Discours politique

Jean-Marie Le Pen, Discours à Palavas-les-Flots (08/10/2006)

Mesdames et messieurs,

Permettez-moi tout d'abord de remercier les organisateurs de ce banquet patriotique, et plus particulièrement le service des Grandes manifestations, derrière Jean-Michel Dubois et Yann Le Pen, ainsi qu'Alain Jamet, cadre départemental, élu régional du Front et mon plus vieux compagnon de combat, qui nous a fait l'honneur de nous accueillir dans cette jolie station de Palavas les Flots.

Nous sommes ici aux confins maritimes de la belle région du Languedoc-Roussillon, terre de traditions s'il en est, terre des corridas adulées ou décriées, mais aussi terre de vignobles renommés.

Si l'on en croit d'ailleurs le Professeur Martinez, éminent spécialiste des problèmes agricoles au Parlement Européen, les vins du Languedoc sont menacés de disparition, en raison de la PAC, de la concurrence mondiale, et surtout de la pression foncière qui s'exerce sur une région dont raffolent les millions de riches retraités de l'Europe du Nord : Britanniques, Scandinaves et Allemands. Ceux-là, attirés par le soleil et la douceur de vivre, s'installent, ici même, de plus en plus nombreux.

Ces retraités du Nord, protégés par le pouvoir d'achat de leur monnaie nationale, n'ont pas les mêmes problèmes que nos retraités à nous, c'est sûr.

Leur retraite, elle, elle n'est ni amputée, ni menacée.

I- En la matière en effet, chacun d'entre vous, mesdames et messieurs, mesure, je l'espère, la gravité de notre situation.

Il est vrai que les minus qui nous gouvernent, s'empressent d'étouffer tout débat sur le sujet.

Récemment, François Fillon a affirmé qu'il faudrait réformer les régimes spéciaux de retraite "au début de la prochaine législature ", mais il n'a pas expliqué pourquoi il ne l'a pas fait, lui, lorsqu'il était en charge de ce dossier.

Peu importe de toute façon, puisque Dominique de Villepin s'est employé à clore la polémique en affirmant qu'il n'y avait "pas de projet du gouvernement sur les régimes spéciaux", et en appelant "à ne pas monter certains Français contre d'autres".

Bref, on évite les sujets qui fâchent, alors même que la maison brûle.

Au-delà même du cas des régimes spéciaux, la retraite de nos compatriotes, notre retraite, fruit d'une vie de labeur et de sacrifice, risque de n'être bientôt plus qu'une aumône, prélude à l'annonce de la liquidation générale du système de répartition.

Dans celui-ci en effet, les cotisations des actifs sont immédiatement utilisées pour le paiement des retraites des générations plus anciennes.

Ce système, fondé sur la solidarité des générations, a été mis en place en 1945.

Il correspond d'ailleurs tout - à - fait aux caractéristiques de cette époque de prospérité, puisque la préservation de son équilibre financier suppose d'abord une forte croissance démographique, c'est-à-dire le maintien d'une pyramide des âges au moins aussi large à la base qu'au sommet.

Les classes les plus jeunes, démographiquement les plus importantes, assurent ainsi d'abondantes ressources au système, tandis que les dépenses sont fonction du nombre de personnes âgées, c'est-à-dire d'ayant droits.

Le mécanisme de la répartition suppose aussi une forte croissance économique, puisque les recettes dépendent de la masse salariale, c'est-à-dire de l'emploi, tandis que les dépenses sont moins importantes lorsqu'il n'est pas nécessaire de financer de coûteux régimes de préretraite pour faire face au chômage frappant certains secteurs.

Tant que la France restait jeune, et tant que l'activité économique était prospère, tout allait bien.

Mais avec l'allongement de l'espérance de vie, avec l'apparition de déséquilibres démographiques et économiques profonds, nos régime de retraite commencent à connaître, et vont connaître encore plus demain, de graves difficultés financières.

Le rapport cotisants / retraités, encore appelé rapport démographique, se dégrade durablement en raison de l'arrivée à la retraite des générations du Baby Boom, de l'allongement de l'espérance de vie, et de la chute du nombre moyen d'enfants par femme (1,9).

