Discours politique

François Hollande, Discours de François Hollande : Etats généraux de Baie Mahau (Guadeloupe) (29/04/2006)

Chers Amis,

Il me revient, comme Premier secrétaire, de conclure nos travaux. Si nous sommes ici, c'est parce que nous allons engager une démarche sans doute tout à fait nouvelle. Jusqu'à présent, pour l'élaboration du projet socialiste, avant chaque grande échéance, c'était en métropole, le plus souvent à Paris, que les textes se préparaient, que les réflexions s'engageaient et vous receviez, comme militants et élus socialistes, le texte final sans avoir véritablement participé à son élaboration.

J'ai voulu, avec Victorin Lurel, inversé le processus. C'est ici, en outremer, que la direction nationale est venue pour délibérer avec vous des propositions pour l'avenir. C'est vous, par votre contribution, par le travail qui reste encore à mener autour de Victorin Lurel, qui ferez le projet des socialistes pour l'outremer. Et vous ferez même mieux : vous donnerez une dimension ultramarine à l'ensemble du projet socialiste.

C'est à la fois un changement par rapport à nos propres méthodes, et c'est une différence majeure par rapport à ce que sont la conduite et la stratégie de la droite. Il ne m'a pas échappé qu'il y a quelques semaines était venu le Président de l'UMP, sur fonds publics puisqu'il a pris prétexte d'être Ministre de l'Intérieur pour tenir réunion, pour faire des promesses comme si d'ailleurs, en tant que numéro deux du gouvernement, il ne devrait pas d'abord prendre des engagements et les traduire en actes. Cette façon de faire, cette confusion des genres, cette manière de promettre toujours et de ne jamais tenir, cette conception de la politique faite de douceur ici et de brutalité ailleurs, tout cela doit être aujourd'hui refusé.

C'est la raison pour laquelle nous sommes là, à la fois pour définir un projet et pour engager une démarche et une méthode tout à fait nouvelles. C'est vrai pour la préparation de notre projet. Ce sera vrai aussi lorsque nous serons en responsabilité, c'est-à-dire dès 2007.

Nous avons aussi à dire qu'une fois aux responsabilités, nous devons faire un contrat avec l'outremer et ne pas simplement édicter une politique, mais la vérifier dans sa traduction concrète, l'évaluer dans ses effets et être capables aussi, si cela est nécessaire, de la redéfinir. Le projet des socialistes pour l'outremer n'est pas un temps, le temps des élections ; il sera aussi le temps de l'action.

Nous sommes dans un moment particulier. D'abord parce que notre pays souffre de multiples façons. Il souffre d'une absence de vision, d'une absence d'espérance, d'un doute sur l'avenir ; il souffre aussi de conditions de vie de plus en plus insupportables, de discrimination, ici et en métropole, qui n'est plus acceptée ; il souffre de précarité -nous l'avons vu avec les émeutes en banlieue ou avec la crise du CPE ; il souffre aussi de ce chômage structurel, de cette difficulté à vivre pour beaucoup de familles. Il y a donc une souffrance en métropole et il y a une souffrance encore aggravée en outremer.

Nous n'intervenons pas dans n'importe quel contexte. Notre pays traverse une crise morale d'une très grande dimension. Ce qui se passe en ce moment -sans que l'on en comprenne tous les mécanismes mais où l'on constate une fin de règne crépusculaire, où s'organisent des complots contre tel ou tel, des manipulations en leur sein, où la concurrence entre protagonistes de l'UMP trouve sa place au sommet de l'Etat, où la parole même des plus hautes autorités de l'Etat est mise en cause, où l'on ne sait pas si, en haut lieu, s'est organisé un complot... En tout cas la suspicion existe- impose à l'opposition d'être plus responsable que ceux qui gouvernent. Dans ce contexte, c'est à nous d'indiquer le chemin, c'est à nous de donner le sens de l'Etat, de rappeler les exigences élémentaires dans une République, dans une démocratie. Il existe ce paradoxe où, depuis plusieurs mois,dans cette fin de règne interminable, ceux qui devraient avoir le sens de l'Etat le détournent, ceux qui devraient normalement assurer la vérité la maquillent, ceux qui normalement devraient garantir la transparence, le bon état du fonctionnement des institutions, manquent à tous leurs devoirs.

