Discours politique

Ségolène Royal, Voeux aux français (04/01/2007)

Je vous souhaite du fond du coeur une bonne et heureuse année 2007, pour vos projets, vos espoirs et aussi beaucoup de bonheur avec vos proches. Mais aussi la capacité à surmonter les épreuves de la vie et à repartir du bon pied.

2007 est une année exceptionnelle car nous allons choisir, dans quelques mois, dans quelle France nous voulons vivre ensemble et avec quelles valeurs nous voulons porter un nouvel élan.

Beaucoup de Français, même si leur choix n'est pas encore arrêté, entendent bien prendre leur part dans cette décision majeure.

Beaucoup de jeunes ont tenu à s'inscrire sur les listes électorales pour dire, eux aussi, leur mot et pour peser.

Je veux les remercier pour leur mobilisation civique, leur volonté de participer, leur message d'espoir démocratique.

C'est pourquoi je ferai tout pour que la campagne électorale soit de qualité. Fidèle à l'idée que je me fais de la responsabilité politique, je ferai tout pour élever le débat et pour que votre choix soit éclairé. Vous n'entendrez de moi aucune attaque personnelle, mais j'exigerai que ceux qui sont au pouvoir soient jugés sur la réalité de leur bilan et sur leurs actes, et non pas sur leurs promesses trop tardives et trop précipitées pour être honnête. Je veux tirer la France vers le haut. Je veux donc commencer par tirer le débat politique vers le haut.

A l'aube de cette année particulière, je veux exprimer plus que des voeux : une volonté. Ma volonté de conduire avec vous le profond changement dont la France a besoin et qu'attendent les Français.

Je sens monter dans le pays une inquiétude croissante, une colère parfois, une exaspération souvent. Ce sentiment insupportable de ne plus pouvoir maîtriser son existence, vivre dignement de son travail, progresser et espérer mieux pour ses enfants.

Je sens la France empêchée, entravée et insécurisée, son potentiel gaspillé, sa foi en elle vaciller.

Pourtant, aucune fatalité ne condamne un pays comme le nôtre à cette peur du lendemain qui étreint aujourd'hui ceux qui n'ont pas d'emploi et même ceux qui en ont un et qui ont peur de le perdre. Cette peur est destructrice. Elle fait douter de soi, empêche de se lancer et de se tourner vers les autres.

Je veux avec vous une France qui sorte de la crainte et du repli pour aller vers les autres et vers son avenir.

Une campagne présidentielle est un moment unique et précieux pour modifier l'image d'un pays et lui redonner de l'énergie, pour retrouver les bases qui nous font tenir et avancer ensemble.

Alors oui, en cette nouvelle année 2007, ce ne sont pas seulement des souhaits que je formule pour la France mais ce que je crois et ce que je veux pour elle, ce que nous pouvons pour elle, tous ensemble.

J'aurai l'occasion au cours des semaines qui viennent de vous expliquer les propositions que j'ai déjà faites ou que je ferai avant le 1er tour de l'élection présidentielle.

Aujourd'hui, je veux affirmer devant vous, en ce début d'année, les urgences auxquelles il faut s'attaquer avec l'autorité que détient la puissance publique et qui doit toujours agir au nom du peuple français.

Je vais donc vous dire les combats qui seraient les miens au cours de ma présidence, si ce moment arrive.

A la base, il faut que les institutions se remettent d'aplomb et fonctionnent bien. Et alors tout ira mieux.

Mon premier combat sera pour les familles.

Car tout commence par les familles, si elles fonctionnent bien et assument leur devoir d'affection, d'éducation et de surveillance, alors les enfants démarrent dans la vie dans de bonnes conditions.

Et le logement est la condition première d'une vie de famille sécurisée. les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire pour assurer à toutes les familles une sécurité logement tout au long de la vie. Pas seulement aux Sans-Domicile-Fixe pour lesquels des solutions d'urgence doivent être trouvées :

_ et en particulier l'obligation dans chaque ville de créer une place d'hébergement d'urgence pour 1000 habitants ;

_ et l'accompagnement humain pour permettre à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale.

Je rends hommage au travail des associations qui réinsèrent dans l'activité et dans l'emploi, mais l'urgence médiatique ne doit pas faire oublier le problème de fond de la crise du logement qui frappe celles et ceux qui travaillent, et qui font des efforts pour payer leur loyer.

Je propose quatre mesures concrètes, bien connues de celles et ceux qui se battent sur ce problème :

1. D'abord la construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d'obéissance à la loi par certaines communes, ne sont pas construits. L'Etat se substituera à la carence de ceux qui s'enferment dans l'égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logement nécessaires.