Or, et c'est un cas d'aveuglement politique extraordinaire des politiciens Français, de droite et de gauche, aucun d'entre eux n'a prévu ni l'explosion démographique du Tiers-Monde, ni l'allongement de la durée de la vie, ni le ralentissement de la natalité française. Pis encore, ils ont fait exactement l'inverse de ce qu'il eut fallu faire : la retraite à 60 ans et les 35 heures !

En 1980, 4 personnes cotisaient pour un retraité qui en profitait 10 ans. En 2000, 2 personnes cotisent pour un retraité, qui en profitera 20 ans, soit une charge 4 fois plus lourde.

Mesdames et messieurs, 4 actifs pour un retraité, c'était supportable. 2 actifs pour un retraité, c'est difficile. Mais un actif pour payer les droits d'un retraité, ce n'est pas possible.

En outre, à l'opposé de la période des Trente Glorieuses, qui avait connu des taux de croissance entre 5 et 8% par an, générant une masse considérable de cotisations et donc de recettes, depuis 1970, la croissance moyenne de la France s'est établie à une moyenne de 1,8% par an, avec de très forts a - coups à la baisse. La faible croissance a donné naissance à un fort chômage.

Là encore, le déséquilibre financier des caisses est inscrit dans cette montée du chômage, qui non seulement diminue les recettes, mais encore augmente les dépenses.

Cette évolution conduit mathématiquement à un doublement des cotisations ou à une division par deux des retraites. Mais qui, à part nous, a osé vous le dire ?

Pour l'ensemble du régime général, les dépenses de retraites se situent autour de 135 milliards d'euros, soit 900 milliards de Francs en 2005.

Dès lors, l'alternative est simple : arrêter la répartition, c'est ruiner 14 millions de retraités, continuer la répartition, c'est ruiner 20 millions d'actifs !!!

Alors même que l'on sait la vérité depuis le milieu des années 80, que l'on connaît le risque d'implosion dans 15 ou 20 ans, les Gouvernements successifs n'ont rien fait pour résoudre le problème au fond.

Ils n'ont cessé d'augmenter le montant de cotisations déjà 10% plus élevées que la moyenne des pays industrialisés, sans que cela ne change rien à la diminution des prestations : certaines retraites atteignent péniblement 250 euros, soit 1800 Francs par mois, je pense notamment aux prestations versées aux paysans.

Ils ont fixé une règle légale rigide appelée " droit à la retraite à 60 ans ", alors que la durée de vie s'allonge, comme d'ailleurs la durée d'activité, dans tous les grands pays industrialisés comparables à la France.

Le Gouvernement du bossu du Poitou, entendez monsieur Raffarin, s'est vanté d'avoir réussi, en 2003, la grande réforme qui sauverait les retraites....

Certes, la loi prévoit l'allongement de la durée de cotisation à 40 ans, puis 41 ans, pour tout le monde, salariés du privé et fonctionnaires, dans les années qui viennent.

Mais si on entre dans la vie active à 25 ans, pour cotiser 41 ans, il faut partir en retraite à 66 ans. La retraite étant fixée à 60 ans, on perd 6 ans.

On fera ainsi baisser la pension de 15 à 20%, et le cotisant ne s'en apercevra que le jour de son départ en retraite !

De l'aveu du Gouvernement, les quelques mesures de rééquilibrage prévues par le projet de loi permettent de financer un peu moins de la moitié du déficit prévu pour 2020.

J'affirme pour ma part que cette réformette n'en financera pas le quart.

Et puis, mesdames et messieurs, quand les pouvoirs publics en sont réduits à avouer tout ou partie de leur impuissance vraiment, on peut se dire que la situation est vraiment très grave....

Surtout qu'on évoque désormais le recours à l'immigration pour financer nos retraites ! On veut faire venir des immigrés, alors que la France est incapable de fournir du travail à ses propres fils.

Et puis il faudra m'expliquer comment un travailleur peu qualifié du tiers-monde va pouvoir payer la retraite d'un cadre supérieur. Sauf à envisager un véritable déferlement migratoire, le nombre compensant la faiblesse unitaire des cotisations, c'est impossible !

Hélas, il y a plus fort encore. Je vous disais que le niveau des prestations baisse déjà. Mais de surcroît, le pouvoir d'achat des retraites est amputé.