La responsabilité qui est la nôtre n'est donc pas simplement de préparer un changement électoral, ce n'est pas simplement de réussir une alternance ; c'est de permettre une véritable alternative globale sur la méthode, sur la conception de l'Etat, sur le fonctionnement des institutions, sur le rapport au pouvoir et sur le projet.

Le projet des socialistes pour l'outremer doit partir du malaise de tous les outremers qui, à la fois, sont confrontés à la dureté des conditions d'aujourd'hui : une politique gouvernementale qui a mis en cause l'ensemble des crédits de la solidarité, un budget de l'outremer sérieusement amputé, un chômage plus élevé ici qu'ailleurs, des conditions de logement plus difficiles ici qu'ailleurs -et notamment en métropole. En plus, s'ajoute à ce malaise lié aux conditions de vie un malaise culturel que je peux comprendre, un malaise personnel quand un gouvernement, une majorité sont capables de voter une loi de la honte reconnaissant le caractère positif de la colonisation. L'outremer est donc blessée, et pas seulement elle. Heureusement ! Quand, pan après pan, le pacte social, le pacte républicain sont mis en cause, c'est encore davantage en outremer que l'on souffre de cela, plus qu'en métropole.

Ce malaise peut dégénérer en repli identitaire, en frilosité, en résignation ou, pire, en communautarisme. Je sens bien qu'il y a ici ou là des tentations de se retrouver selon la couleur de peau, selon le territoire. Combien, pour des républicains, cette question peut être lancinante !

Les outremers sont une chance pour la République. Et la République doit être une chance pour l'outremer car, c'est la République qui permet l'égalité dans la diversité. C'est la République qui permet la laïcité, à condition que la promesse républicaine ne reste pas lettre morte, à condition que la République soit pleine et entière partout, et notamment ici.

Nous voulons une République diverse, multicolore, libre et capable aussi d'assurer la promesse de l'égalité. Voilà comment notre projet doit être articulé. Passer de l'égalité formelle -celle que nous célébrons depuis maintenant 60 ans- à l'égalité réelle, en sachant bien que cela ne suffira pas à fournir la dynamique nécessaire, pour permettre l'égalité pour tous, en rétablissant d'abord les crédits budgétaires qui ont été amputés ou supprimés : les crédits pour les emplois aidés, les crédits pour le logement et les crédits -d'une manière générale- pour la solidarité.

Il y aura beaucoup à faire ; déjà reconstituer ce qui a été perdu durant ces années de droite ; mais nous devons surtout redonner à l'Etat un rôle central.

Victorin Lurel et ses équipes ont défini 88 propositions. J'y ai vu comme une modestie -ils auraient pu dire 110 propositions. Le point de départ de ces 88 propositions est, effectivement, l'égalité. Il fallait rendre justice à cette belle notion d'égalité et écarter d'autres concepts que nous avons ici abordés, et notamment celui de discrimination positive. Tout a été dit ; je n'ai rien à rajouter. La meilleure formule reste la suivante : nous n'allons pas ajouter une discrimination à tant d'autres déjà constatées, fut-elle positive. Il faudrait d'ailleurs plutôt dé-discriminer si l'on veut aboutir à l'égalité.

En même temps, il faut avoir conscience qu'il y a un besoin aussi de reconnaissance de spécificité, de diversité . Et nous devons y faire droit dans la République. Et donc considérer que c'est sans doute justice -et c'est la conception du socialisme- de donner plus à ceux qui ont le moins, de traiter les différences pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire insupportables quand elles marquent des territoires, des citoyens selon leur condition sociale ou leur couleur de peau. Il faut traiter les différences, les spécificités et réduire les disparités inacceptables. Pour cela, il faut donner davantage à des territoires plutôt qu'à d'autres. Il y aura, sur le plan de la fiscalité, à en tenir compte. Il est normal qu'il y ait des considérations fiscales particulières, quand il y a un problème de développement économique particulier comme on en connaît dans les régions d'outremer.

