Discours politique

François Hollande, Elections européennes – Paris (08/06/2004)

Notre combat ne s'arrête jamais et il y aura forcément, après ces élections européennes, d'autres rendez-vous qui nous attendent. Et, si nous voulons être là, il faut d'abord faire l'Europe sociale Chers Camarades,

Au point où nous en sommes de notre réunion, y en a-t-il un ou une qui ignore ce qu'il doit faire le 13 juin ? Y en a-t-il encore un, une, à convaincre ?

Nous achevons presque notre campagne pour les élections européennes, quand d'autres ne l'ont même pas commencée. Nous sommes encore en campagne, et nous faisons campagne sur le plan politique. Pour nous, l'Europe, ce n'est pas simplement des places, des sièges, des majorités. L'Europe, c'est un contenu, une direction, un sens, un projet.

Voilà pourquoi nous sommes en campagne, les uns les autres, depuis plusieurs semaines. Non pas pour revendiquer un succès, il sera peut-être là, mais d'abord pour convaincre nos concitoyens d'aller voter. Non pas pour l'Europe. Aujourd'hui, l'Europe est là, elle ne demande pas de soutien particulier, mais de voter pour l'Europe sociale, puisque c'est le mot d'ordre que nous nous sommes fixé, puisque c'est l'objectif que nous portons et que nous voulons atteindre.

Nous faisons une campagne européenne. Je le dis car, quand nous faisions campagne pour les élections régionales, on nous dit que nous ne voulions que sanctionner le gouvernement et nous ne parlions que de politique nationale, quand par ailleurs nous parlions de gratuité des livres scolaires, les emplois tremplin, les grandes causes de l'environnement. Aujourd'hui, encore, on nous dit que nous ne parlons que de sanction du gouvernement et que nous ne parlons pas d'Europe.

Il ne s'agit pas de sanctionner l'Europe, elle n'y est pour rien, mais de sanctionner ceux qui nous gouvernent, parce qu'ils le méritent et que c'est justice de le rappeler.

Nous faisons campagne pour l'Europe, parce qu'elle est un rêve que l'on peut réaliser de génération en génération. Nous ne réalisons pas tous nos rêves, sinon on ne serait pas souvent dans la réalité. Mais, il y a des rêves que l'on transforme, et l'Europe en est un ; sans doute l'un des plus beaux. Ce rêve d'une Europe de paix, il a été accompli. Ce rêve d'une Europe économiquement forte, il est réalisé. Alors, le rêve que nous pouvons aujourd'hui prendre comme un nouveau défi, c'est l'Europe sociale. Nous le croyons, nous ne le disons pas parce que ce serait le meilleur des slogans, mais parce que c'est pour nous l'ardente obligation dans l'engagement politique qui est le nôtre. Nous le disons d'autant plus que, comme socialistes, nous savons que si l'Europe n'est pas sociale, que si l'Europe est libérale, alors, même si nous revenons aux responsabilités en 2007 -et nous reviendrons- nous ne pourrons pas agir comme il convient, nous ne pourrons pas transformer notre pays comme nous le proclamons. Il nous faut donc cette Europe sociale pour faire, le moment venu, de grandes réformes dans notre pays.

Nous faisons une campagne européenne et nous accueillons nos amis Européens. Aujourd'hui, le maire de Barcelone ; hier, le Ministre Tchèque de la culture et nos amis Belges et portugais. Nous faisons campagne avec nos amis. Ce n'est pas facile pour les autres d'inviter leurs amis. Pensez-y. Inviter Berlusconi dans une réunion publique, c'est compliqué. Rappeler Aznar dans une réunion de l'UMP, difficile. Et Schüssel qui s'est allié à l'extrême droite, très dur.

Nous sommes heureux d'accueillir nos amis. Nous sommes même dans une campagne mondiale, puisque nous accueillons le Président de l'Internationale socialiste qui nous rappelle que notre combat pour l'Europe est un combat pour la justice dans le monde. Parce que tout se tient : une Europe forte, c'est un monde pacifié. Voilà les raisons pour lesquelles les socialistes sont en campagne.

