Discours politique

Marie-George Buffet, Discours au Zénith (23/01/2007)

Chers amis, chers camarades,

Elle ne vous rappelle rien cette salle ? Les régionales de 2004. Le grand meeting pour le NON à l'Europe libérale. Je vous avais demandé d'imaginer la tête des partisans du OUI, au 20 heures, le 29 mai au soir, à l'annonce de la victoire du non. Et on a vu !

C'est avec la même soif de gagne que je suis ici ce soir.

Comment pourrait-il en être autrement, après tout ce que l'on vient d'entendre.

Ces prises de parole, les rencontres que je fais chaque jour, témoignent d'une grande souffrance sociale, d'une immense inquiétude pour demain. Je peux vous parler des ouvrières d'ECCE qui viennent de nous faire part des menaces pesant sur leur entreprise, alors que je peux témoigner de la qualité de leur travail, des Diebold, qui occupent leur usine, des salariés de l'imprimerie JDC dont la multinationale donneuse d'ordre ne respecte pas son engagement commercial. Je peux dire ici au nom des infirmières de l'hôpital Saint Louis leur besoin de temps pour récupérer, tant est lourde leur tâche. Je peux ici témoigner pour cette femme du 11ème arrondissement de Paris qui fait vivre sept personnes dans quelques mètres carrés.

Elle tient, me dit-elle, pour que ses enfants fassent des études.

J'ai au coeur cette retraitée qui sur le marché, dans ma ville, me disait sa douleur de devoir aller au resto du coeur.

Je n'entends pas des plaintes, mais de la dignité, de la résistance.

J'entends une exigence. Vivre ; vivre et pas survivre. J'entends l'espoir qu'il puisse encore se passer quelque chose.

Ainsi, dans toutes ces rencontres, avec les habitants de la Grande Borne, avec les employées des grands magasins, le débat est vif, à la recherche des moyens pour résoudre les problèmes, des chemins pour une autre politique.

J'entends l'urgence : C'est maintenant qu'il faut changer !

Chacune, chacun sent que sa vie, celle de sa famille peut basculer. Chacune, chacun sent que nous sommes à un tournant.

La précarité va-t-elle contaminer toutes nos vies, ou va-t-on pouvoir penser à demain avec un travail, un logement, l'éducation, des soins assurés...

Les discriminations et les murs que l'on dresse dans les têtes vont-ils avoir raison de notre société, ou va-t-on redonner vie à l'idéal de notre République, en assurant à chaque homme et chaque femme les moyens de vivre pleinement, d'agir, de créer ?

La répression va-t-elle nous mettre toutes et tous en liberté surveillée ou va-t-on enfin pouvoir user pleinement de sa liberté, pour construire du commun ?

Va-t-on continuer à mettre les peuples en concurrence et donc à tirer l'humanité vers le bas, ou s'engage-t-on vers un co-développement permettant de vivre mieux, ici et là bas.

Le productivisme va-t-il détruire peu à peu l'avenir de la planète, ou allons nous chercher les voies d'une nouvelle croissance sociale et écologique ?

Tous ces enjeux, a-t-on dix ans, vingt ans, pour les résoudre ? Non, c'est aujourd'hui qu'il faut les prendre à bras le corps !

Pour moi, c'est l'enjeu de votre vote lors des élections présidentielle et législatives.

La droite et son nouveau grand maître, eux ont déjà choisi.

Nicolas Sarkozy l'a dit.

Mettez-vous au service de la mondialisation capitaliste, inévitable, incontournable tout en répétant, la main sur le coeur, "j'ai changé". Le loup s'est déguisé en agneau... Comment le croire ? Comment peut-il oser de tels artifices après tout ce qu'il a fait ? Il a supprimé les libertés, insulté la jeunesse et provoqué des émeutes. Il a fermé les services publics, cassé les retraites, démoli la Sécurité sociale, et a brûlé des pages entières du code du travail.

Et il veut maintenant faire de l'impôt sur la fortune une coquille vide ; il veut supprimer un poste de fonctionnaire sur deux. Et s'il annonce des baisses d'impôts, elles ne sont pas pour vous : vous n'êtes pas assez riches pour lui !

Et en plus il vous a prévenus, lors de son show Porte de Versailles : si vous sortez de ce chemin qu'il trace pour vous, "ordre, obéissance, effort, mérite", vous serez Kärcherisés !

Et pour faire passer tout cela, il a osé invoquer Jaurès, Blum, et Guy Môquet !

J'interdis à ce ministre d'État qui fait la chasse aux enfants dans les écoles, qui veut emprisonner les mineurs, d'utiliser le nom de Guy Môquet, ce jeune communiste fusillé à Chateaubriand, par les nazis, à 17 ans !

Nicolas Sarkozy est l'héritier de cette droite qui ne cessait d'insulter Jaurès.

Il est l'héritier de cette droite qui a dénoncé "les salopards en casquette" lors du Front populaire.

Il capte l'héritage de cette droite qui, par les souffrances populaires qu'elle provoque, par sa logique de violences et de division, a toujours fait le lit de l'extrême droite, les Le Pen, père et fille, qui ne parlent au peuple que pour l'exploiter et le faire taire !

Un Le Pen qui cible les immigrés. Un Le Pen qui insulte les femmes de mon département, la Seine-Saint-Denis. Un Le Pen qui à Bruxelles, rassemble tous les racistes et les antisémites dans un même groupe. Un Le Pen qui veut donner encore plus de pouvoirs aux patrons et réduire les droits syndicaux. Un Le Pen, soi-disant défenseur du peuple qui propose de mettre fin au monopole de la Sécurité sociale pour offrir votre santé aux assureurs. Un Le Pen qui propose de supprimer l'impôt sur le revenu pour, de facto, doubler la TVA, au grand bonheur des plus riches ! Le Pen, c'est l'ennemi de l'impôt sur les grandes fortunes ! Bien sûr, il le paie !