Deux Français sur trois réunissent aujourd'hui les conditions de revenu pour accéder à un logement social à loyer modéré, et pensent que leurs enfants, lorsqu'ils se lanceront dans la vie, en auront impérativement besoin.

C'est donc à la puissance publique de jouer son rôle, pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale, ou que l'amélioration de la situation des plus démunis ne produise pas l'aggravation de la situation de ceux qui payent leur loyer.

2. La création d'un service public de la caution permettra d'assurer les impayés de loyer et d'éviter les expulsions.

3. Il faudra faire la mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et sera donnée aux communes la possibilité de procéder à des acquisitions-réquisitions.

4. L'accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l'extension des prêts gratuits. les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je l'ai dit c'est une sécurité pour les familles Je veux que ce soit possible et que notamment ceux qui ont fait l'effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété dans des conditions dont nous discuterons avec les organismes concernés

5. Enfin, avec les Régions, l'Etat aidera à la mise en place d'un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.

Et d'ailleurs Mon second, mon deuxième combat est pour l'éducation et les jeunes.

La seconde institution qui doit bien fonctionner c'est l'éducation et c'est là que se situe la nouvelle donne avec les jeunes.

Tout enfant doit pouvoir, avant l'âge de trois ans, être accueilli pour permettre la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. C'est le service public de la petite enfance. Tout enfant, au-delà de trois ans, doit pouvoir accéder à l'école maternelle et tout élève pourra bénéficier d'un accompagnement scolaire gratuit. C'est la condition de l'égalité. Enfin, tout jeune doit sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme qui lui permet de déboucher sur l'emploi. C'est le contrat qu'il faut passer entre la Nation et son école, comme avec les personnels qui s'y dévouent. Mais l'éducation doit permettre l'emploi. Aucun jeune ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu'une formation ou qu'un contrat ne lui soit proposé. Tout jeune doit pouvoir bénéficier d'une possibilité d'insertion et je propose de généraliser les bourses et les emplois-tremplins que les Régions ont mis en place avec succès. C'est ce que j'appelle le droit au premier emploi. L'Etat ouvrira un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d'un prêt gratuit de 10.000 euros, garanti par l'Etat, pour lui permettre de construire son premier projet de vie comme certaines régions l'ont déjà réalisé avec succès.

J'appellerai les entreprises et les services publics à remplir leur devoir à l'égard d'une génération qui représente aussi leur avenir.

Je le dis solennellement à toutes celles et à tous ceux qui doutent, à ceux qui rencontrent plus de portes fermées que de mains tendues : la France a besoin de vos talents et de votre énergie.

Et je vous dis aussi qu'à votre âge, on a le droit à l'erreur, que la peur de l'échec ne doit pas vous paralyser, qu'on apprend et qu'on se renforce aussi des difficultés que l'on rencontre, que vous devez croire en vous et que, moi, j'ai confiance car la France doit aimer et encourager tous ses enfants.

Mon troisième combat, c'est la réconciliation des Français avec les entreprises pour permettre la création de richesses, c'est-à-dire le développement économique, social, environnemental. Car dans une économie moderne, ces trois piliers se tiennent.

Notre pays a un potentiel extraordinaire que je veux mettre en valeur.

Les Français savent créer, entreprendre, travailler dur quel que soit leur métier, qu'ils soient salariés, artisans, commerçants, agriculteurs, chefs d'entreprise.

Nous sommes la 5e puissance industrielle et nous devons ce rang aux au travail des Français et des entreprises, à celles qui conquièrent des marchés, innovent et prennent des risques.

Nos chercheurs sont réputés quoique trop souvent contraints de s'expatrier parce qu'ils ne trouvent pas ici les moyens de travailler correctement. Nous leur donnerons.

Et en même temps, le progrès social n'est pas toujours au rendez-vous : pour des millions de salariés, le travail ne paye plus et l'on compte aujourd'hui, malgré la richesse de la France, 2,5 millions de ces travailleurs pauvres qui sont d'ailleurs en majorité des travailleuses pauvres, souvent contraintes d'accepter des emplois à temps partiel.

Entreprenante et créative, la France souffre en même temps d'un chômage de masse et de longue durée, sous-estimé par les chiffres officiels qui ne rendent pas compte du sous-emploi réel, et d'une précarité croissante dans l'emploi qui déstabilise. Beaucoup ont perdu tout espoir de promotion professionnelle et sociale. Beaucoup aussi sont révoltés par les rémunérations extravagantes de quelques-uns, qui représentent [ce qu']en toute une vie de labeur la majorité des salariés ne gagnera jamais.

Ces contrastes, ces injustices criantes sont insupportables, elles démotivent et elles pèsent donc sur l'efficacité économique.