L'Europe est sans doute la plus belle des aventures humaines. L'Europe, c'est pour nous la paix, la paix pour l'Europe, la paix pour le monde. L'Europe, c'est une puissance économique, la première du monde. L'Europe, c'est la prospérité que nous devons partager. L'Europe, c'est l'Europe de la culture que nous devons protéger de la mondialisation, de la marchandisation et de l'uniformisation qui la menacent. Lorsque l'Europe défend sa culture, elle défend la culture, parce que le message de l'Europe est toujours un message universel.

Les socialistes sont en campagne. Ils ont parfois le sentiment d'y être un peu seuls. Le gouvernement, la droite, fuient la confrontation. La droite n'est pas en campagne, elle est en fuite, elle se cache. Le Premier ministre lui-même a pu considérer que les élections européennes ne figuraient pas dans son calendrier. Un peu comme ces étudiants qui considéraient que les examens ne figuraient pas au programme. Curieux jugement, curieuse conception de l'action publique, curieuse manière de faire vivre la démocratie. Il a même pu ajouter que le débat était entre ceux qui étaient pour l'Europe et ceux qui étaient contre l'Europe. En France, il n'y a -sauf l'extrême droite et quelques souverainistes- que des protagonistes de l'Europe et nul, d'ailleurs, ne proclament dans cette campagne que la France pourrait sortir de l'Europe. Le vrai débat est donc entre une Europe de droite et une Europe de gauche. C'est le seul message qu'il faut colporter.

Raffarin a déclaré que les Français votent pour les grands partis : l'UMP et le PS. Nous n'acceptons pas le soutien de Jean-Pierre Raffarin dans cette campagne ! Que Jean-Pierre Raffarin soutienne l'UMP, nous verrons bien d'ailleurs si l'UMP soutient Jean-Pierre Raffarin ! Mais, il n'y a pas que Jean-Pierre Raffarin, il y a aussi les Ministres. Où sont-ils passés ? Aux abris, sans doute. Où est Copé que l'on voyait tant il y a quelques mois. Il ne participe à aucune réunion publique, à aucun meeting, à aucune opération de campagne, peut-être même pas dans les spots de télévision. Où est Sarkozy ? Il se démenait dans la campagne des régionales et l'échec de la droite est aussi le sien. Il était dans les grandes réunions. Là, de Sarkozy, pas de nouvelles. Ah, si ! On me dit qu'il est en Algérie, sans doute pense-t-il que l'Algérie est en Europe, nous verrons bien pour la prochaine étape. Et Alain Juppé ! Mais où est donc passé Alain Juppé ? Nul n'a retrouvé sa trace. Si, moi, je l'ai rencontré à France Inter et paraît-il qu'il mène campagne, alors que tous les autres semblent le faire pour la présidence de l'UMP. C'est le panache qui reste le sien.

Dans ce contexte, la droite fait un double pari :

1- Le pari de l'abstention : le gouvernement fait le jeu du silence, de l'indifférence civique, de l'oubli même du scrutin. L'abstention, pour elle, est sa chance, son espoir, alors elle l'entretient, elle l'encourage. C'est sa meilleure alliée. C'est vrai qu'aujourd'hui elle a tout à redouter du vote, elle a tout à espérer du retrait civique. Et beaucoup de nos concitoyens pourraient considérer que l'essentiel est fait après les élections régionales du mois de mars, que les messages sont passés, que le Parlement européen est trop loin, abstrait, qu'il ne changera pas leur vie. C'est à eux que nous devons nous adresser. À eux de convaincre aussi leurs proches que le Parlement européen, c'est le lieu où s'élaborent la plupart des lois qui s'appliquent aujourd'hui dans notre pays. C'est le Parlement européen qui va, aujourd'hui, décider de l'avenir de la Commission européenne. C'est au Parlement européen qu'il va y avoir le contrôle de l'Exécutif de l'Europe et que le Parlement européen est, finalement, un lieu de pouvoir aussi essentiel que notre Parlement national. S'ils oublient le 13 juin de voter, ils seront obligés d'attendre 2007 ; et 2007, c'est long ; c'est, pour beaucoup, la fin de leurs acquis sociaux et qu'il est encore temps aujourd'hui de s'exprimer fortement et de faire reculer le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Voilà le sens du message qu'il faut porter.