Ne vivez pas comme une atteinte à votre propre condition le fait, précisément, d'avoir une fiscalité dérogatoire. On voudrait, par des formules rapides -et Nicolas Sarkozy a donné cette impression-, parler de " zones franches ". Nicolas Sarkozy n'est jamais avare de promesses ; c'est un digne successeur de Jacques Chirac. Il a compris qu'il fallait des mots. Quelle meilleure formule que de dire que vous ne paierez plus d'impôt ! C'est généralement plus agréable d'entendre que l'on paiera moins d'impôts que plus. Sauf que depuis plusieurs années, depuis 4 ans, les métropolitains comme les ultramarins paient plus d'impôts ; y compris sur cette affaire d'augmentation du prix de l'essence qui est forcément liée au marché pétrolier, c'est l'Etat qui prend la rente pétrolière avec une fiscalité spécifique. Il faudra qu'il y ait moins d'impôts sur un certain nombre de prestations. À cet égard, je retiens une proposition : puisque vous pouvez avoir les taux de TVA que le gouvernement peut obtenir librement, sans en référer, à l'Union européenne, utilisez donc cette formule dérogatoire, ayez avec l'Etat une fiscalité sur la consommation qui vous permette d'avantager un certain nombre de prestations, d'activités -notamment dans les domaines de la restauration et du tourisme qui font souvent débat. Je souhaite que les socialistes en outremer aient une politique fiscale particulière pour l'outremer et liée à la création d'emploi. C'est cela qui fait la différence. Pour nous, il n'y a de fiscalité dérogatoire que s'il y a une contrepartie d'emploi. Nous ne voulons pas de fiscalité abaissée pour la rente, pour la spéculation, pour l'argent détourné, pour l'évasion fiscale, comme trop souvent l'outremer en a été le cadre.

Il faut traiter, au-delà de l'économie, les questions de représentation. C'est normal. Quand on parle de lutte contre les discriminations, il faut aller jusqu'au bout. Je suis d'accord avec la proposition qui est faite : la reconnaissance des langues doit se faire. Bien sûr qu'il y a une langue, une seule, qui est la langue de la République, le français ; mais il est normal de reconnaître l'ensemble des langues régionales. De la même manière, je pense que la République n'a rien à craindre à reconnaître l'Histoire ; l'Histoire de notre Nation, celle belle Histoire de la France généreuse, de la France solidaire, de la France résistante, de la France conquérante avec des valeurs universelles. Et nous avons aussi le devoir de reconnaître un certain nombre de tragédies de notre propre histoire et de détournement de nos propres valeurs. De ce point de vue, chaque fois que nous revenons sur notre propre histoire, y compris en en constatant les faiblesses ou les tragédies, nous ne nous affaiblissons pas. Au contraire. Nous nous rehaussons collectivement. Une grande Nation est une Nation qui se veut exemplaire et qui sait donc que, pour être exemplaire, il faut être capable de faire l'ensemble de son récit historique et de ne rien occulter. C'est ainsi que nous nous retrouvons sur des valeurs communes. La reconnaissance, c'est aussi la représentation. J'ai entendu ce qui s'est dit, et notamment pour la représentation des amis de l'outremer qui vivent en métropole.

C'est vrai que le Parti socialiste, là aussi, doit montrer l'exemple. Nous avons, avec Bruno Le Roux, choisi une méthode qui est de faire non pas des quotas -ce serait indigne-, mais de faire en sorte que des amis issus de l'outremer, d'autres culture ou d'autres pays -mais aujourd'hui capables de nous représenter mieux que d'autres- puissent figurer sur nos listes électorales -cela a été fait au moment des élections régionales. Maintenant, nous avons le devoir d'installer des camarades de l'outremer comme élus de la République, non pas en outremer, mais en métropole. Nous y veillerons.