Il est d'abord grevé par l'ampleur des prélèvements fiscaux : depuis 1990, les prélèvements sociaux - CSG, CRDS, prélèvement sécu - ont augmenté de 9,7 points. En conséquence, le pouvoir d'achat des retraites complémentaires et des retraites des cadres a baissé, et ce d'autant plus que sur la période l'inflation a quand même augmenté de 12%.

Le pire, mesdames et messieurs, c'est que tous ces impôts supplémentaires ne remédient en rien aux déséquilibres de fond qui minent les régimes de répartition.

Si rien n'est fait pour inverser la tendance, la répartition va spolier plusieurs générations de Français, parce que les lois de l'arithmétique et de la démographie sont incontournables.

C'est la catastrophe, et pourtant tous les français ne sont pas égaux devant le désastre qui s'annonce, la situation de certains étant à bien des égards beaucoup plus favorable que celle des autres.

En effet, alors même que la répartition a été adoptée au nom de l'égalité, de la justice et de la solidarité, aucun de ces principes n'est plus aujourd'hui respecté.

Il existe 350 caisses et 538 régimes, mais on peut distinguer deux systèmes de retraites.

Il y a tout d'abord le régime de la répartition pure, soumise aux contraintes que j'ai indiquées, et qui en l'état est condamné à la faillite.

Il y a ensuite celui des fonctionnaires et assimilés, dont les pensions sont garanties par l'Etat.

C'est précisément entre les fonctionnaires et les salariés du secteur privé qu'apparaissent les ruptures d'égalité les plus choquantes. Elles sont bien loin d'avoir disparu avec la fameuse loi de 2003, comme Chirac tente de le faire croire.

Il faut bien le dire, les agents publics bénéficient de privilèges exorbitants du droit commun.

* En effet tandis que dans le privé, il faut depuis longtemps 40 annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein, c'est seulement en 2008 que la fonction publique sera assujettie à cette norme.

* Le montant des cotisations atteint 10,3 % du salaire dans le privé, contre 7,8% seulement pour les traitements, c'est-à-dire la paie des fonctionnaires.

* Le mode de calcul de la retraite repose sur les 25 dernières années dans le privé, et sur les 6 derniers mois dans le secteur public.

* L'âge d'ouverture des droits est fixé à 60 ans par la loi, sauf pour les fonctionnaires pour lesquels 15 ans de cotisations peuvent suffire : c'est le cas pour les femmes mères de 3 enfants.

* Le cumul emploi - retraite est libre pour les fonctionnaires, il est restrictif pour les salariés du privé.

* La pension moyenne est supérieure de 10 à 20% aux retraites du privé.

* Les réversions sont sans conditions de ressources dans la fonction publique, tandis qu'elles sont sous conditions de ressources pour les salariés du privé.

* Avant tout le monde, les fonctionnaires ont pu cotiser à un fond de pension, le PREFON, dont les cotisations sont déductibles des impôts.

* Enfin, au-delà des règles de droit en matière d'âge de départ à la retraite, l'ensemble des études comparatives effectuées montrent que l'âge moyen de départ à la retraite est de 61,2 ans pour les salariés du privé, de 58,5 ans pour les agents de l'Etat, et de 50 à 57 ans pour les assujettis aux régimes spéciaux.

Ah, les régimes spéciaux....

Ceux-là sont les grands privilégiés de la retraite.

Les employés des hôpitaux publics, de la Banque de France, les agents des entreprises publiques comme la SNCF, la RATP ou EDF, supportent des cotisations inférieures à 8% du salaire, la pension atteignant 75 % du dernier salaire, tandis qu'elle est à peine de 50% pour les salariés du privé.

* Les fonctionnaires des régimes spéciaux partent en retraite plus tôt (55 ans en moyenne),

* ils continuent à cotiser 37,5 annuités seulement,

* leur pension est calculée sur le salaire des 6 derniers mois, voire du dernier mois à EDF.