2- Le pari de la confusion : elle fait campagne, paraît-il, sur le thème de la Turquie. Nous avons dit ce qu'il fallait en dire. Pour nous, la Turquie est dans l'Europe, mais avec des conditions, sur la base de critères, sur la base de la démocratie et des droits de l'Homme, sur la base de valeurs, parce que l'Europe -pour nous- est une communauté de valeurs et, en aucune façon, un préalable religieux. Voilà pourquoi, nous avons considéré que la Turquie avait sa place dans ces conditions-là, sur ces critères-là, et n'oublions pas non plus la reconnaissance du génocide arménien. Voilà comment nous portons, nous, la question de la Turquie. Et la droite voudrait nous faire croire que ce serait le sujet essentiel, alors même que le Président de la République lui-même a pris des engagements et qu'aujourd'hui la Ministre des Affaires Européennes vient de faire cette déclaration étonnante en affirmant que la Turquie n'est pas un enjeu du scrutin européen. Le gouvernement fait-il encore partie de l'UMP et l'UMP du gouvernement ! Et sur la question de la Constitution ? Alors qu'il y a encore des choix décisifs qui seront pris au lendemain des élections européennes, peut-on laisser penser que la question aujourd'hui c'est la Constitution. Nous sommes pour une Constitution européenne, nous sommes pour des institutions démocratiques, nous considérons qu'il y a des avancées, mais qu'il y a encore un certain nombre de mécanismes à changer, des règles de révision à modifier. Et ce qui est étrange, insupportable d'ailleurs, c'est que le Président de la République n'ait toujours pas fait connaître le mandat qui est le sien pour aller négocier -au lendemain des élections du 13 juin- la position de la France pour l'Europe. C'est le 13 juin qu'il faut nous-mêmes former le mandat pour la négociation qui suivra. C'est selon le vote du 13 juin que s'élaborera aussi la future Constitution. C'est selon les votes qu'émettront les Européens eux-mêmes pour leur Parlement européen que se décidera la Constitution. Les Chefs de gouvernement, les Chefs d'Etat ont, sans doute, leur prérogative, mais les peuples doivent d'abord s'exprimer sur l'Europe qu'ils veulent. C'est cela le sens de notre campagne.

Nous n'arrêtons pas de dire l'Europe sociale, l'Europe sociale, parce qu'aujourd'hui c'est le prochain défi. Beaucoup ont souri. Toujours les mêmes : les fatalistes, les conservateurs, les Libéraux. Ah ! l'Europe sociale. C'est un voeu, c'est un objectif inaccessible, c'est un slogan. Les Libéraux, les conservateurs rient toujours devant ceux qui leur promettent des progrès. Ils considèrent qu'il n'y a pas de place pour la volonté humaine, que l'action politique est vaine, que le changement est impossible, que seuls les marchés, les forces économiques peuvent produire les avancées d'une société.

Mais, quand nous disons " Europe sociale ", de quoi parlons-nous ? D'abord de l'Europe de l'emploi, de l'Europe du plein emploi. Parce qu'il est pour nous insupportable que cette Europe, première puissance économique du monde, puisse connaître 10, 12 % de taux de chômage. Il est insupportable de savoir que c'est en Europe, première puissance économique, que la croissance est parmi l'une des plus faibles du monde développé. C'est pourquoi, le premier engagement que nous prenons est de relancer la croissance et l'emploi à travers la coordination des politiques économiques, mais plus encore, à travers une harmonisation fiscale évitant les délocalisations, à travers un grand plan de grand travaux financé par emprunt pour ouvrir l'Europe aux nouvelles technologies et aux protections de l'environnement. Voilà le projet qui est le nôtre. Quant au pacte de stabilité, que les Libéraux et les conservateurs -comme ici, en France- ne respectent jamais, nous préférons parler de pacte de croissance, de nos priorités à l'Education, à la Recherche, à la culture, car c'est cela l'avenir. Voilà ce que nous entendons, nous, par Europe sociale.