J'ai entendu la proposition d'un grand ministère de l'outremer qui devrait être occupé par un ultramarin. Je crois que ce n'est pas la bonne manière de raisonner. Il faut un grand ministère de l'outremer et mettre à la tête de ce grand ministère de l'outremer le meilleur d'entre nous. Il faut aussi qu'il y ait dans le gouvernement, il y ait un ultramarin à un poste de responsabilité élevé et pas forcément au ministère de l'outremer. Non pas parce qu'il faudrait un ultramarin, mais parce que nous avons, au Parti socialiste, des ultramarins qui peuvent occuper toutes les responsabilités.

Il y a une de nos propositions qui se détache parmi tant d'autres : un grand plan de rattrapage en termes d'infrastructures, d'investissements dès le budget 2008. Nous avons beaucoup à faire, notamment pour les établissements scolaires, pour le transport, pour le traitement des déchets, pour le désenclavement, pour les énergies renouvelables, pour la biodiversité. Nous avons beaucoup à faire dans l'outremer car beaucoup de retard a été pris. Pour mettre en oeuvre ce plan qui doit être le symbole d'une volonté publique par rapport à la casse territoriale qui s'est produite depuis maintenant 4 ans, il va falloir faire un contrat -sans doute plusieurs-, un contrat global de l'Etat avec l'outremer et un contrat particulier avec chacun des territoires de l'outremer. Avec un échéancier, un rythme pour l'engagement des fonds. Vous avez eu le souci, d'ailleurs, de rappeler combien l'Europe était une chance pour l'outremer. Vous avez aussi dit que l'Etat avait, finalement, utilisé la solidarité de l'Europe à l'égard de l'outremer pour dégager sa propre responsabilité. C'est inacceptable. Chaque fois que l'Europe met d'avantage, l'Etat met moins. Pire même ! Vous avez relevé que l'Etat demande une solidarité des régions ultramarines entre elles ; l'Etat est capable de prendre à certaines régions d'outremer pour donner à d'autres. Curieuse conception de la solidarité où l'on prend aux plus modestes pour donner aux plus pauvres ! Alors que ce qu'il faut, c'est prendre aux plus riches pour donner aux autres.

De la même manière, dans le projet tel que vous l'avez préparé avec nous, trois grandes priorités sont à retenir ; il se trouve que ce sont aussi des priorités pour la métropole :

Il n'y aura de croissance, il n'y aura de développement, il n'y aura de lutte contre les discriminations, il n'y aura de capacité d'épanouissement pour les générations que par l'Education et la formation. La grande priorité des socialistes pour les 10 ans qui viennent -car nous devons aller au-delà de 2012- c'est l'Education, c'est la formation, c'est la connaissance, c'est la Recherche. C'est vrai en métropole ; c'est encore plus vrai ici. Il faudra mettre ces pôles de développement, d'universités, d'écoles, de formation des cadres dans le cadre des prochains budgets.

L'habitat, le logement : il y a en plus ici un plan de résorption de l'habitat insalubre. C'est ce que nous constatons dans la plupart des régions outremer. Au prétexte qu'il fait peut-être plus beau qu'ailleurs, on accepte qu'il y ait de la précarité à l'air libre. Nous ne pouvons pas accepter cette forme supplémentaire de discrimination. L'exigence d'un toit de qualité vaut, bien sûr, en métropole -et l'on sait combien la constitution de ghettos a fait du mal à la République- mais elle vaut aussi en outremer.

L'environnement : vous y êtes peut-être plus sensibles qu'en métropole, tant vous constatez que votre biodiversité est une formidable chance pour la planète. Vous y êtes sans doute plus attentifs car vous voyez encore plus de dégradations ici qu'ailleurs. Vous y êtes plus sensibles car vous avez de la nature une conception peut-être différente. À partir de là, nous devons mettre en place un plan pour les énergies renouvelables ; nous devons utiliser toutes les formes de biocarburants ; nous devons faire en sorte de protéger l'environnement et la biodiversité, notamment les ressources marines. C'est pourquoi, il faudra mettre la priorité au développement durable.