Notre pays souffre en même temps de trop de rigidités et de trop d'insécurités qui l'empêchent de saisir toutes ses chances. Rigidité de certaines pratiques de l'Etat que je veux simplifier, dépoussiérer, adapter aux besoins d'aujourd'hui. Rigidité de l'idéologie d'un certain patronat qui fait de la précarité, du blocage des salaires, du chantage aux délocalisations et de l'allègement systématique des cotisations la recette d'une compétitivité qui tient en réalité à bien d'autres facteurs. Il n'y a pas de fatalité à ces désordres. Nous avons la capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés, à investir dans le capital humain, à créer un dialogue social qui reste en France très archaïque.

Rigidité d'une culture du conflit plutôt que du dialogue, faute, entre autres, d'un syndicalisme de masse et respecté que j'appelle à construire. Et du bon fonctionnement des services publics qui contribue à l'efficacité de la France. Je l'expliquerai à nos amis européens.

Je veux une France mobilisée aux côtés de ceux qui prennent le risque d'entreprendre. Une France qui conjugue le volontarisme industriel, la justice sociale et l'efficacité écologique. Une France qui donne aux entreprises qui affrontent la concurrence mondiale l'agilité et la réactivité dont elles ont besoin et qui assure aux salariés la sécurisation des parcours professionnels. Ceci facilitera, comme je l'ai vu en Europe du Nord, une mobilité sans drame parce que bien anticipée et efficacement accompagnée, avec toujours le souci de la dignité des salariés.

Et pour encourager le passage du Rmi au travail, je donnerai raison à ceux qui demandent la création d'un Revenu de Solidarité Active qui regroupera toutes les prestations en un mécanisme unique et durable ; qui garantira que, quel que soit son salaire, nul ne travaille à perte. C'est la lutte contre la vie chère et la précarité qui seront donc les premiers vecteurs de la valeur travail et de la lutte contre la pauvreté.

Je veux faire enfin de la France, dans ce troisième pilier de l'efficacité économique, le pays de l'excellence environnementale, cela fait partie de la croissance durable. Alors qu'aujourd'hui, nous prenons du retard dans la préparation de l'après-pétrole et nous ne tenons pas nos engagements internationaux.

L'année 2007 est une année-charnière. A la fin du mois janvier, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat rendra son rapport dont je sais qu'il est très alarmant en ce qui concerne le réchauffement de la planète.

Je veux que toutes les politiques publiques prennent en compte l'impératif écologique. Le changement climatique va structurer l'évolution de la société dans les années qui viennent. Il est de la responsabilité de chacun - élus et citoyens, collectivités locales et entreprises - de se mobiliser face à cette urgence. Je veux faire de cette menace une opportunité et même une chance de progrès, d'innovation, de transformation de nos pratiques de production et de consommation. Je veux que la France et l'Europe donnent l'exemple, en assurant la protection et le bien-être des générations futures mais aussi en tirant parti, ici et maintenant, du potentiel d'activités et d'emplois dont l'environnement, nouvelle frontière économique et sociale, est porteur. C'est aussi un formidable défi et une chance pour nos campagnes, pour nos agriculteurs appelés à produire mieux et pour une alimentation de qualité, un travail pour lequel ils doivent recevoir leur juste rémunération pour maintenir vivantes les diversités de nos identités régionales. La réforme des aides à l'agriculture devra être en cohérence avec ces objectifs.

Mais réaliser tout cela et le réussir tout cela, la France a besoin d'une Europe qui marche.

C'est mon quatrième combat : je veux une France qui revient à la table d'une Europe qui protège et prépare l'avenir.

Plus ils doutent de leurs gouvernants, plus les Français doutent de l'Europe. Je veux une Europe qui protège des désordres d'une mondialisation où le marché seul dicte sa loi, une Europe qui prépare l'avenir en investissant dans la recherche et dans l'énergie.

Remettre la France d'aplomb, c'est aussi faire vivre cette Europe par la preuve qui regagnera la confiance de ses citoyens.

Nous en avons besoin dans un monde incertain où nous affronterons mieux ensemble les risques nouveaux qui se jouent des frontières et où l'émergence de nouvelles puissances ébranle les anciens rapports de forces.

Dès aujourd'hui, nous devons préparer la présidence française de 2008. Je rencontre tout à l'heure, à l'initiative du gouvernement allemand, tous les ambassadeurs des pays membres. Je vais leur dire comment la France peut revenir à la table de l'Europe en respectant le vote des Français et pourquoi l'Europe peut compter sur la France pour avancer dans la bonne direction.

Je veux une Europe qui pèse et fasse entendre sa voix

Une Europe mobilisée pour la croissance, pour l'emploi et pour les droits sociaux et environnementaux.

Une Europe concrète, qui marche au bénéfice de tous

C'est pourquoi, quand viendra le moment de la Présidence française, je veux réussir la réforme des institutions européennes pour que nous ayons les outils d'un fonctionnement plus démocratique et plus efficace.