* Elle est supérieure de 20 à 60% aux retraites du privé

* La revalorisation des pensions est fonction non de l'évolution des prix, mais de l'évolution générale des salaires servis par l'entreprise,

* ils peuvent cumuler retraite et emploi,

* les réversions sont là encore sans conditions de ressources,

* ils peuvent cotiser à un fond de pension, avec déduction fiscale des cotisations

* Depuis 2005, certains régimes versent un 13ème mois de pension (la RATP)

En bref, les salariés du privé paient trois fois plus de cotisations pour toucher moitié moins que les agents des grandes entreprises publiques.

Le pire, c'est qu'en raison du déséquilibre démographique de ces régimes, c'est l'impôt qui finance ces avantages, et non les cotisations des agents !

En 2007, les concours de l'Etat aux régimes spéciaux atteindront 30 milliards de Francs, soit 5 milliards d'euros !

Mais ce n'est pas tout ! après les contribuables, ce sont les actifs du privé qui vont devoir financer la plus grande partie des super retraites des agents des entreprises publiques, bénéficiaires de régimes spéciaux.

Peu à peu en effet, il s'agit, selon les termes mêmes du Sénateur UMP Gérard Larcher, " de refinancer les régimes spéciaux par les cotisations du privé ".

C'est une pure folie, quand on sait qu'en 2006, il y aura davantage de salariés du privé qui quitteront le marché du travail (850.000 personnes) que de jeunes qui y entreront !

Pour justifier tous ces privilèges, on nous dit que les fonctionnaires et assimilés gagnent moins que les salariés du privé pendant toute la vie active, et qu'il s'agit donc d'un juste retour des choses.

Outre que c'est complément faux - à poste égal, toutes les études montrent que les fonctionnaires ont en moyenne un revenu supérieur de 20% aux salariés du privé -, je ne crois pas que l'on puisse défendre pareils principes, parce que notre système de retraites ne se réduit pas à un mécanisme original de prélèvement et de paiement. Il joue aussi un rôle sociologique et politique.

II- Les retraites sont en effet à la fois un sujet crucial du point de vue de la cohésion nationale comme de l'égalité républicaine.

En effet, la répartition suppose la solidarité entre les générations.

Je crois ce lien de financement entre les classes d'âge important, puisqu'il regroupe et unifie les générations dans un ensemble qui s'appelle la Nation.

A ce titre, notre système témoigne pleinement de l'existence et de la nécessité de la communauté nationale.

Pour autant, la répartition ne peut faire sentir ses effets bénéfiques que dans la mesure où les conditions de l'égalité devant la retraite sont rétablies.

L'équité exige une harmonisation progressive des différents régimes de base - durée et montant des cotisations, taux de remplacement, cumul emploi-retraites, montant de la pension moyenne, conditions de la réversion, espérance de vie à la retraite...

Elle exige également de s'atteler au plus vite à la réforme des régimes spéciaux, par le biais d'un référendum si cela était nécessaire en raison des oppositions corporatistes ou syndicales.

Vous le voyez bien, mesdames et messieurs, il est indispensable de préserver les régimes de base, c'est-à-dire un plancher, un premier étage de prestations, garanti par le retour à l'équilibre financier du mécanisme de la répartition.

Par delà les mesures dérisoires de robinetterie technocratique proposées dans le consensus politicien, la sauvegarde du système implique cependant une politique globale : à la politique démographique de redressement de la natalité française nécessaire aux financements intergénérationnels, il faut adjoindre une politique de croissance économique haute et durable, en réalisant les réformes nécessaires à l'expansion.

Les pouvoirs publics n'ayant pas su prendre les bonnes décisions en temps opportun, il faudra prévoir une période de transition durant laquelle l'Etat pourra être amené à se substituer temporairement aux caisses défaillantes.

Par ailleurs, en sus des systèmes de retraites de base et complémentaires, des régimes optionnels de capitalisation sont bien sûr souhaitables - il faut étendre à tous les salariés les garanties du PREFON des fonctionnaires !

Les Fonds de pension ont été mis en place dans la plupart des grands pays industrialisés.

Outre qu'ils assurent un second, voire un troisième étage de prestations, ils permettent d'augmenter l'épargne nationale, voire de relancer l'économie mutualiste.

Toutes ces réformes sont indispensables, mesdames et messieurs, mais la véritable révolution est ailleurs.