Les 88 propositions que nous présentons pour l'outremer constituent un ensemble juste, équilibré, réaliste. J'ai voulu, avec tous nos camarades présents, éviter la surenchère, la démagogie, la facilité que vous aurez en abondance dans les prochains mois, à l'occasion de l'élection présidentielle.

La droite se veut amoureuse de l'outremer. Mais, franchement, avec des amoureux comme eux, je préfère encore la chasteté ! Autant de déclarations et si peu d'actes ne rendent pas forcément confiant dans les gestes d'amour !

Je préfère que nous fassions acte d'honnêteté, de sincérité " voilà ce que nous allons faire, voilà ce que nous ne ferons pas " ; il faut cesser ce jeu avec l'outremer tellement facile de déclarations généreuses sans suite concrète, de main sur le coeur, de parler en créole. Vous ne demandez pas que les responsables de la vie politique viennent vous voir pour parler en créole, vous préférez qu'ils viennent vous parler en français, mais en sincérité et en vérité.

Il y a eu dans nos débats une dimension qui a été totalement occultée : c'est la dimension institutionnelle ; je crois que nous n'avons pas fait d'erreur. Car, aujourd'hui, la priorité pour l'outremer n'est pas un énième changement d'institutions ; la priorité pour l'outremer, c'est le développement ; la priorité pour l'outremer, c'est l'égalité ; la priorité pour l'outremer, c'est la solidarité et on laissera pour plus tard les réformes institutionnelles le moment venu.

J'ai relevé une idée forte : l'outremer peut être pour la France une manière de s'adresser au monde. Par l'outremer, la France est présente sur tous les continents. À partir de là, elle peut développer une politique étrangère avec davantage de force et de crédibilité. À la condition, néanmoins, qu'elle sache faire confiance aux collectivités de l'outremer pour participer à cette politique étrangère et régionale. Il ne peut pas, par ailleurs, avoir de politique de la France dans le monde, s'il n'y a pas -par rapport aux zones concernées par la présence des régions d'outremer- une politique de développement des pays les plus pauvres.

L'engagement que les socialistes ont pris -sans l'avoir tenu- de porter à 0,7 % de la richesse nationale l'aide publique au développement sera repris à l'occasion de l'élection présidentielle pour l'appliquer ensuite. C'est une condition du rayonnement même de la France et aussi une manière de régler la question de l'immigration. S'il faut une politique d'immigration partagée entre les pays d'origine et les pays d'accueil, s'il faut des règles et les appliquer, il faut aussi permettre aux pays pauvres de procéder enfin au développement de leurs sociétés. Ici, si Haïti reste dans cet état de délabrement démocratique et de délabrement économique, les Haïtiens chercheront toujours à quitter Haïti. Nous avons donc, à partir de là, un devoir de solidarité pour Haïti et pour les Antilles. Il faut que ces pays, celui-là en particulier, puissent connaître le développement.

Si nous pouvons parler fort, nous la gauche, sur l'outremer, c'est parce que nous sommes fiers de l'action que nous avons pu mener -avec ses insuffisances bien sûr- depuis 1981 pour l'outremer. Les grandes réformes sociales du premier septennat de François Mitterrand, ce sont aussi des réformes sociales qui se sont appliquées pour l'outremer. Et, quand avec Michel Rocard, on a ouvert la question du règlement de la Nouvelle- Calédonie et lorsqu'il y a eu, avec Lionel Jospin, une loi d'orientation sur l'outremer, nous avons fait progresser et les conditions de l'outremer et les conditions humaines.

Nous avons déjà fait beaucoup, mais il nous reste encore beaucoup à engager. Nous devons être à la hauteur de cet illustre passé et des grands enjeux à venir. La France a besoin de l'outremer et l'outremer a besoin de la France. Les socialistes doivent gagner ici, en outremer, s'ils veulent gagner aussi en métropole.

Puisqu'il a été fait usage de formules malheureuses par le Ministre de l'Intérieur, détournons-les : si vous n'aimez pas la droite -et je vous comprends- battez la en 2007. Si vous aimez la gauche -vous avez raison- ne la quittez pas en 2007 et après, car nous avons beaucoup à faire ensemble.