Oui, mes chers compatriotes, il y a aujourd'hui urgence. Pendant quatre mois, d'ici le premier tour de l'élection présidentielle, vous allez réfléchir, écouter, observer pour savoir celui ou celle qui le mieux placé pour répondre à ces urgences et pour mener ces combats.

Si la France va mal, ce n'est pas qu'elle manque d'atouts : c'est parce que ses gouvernants les gaspillent et n'ont pas pris les décisions qui préparent l'avenir.

La France n'est pas pauvre. Je l'ai dit. C'est la cinquième puissance. Elle a des valeurs fortes : celles de la République, de la sécurité sociale, des Droits humains qui sont enviés partout dans le monde. Et les Français se battent, je le sais, et refusent de se laisser aller.

D'ailleurs, un signe ne trompe pas : nous mettons au monde bien plus d'enfants que la quasi-totalité des pays européens et, chez nous, beaucoup de femmes mènent de front maternité et activité professionnelle. Aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille et, sous ses formes désormais très diverses, les Français y sont attachés et cela prouve qu'ils se projettent dans l'avenir. Ce bonheur-là, ils n'ont pas renoncé à le bâtir.

Mais ils doutent de la capacité de ceux qui les gouvernent à organiser efficacement une société accueillante à tous les siens, une société qui garantisse les conditions collectives sans lesquelles la liberté et la responsabilité personnelles restent le privilège de quelques-uns, alors qu'ils doivent devenir le droit de tous.

Cette société, j'y crois et je sais la France capable de la réaliser.

Je veux que la nation se ressaisisse.

Je veux que l'Etat soit un messager d'espoir et l'instrument efficace du redressement de la France.

Je veux que nous osions tenter ce qui ne l'a jamais été et que l'action publique se soumette à une obligation de résultats, par un exercice du pouvoir simple, direct et authentique.

Je ne veux pas seulement donner à la France de nouvelles chances, je veux lui donner toutes ses chances.

Et je sais que c'est possible.

Je ne veux pas seulement vous redonner des raisons d'y croire, je veux réussir avec vous ce changement. C'est pour cela que chacun se mettra en mouvement avec envie, là où il est en donnant le meilleur de lui-même.

Chaque année marque une nouvelle étape de nos vies et de celle de notre pays. Comme je l'ai dit, celle-ci revêt une importance particulière, sur le plan institutionnel. Il s'agit donc d'un grand rendez vous de la France avec elle-même, celui de l'heure de ses bilans et de ses projets.

Et à la frontière de ces deux années nous pouvons nous poser la question du philosophe Emmanuel Levinas : Quelle heure est-il dans le temps ? Le temps n'est pas aux certitudes : trop d'aléas, trop d'inconnues rendent l'avenir difficile à entrevoir. La mondialisation, les bouleversements économiques, le réchauffement climatique, les foyers de guerre et de terrorisme, rendent les prévisions hasardeuses ou péremptoires.

J'ai été désignée par les militants du parti socialiste, soutenue par d'autres formations de gauche pour défendre un projet lors de cette rencontre avec vous. Ce projet il vous devra, il vous doit déjà beaucoup. Sa réussite dépendra de votre engagement et de votre lucidité. Voilà pourquoi la vérité sera au coeur de notre pacte

Nous y répondrons, les millions de français, nous, qui avons le privilège d'appartenir à ce pays, d'où que nous venions, hommes ou femmes et quelque soit notre couleur de peau en réaffirmant notre attachement à nos valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Voila pourquoi nous avons fait la République et pourquoi il faut continuer à la faire vivre. Nos valeurs, et d'abord celle de la fraternité à laquelle je tiens en tout premier lieu, qui suppose acquise celle de l'égalité, seront notre talisman dans ce monde difficile. Car réunis autour de ces valeurs nous ne craignons rien.

Nous pouvons changer la France en profondeur en réconciliant l'ordre et la justice, car seule la justice est facteur d'ordre. C'est à dire en faisant le pari de la démocratie et de notre intelligence collective, en nous respectant tout simplement.

Nous avons pour cela des forces immenses qui n'attendent que d'être mobilisées, encore faut-il que la nation leur assigne une mission et des moyens à la hauteur de ses attentes. C'est le rôle principal de la présidence de la République.

Nos interlocuteurs étrangers que je rencontre, et pas seulement les européens, me disent beaucoup attendre de la France. Car nous avons une responsabilité particulière, léguée par l'histoire, celle d'être ou de redevenir la patrie des droits humains.

Chers concitoyens, je vous adresse tous mes voeux de bonheur pour l'année 2007 à vous et bien évidemment aussi à la France que nous faisons vivre.

Je vous remercie.