La révolution qui sauvera les retraites par répartition, c'est la réhabilitation du travail, c'est-à-dire de l'effort et de l'initiative.

Alors même qu'il est une source d'épanouissement personnel, la matrice principale du développement de la cité, le travail, sang de la civilisation, est depuis longtemps, pour une partie de la gauche française, une véritable malédiction.

C'est d'ailleurs un homme de gauche, Lafargue, gendre de Marx, qui écrivit à la fin du XIXème siècle Un droit à la paresse.

Nos élites, démagogues parce que décadentes, ont laissé penser au peuple français qu'il pouvait à la fois travailler moins, gagner autant et bénéficier de l'ouverture de notre économie à la concurrence des produits étrangers.

Le résultat est là : disparition de secteurs industriels, millions de chômeurs, effondrement de la Sécurité Sociale et donc des retraites.

Il faut dire la vérité aux Français : le versement de leur retraite est subordonné à leur travail. Il leur faudra donc travailler plus, plus tôt et plus longtemps, pour espérer sauver le système de retraite, que celui-ci repose uniquement sur la répartition ou sur le double pilier de la répartition et de la capitalisation.

Il faut donc valoriser la notion de travail dans les familles, dans les écoles et les universités, dans les institutions, dans les lois.

Le travail des Français est un bien précieux.

On le voit bien aujourd'hui, puisque la soumission de nos emplois et de nos produits à la concurrence internationale est la première cause du chômage de masse.

Pour rester compétitives, les entreprises n'ont le choix qu'entre trois solutions :

* licencier pour diminuer leurs coûts de production et faire face à la guerre des prix sur le marché mondial,

* se délocaliser dans les pays où le travail est moins cher, ce qui signifie la disparition de nos grandes industries riches en main-d'oeuvre,

* ou remplacer les hommes par des machines afin d'améliorer la productivité, c'est-à-dire l'efficacité de la chaîne de production.

Il faut donc protéger nos frontières commerciales en relevant quand il le faut les droits de douane, et protéger notre marché de l'emploi en le réservant en priorité aux nationaux.

La valorisation du travail, c'est aussi le retour à la liberté du travail.

En France, la réduction du temps de travail est issue de la fixation autoritaire de limites légales (35 heures, retraite à 60 ans).

Ce n'est donc pas l'individu qui choisit librement de travailler moins - et donc souvent de gagner moins - pour avoir plus de temps libre - pour le loisir, l'éducation des enfants ou des activités non marchandes - , c'est l'Etat qui le lui impose.

La durée hebdomadaire moyenne du travail en France est de 36 heures, contre 40 heures en Allemagne, et plus de 43 heures en Angleterre !

Souvent, nos compatriotes et nos entreprises souhaiteraient travailler d'avantage.

Il faut donc revenir à un principe simple : celui de la liberté du travail. Celle-ci doit permettre à ceux de nos compatriotes qui le désirent de travailler plus et plus longtemps, afin de bénéficier d'une retraite plus confortable.

Une dernière chose, mesdames et messieurs...

En fin de compte, les salaires, l'épargne, les profits et les successions sont le fruit du travail.

C'est donc l'activité elle-même qui est pénalisée lorsqu'un niveau hallucinant de prélèvements pénalise les revenus, ce qui décourage les meilleures volontés.

Il faut donc, au plus vite, supprimer l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les successions en ligne directe, afin de redonner à nos compatriotes la légitime récompense de leurs efforts, de leurs risques, de leurs initiatives.

Malheureusement, sur cette question comme sur beaucoup d'autres, la France, encore une fois, est en retard.

Pourtant, dès le XVIIIème siècle, la République avait pour devise la maxime " Liberté, Egalité, Fraternité ", qui aujourd'hui définit si bien les voies de la préservation de nos retraites.

Liberté, parce que chacun doit pouvoir travailler aussi longtemps qu'il le veut, et pouvoir choisir entre les caisses pour faire jouer la concurrence entre elles.

Egalité, parce qu'à travail égal, la cotisation et la prestation doivent être égales.

Fraternité, parce que chacun doit disposer du minimum vital, et parce que la nation existe au travers du lien entre les générations.

En ce sens, une politique des retraites suppose nécessairement une politique des berceaux.

Je vous remercie