L'Europe sociale, pour nous, c'est la convergence des droits, des salaires et des niveaux de protection. Et, là encore, ils sourient sous cape " Ah ! les pauvres socialistes, ils y croient encore au progrès social ". Chimères, pensent-ils ! Mais, c'est notre destin d'Européens, lorsque nous acceptons l'élargissement, de faire en sorte que les pays qui nous rejoignent connaissent plus rapidement que nous ne l'avons fait sans doute les progrès, les avancées, les conquêtes, les droits. C'est comme cela que nous concevons l'élargissement et non pas comme une source de profits, de délocalisations, de dumping. Ce que nous voulons promouvoir, c'est une façon de vivre ensemble dans le même espace de solidarité.

Les ricaneurs poursuivent et nous disent : " Mais, vous ne voulez quand même pas transférer la Sécurité Sociale, l'assurance maladie, les retraites en Europe ! ". Sûrement pas. Mais, nous voulons d'abord les garder chez nous ces acquis sociaux qu'ils détruisent ici. Permettez-nous d'ailleurs de vouloir faire ces critères de convergence sociale qu'ils admettent pour l'Europe monétaire, qu'ils introduisent pour l'Europe économique -et encore pas toujours. Nous voulons fixer les mêmes objectifs, les mêmes critères de convergence pour le social.

À Lisbonne, Antonio Guterres est là, Premier ministre du Portugal à cette époque, Président du Conseil européen, c'est lui qui a défini cette stratégie de Lisbonne où l'on se fixe des objectifs pour l'économie de la connaissance, l'économie de l'emploi, l'économie du progrès social. Mais, les Libéraux ne les ont pas respectés, entendus, voulus, protégés.

Alors, il nous faut donc reprendre inlassablement notre combat, parce que nous, les socialistes, nous savons qu'il n'en est jamais terminé du combat social, jamais terminé des conquêtes sociales, qu'il faut toujours s'y remettre, éternellement s'y remettre. D'ailleurs, il faudrait éviter de s'y remettre tous les cinq ans ; il vaudrait mieux travailler dans la durée. Mais, on ne choisit pas ses délais. Mais, pour nous, l'Europe sociale, c'est la volonté de converger ensemble vers le haut, d'harmoniser nos protections.

Là encore, c'est Alain Juppé qui nous fait la leçon. Il nous parle de poudre aux yeux... Pour un spécialiste du feu aux poudres en matière sociale, c'était le plus bel hommage du vice à la vertu qu'il pouvait nous rendre.

Pour nous, l'Europe sociale, c'est l'Europe des services publics. Parce que, c'est cela qui fait qu'on est à l'égal de tous -où qu'on soit en Europe- pour accéder à la santé, à l'Education, aux transports. Pour nous, le service public est une façon de vivre en Europe. C'est pourquoi, il y aura toujours cette opposition entre l'Europe libérale et l'Europe sociale. Et que la question des services publics est centrale dans cette campagne. La meilleure preuve, c'est que le groupe conservateur européen a voté pour la libéralisation de tous les services publics au Parlement européen, quand c'est le groupe socialiste -dans toute sa diversité- qui s'y est chaque fois opposé.

Mettons le service public au coeur de notre campagne pour les élections européennes, parce que c'est notre mode de vie et pas seulement en France, mais partout en Europe.

Il y a cette grande question du budget qui doit être une question de clivage entre les conservateurs et les socialistes. Les conservateurs veulent encore réduire ce budget européen " peau de chagrin " à 1 % de la richesse européenne et nous disent - avec horreur et abomination- que nous voulons porter le budget européen non pas à 1 % de la richesse européenne mais à 1,5 %. Le socialisme c'est donc le diable ! C'est l'enfer ! 1,5 %. Alors, oui, revendiquons aussi cette volonté, portons le budget européen à 1,5 % de la richesse produite en Europe pour faire une politique en faveur de l'emploi, de l'Education, de la culture, de la Recherche et pour les régions.

