Discours politique

Valér Giscard d'Estaing, ENTRETIEN DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING AVEC DES JOURNALISTES SUR LA POLITIQUE ETRANGERE ET LA SITUATION INTERNATIONALE, PARIS, PALAIS DE L'ELYSEE, MARDI 27 JANVIER 1981 (27/01/1981)

Nous n'avons pas parlé de la paix vous me permettrez de terminer là dessus. Je me rappelle, quand j'étais enfant ou adolescent, je circulais un peu dans les pays voisins. Allant alors dans les pays comme la Suisse, ou dans les pays scandinaves, j'observais que la France était en retard. Je voyais que notre équipement était en retard, que nos villes étaient moins riches, que nous étions un pays dont les moyens de travail, d'existence, étaient inférieurs à ceux des autres, à ceux de certains autres pays

Je me suis posé la question : au fond, pourquoi ? C'était clair : nous nous comparions à des pays qui avaient connu la paix, alors que nous avions connu les guerres. La Suisse, les pays scandinaves avaient connu la paix, le Canada aussi. Nous avions connu la guerre et les invasions. Je me suis dit que pour le progrès de la France, il était essentiel de maintenir la France en paix, et que si on voulait qu'elle se porte en avant, il fallait qu'elle soit en paix

La paix, pour moi, ce n'est pas la facilité, ce n'est pas du tout la résignation. C'est la paix dans la sécurité et dans la dignité. Et il est vrai que je suis prêt à faire, et que je ferai, un grand nombre d'efforts pour que la France connaisse une longue période de paix.

Je reviens sur les Affaires étrangères

Il y a quelques jours, je m'entretenais avec un Premier ministre étranger, il me disait : nous regardons la France de l'extérieur. Ce qui nous frappe c'est que la France s'est portée en avant. Elle s'est portée en avant dans le domaine de l'indépendance énergétique ; elle est le pays du monde qui a fait le plus grand effort. Elle s'est portée en avant dans la restructuration industrielle ; elle réorganise son industrie pour faire face à la crise. Elle s'est portée en avant dans le domaine de la défense puisqu'elle est, de tous les pays occidentaux, celui qui a fait, dans les années récentes, le plus grand effort de défense. La France s'est portée en avant, c'est ce que nous voyons de l'extérieur. Mon voeu pour la France c'est qu'elle continue de se porter en avant.

Non pas parce que je suis optimiste ou conciliant, je crois simplement que je suis conscient des responsabilités que j'exerce