veut le faire - naturellement, avec plus de difficultés, peut-être, qu'un homme - elle y arrive.

Je crois que le grand changement qu'on voit dans les sondages. Le grand changement dans notre vie publique, c'est que, maintenant, les femmes votent pour les femmes, ou votent notamment pour des femmes, elles votent également pour des hommes ? Autrefois, vous savez très bien que ce qui freinait les candidatures féminines, c'est que les hommes avaient quelquefois un certain préjugé mais les femmes aussi et elles ne votaient pas volontiers pour les femmes.

Alors, à l'heure actuelle, cette situation est modifiée.

Il faut donc que les femmes exercent des responsabilités dans la vie publique, collective, de la France. Elles ne peuvent pas dire : "nous n'avons pas notre place, ou les problèmes ne sont pas traités comme ils doivent l'être", et en même temps ne pas chercher à entrer par candidature, par compétition, dans les postes de responsabilité et dans la vie publique.

Et là, je dirai, parce que je l'ai écrit, que je suis d'un avis tout à fait différent de ce qu'on vient d'entendre.

Les caractères des femmes et certaines disaient, justement, de façons de voir, ce sont des qualités dans le vie publique.

Le fait de préférer les problèmes concrets, d'apporter des solutions aux difficultés réelles, c'est en effet, ce qu'il faut faire dans notre vie publique.

Il faut donc que les femmes y participent parce qu'elles lui donneront ce caractère.

Le côté beaucoup trop de discours, de discussion, de prise de position, de notre vie publique est un côté que je regrette, que je cherche à combattre.

Eh bien, l'entrée et la participation plus active des femmes, avec leur sens des problèmes concrets, des problèmes humains, de la mesure, à mon avis, poussera notre vie publique dans ce sens.

Je reviens à l'exemple des communes.

Les communes, ce n'est pas un lieu de discours, c'est un lieu où l'on traite les problèmes du cadre de vie, les problèmes de l'éducation, les problèmes de la vie sociale, les problèmes des crèches, les problèmes des maternelles. Il est donc indispensable que les femmes françaises, qui en ont maintenant complètement la capacité, exercent leurs responsabilités dans ce domaine.

Vous voyez, ce qui reste, peut-être, c'est que, dans ce problème du rôle des femmes dans la vie française, maintenant on est dans une situation où la solution dépend, en grande partie, d'elles.

Je crois que, dans le passé, parce qu'il faut voir la pente qu'on remonte qui est la pente de plusieurs millénaires, ce n'est pas une affaire de cinquante ans ou de 100 ans, même si les femmes voulaient obtenir des solutions, elles ne le pouvaient pas, le système était complètement bloqué.

Tandis qu'à l'heure actuelle il est en train de se débloquer encore faut - il que, naturellement, la montée des responsabilités féminines dans la société française permette de mener cette transformation à bon terme et quand on voit les questions qui se posent, je crois que c'est possible et, en tout cas, je souhaite que, dans les années prochaines nous y parvenions.