Quel est l'objectif de notre campagne ? Il est simple : il faut envoyer une majorité de gauche au Parlement européen le 13 juin. Tout l'enjeu est de savoir qui du PPE, le parti des conservateurs européens, ou du Parti socialiste aura le plus de sièges. Le Parti PPE, c'est le Parti où siège l'UMP et l'UDF -jusqu'à ce qu'elle en sorte et l'on nous dit que c'est pour bientôt. Mais c'est le grand parti européen où l'on admet, l'on souhaite la libéralisation des services publics ; c'est la majorité de ce parti qui a souhaité l'intervention américaine en Irak ; c'est dans ce parti-là qu'on revendique encore aujourd'hui la référence à Dieu dans la Constitution européenne ; c'est dans ce parti-là qu'on a refusé la commission d'enquête sur le naufrage du Prestige ; c'est dans ce parti-là qu'il y a eu absolution de l'alliance entre la droite et l'extrême droite en Autriche ; c'est dans ce parti-là que l'on refuse toute avancée sociale dans l'Europe... Et c'est ce parti-là qui voudrait avoir la Présidence de la Commission européenne ! Voilà le sens de notre combat : être majoritaires au Parlement européen, rejeter la droite et faire en sorte que le prochain Président de la Commission européenne soit un homme ou une femme de progrès.

Il y a aussi, me dit-on, un enjeu national. C'est vrai. Je l'admets volontiers. Mais, tout est lié. On ne peut pas refuser le libéralisme en Europe et absoudre le gouvernement Raffarin, champion du libéralisme en France. Tout se tient. Il faut sûrement envoyer un nouveau message. Il faut marquer l'utilité du vote pour faire avancer l'Europe, pour faire reculer le gouvernement Raffarin. Et ceux qui s'interrogent sur les suites du scrutin des 21 et 28 mars, soyez fiers du résultat des 21 et 28 mars. Pas seulement parce que la gauche a gagné, pas seulement parce qu'il y a aujourd'hui 20 régions à gauche sur 22 et la majorité des départements ; soyez fiers de votre vote parce que vous avez fait reculer le gouvernement. Si aujourd'hui les recalculés de l'UNEDIC ont enfin retrouvé leurs indemnités, c'est par votre vote ; si les chercheurs ont pu enfin arracher les quelques crédits budgétaires jusqu'à la fin de l'année, c'est grâce à votre vote ; si les intermittents du spectacle ont pu enfin trouver un interlocuteur et peut-être quelques millions d'euros pour financer leur couverture sociale, c'est grâce à votre vote. Et si nous avons évité la prise par ordonnance de la réforme de la Sécurité Sociale, de son démantèlement, c'est aussi par votre vote. Et, de la même manière, c'est par le vote le 13 juin qu'on fera reculer le gouvernement sur la Sécurité Sociale, et qu'il ne s'y trompe pas, il y a beaucoup plus de mécontents par rapport au plan de Douste-Blazy qu'il n'y a eu de manifestants le 5 juin dernier. Je veux rendre hommage à ceux qui ont manifesté pour la Sécurité Sociale et je veux leur dire que s'ils veulent défendre leurs acquis sociaux, c'est aussi au moment des élections européennes qu'il faut le faire. Et pour les salariés d'EDF qui se battent dans des conditions dures, difficiles, que l'on pousse à la brutalité et, quelques fois, à la désespérance, je veux leur dire qu'ils ont aussi la possibilité de se faire entendre en allant voter le 13 juin, en affirmant qu'ils ne défendent pas leur statut, leurs avantages ou seulement leur entreprise, mais qu'ils défendent ce qui est le plus beau, c'est-à-dire le service public et l'égalité pour tous devant l'énergie.

La gauche est de retour en Europe. Sans doute. La gauche va peut-être avoir une nouvelle chance. Sûrement. Mais, il nous reste tant à faire encore ensemble. Nous avons ensemble redressé le Parti socialiste, rassemblé la gauche, redonner une espérance. Et nous avons gagné ces élections régionales et cantonales ensemble. Il va falloir gagner ces élections européennes ensemble. Il va falloir faire un projet pour l'avenir ensemble, dans l'unité, dans la volonté et dans la vérité.

Notre combat ne s'arrête jamais et il y aura forcément, après ces élections européennes, d'autres rendez-vous qui nous attendent. Et, si nous voulons être là, il faut d'abord faire l'Europe sociale ; il faut ensuite faire l'unité des socialistes sur un projet social ; il faut enfin rassembler la gauche sur une volonté sociale. C'est de tout cela dont il faudra s'occuper au lendemain du 13 juin. D'ici là, faisons avec Harlem qu'il y ait le plus de députés européens socialistes