Oui, il faut battre la droite et l'extrême droite.

Face à ces gens là qui disent trois fois oui aux logiques libérales, je le dis ici, pour nous, ce ne peut être que non au libéralisme !

Quand on est de gauche, on ne se soumet pas aux dogmes du marché.

Quand on est de gauche, on se bat pour éloigner la droite du pouvoir, et pour l'empêcher d'y revenir.

Quand on est de gauche, on se donne les moyens de répondre avec audace et courage aux attentes populaires.

C'est pourquoi, je vous propose de porter au pouvoir une gauche de responsabilité et de combat qui dès son installation prendra les mesures qui s'imposent.

À ces jeunes filles rencontrées à Sandouville, intérimaires dans un équipementier de l'automobile, à ces femmes que j'ai rencontré vendredi épuisées de la période des soldes mais contraintes au temps partiel, et donc aux salaires partiels le reste de l'année, je veux leur dire que je m'engage à construire une véritable sécurité d'emploi et de formation. Je veux que chacun et chacune dispose tout au long de son parcours professionnel d'un revenu garanti, de l'accès à la formation, du temps de vivre et du choix de son évolution de carrière.

Aux ouvriers qui manifestent contre les délocalisations, je veux dire que pour valoriser le travail, je le rendrais d'abord prioritaire sur le capital, en donnant aux salariés les moyens de s'opposer à tout licenciement boursier.

Aux salariés dont le SMIC ne suffit pas à nourrir la famille et à vêtir les enfants, et à qui d'autres ordonnent de travailler plus, de faire des heures supplémentaires, je veux dire que c'est le salaire des premières 35 heures que je veux augmenter, en portant tout de suite le SMIC à 1500£.

J'entends les cris d'orfraie de la patronne du MEDEF : c'est l'économie française que l'on mettrait sur la paille. Eh bien non, Madame Parisot, cette augmentation ne coûterait que 9 milliards d'£, soit le montant de l'augmentation des dividendes que les actionnaires des entreprises du CAC 40 se sont accordés en 2005.

Aux salariés et aux fonctionnaires dont Jean-François Copé pense qu'ils touchent des salaires de cadres très supérieurs, je veux dire que j'engagerai un Grenelle des salaires pour que le grand patronat lâche enfin ces augmentations qu'il ne s'accorde qu'à lui même.

Et à tous ceux et celles qui vivent aujourd'hui des minima sociaux et que l'on montre du doigt, aux personnes touchées par le handicap dont l'allocation ne permet aucune autonomie, je m'engage à ce que ce terme de minima soit gommé du vocabulaire. Je veux qu'ils puissent tout simplement avoir les moyens indispensables pour vivre dignement.

Et je veux vous dire que ce gouvernement pour lequel je me bats proposera, en urgence à l'Assemblée nationale d'adopter une réforme du financement de la protection sociale. Les revenus financiers doivent cotiser.

Car si la droite propose l'automédication, c'est à dire des soins rabaissés pour les pauvres, et des profits soignés pour les trusts pharmaceutiques. Je veux lui opposer une Sécurité sociale universelle à 100%, avec au coeur l'hôpital public.

Si la droite veut vous faire travailler de 14 à 77 ans, je veux lui opposer le droit à la retraite à 60 ans. La retraite, ce n'est pas un privilège !

À celui qui se fait passer pour un agneau et à celle qui en porte un, dans les bras, devant les caméras, je veux dire que les paysans ne demandent pas l'aumône, mais des prix rémunérateurs leur permettant de vivre sur leur exploitation familiale.

À ces familles que je reçois à ma permanence qui attendent parfois depuis des années un logement décent, à ce jeune couple qui veut un toit pour construire sa vie, je veux dire que le droit opposable, je le construirai d'abord en arrêtant par décret les expulsions locatives et en faisant appliquer la loi de réquisition. Je plafonnerai le coût du logement à 20% des revenus du foyer. Je mettrai en place un grand service public de l'habitat comptable de la construction de 600 000 logements sociaux sur cinq ans. Et je veux que des chantiers s'ouvrent dans les communes des maires UDF et UMP qui n'en veulent pas ; la loi doit s'appliquer aussi dans les paradis des riches ! Au delà des mots, ce sont ces actes qui feront le plus honneur à l'Abbé Pierre !

Aux élus qui se battent au quotidien pour le bien-être de leurs populations, et dont je salue l'action, je veux annoncer une grande réforme des finances locales.

Être de gauche, c'est cela ! C'est éradiquer la précarité.

Mettre en oeuvre ces réformes, c'est cela, être un gouvernement de gauche !

D'autres combats sont à mener, le combat pour le savoir et la culture partagés afin que chacun et chacune décide de sa vie !

Pour Nicolas Sarkozy, l'école c'est celle de la base minimum, c'est celle qui fera de la masse des élèves des "employables" pour les profits des multinationales

Au nom de ces enfants qui attendent tant de l'école car la société leur refuse tout, je porterai le budget de l'Éducation nationale à 7% du PIB pour assurer à chacun non pas une égalité des chances mais la chance d'une école de la réussite pour tous.

Aujourd'hui, c'est la qualité du travail des chercheurs qu'ils remettent en cause. Plutôt que de tuer la recherche publique, le gouvernement mettra en oeuvre leurs propositions, celles des États généraux de la recherche !

être de gauche, c'est cela ! Permettre à chaque individu de se construire.

Mettre en oeuvre ces réformes, c'est cela être un gouvernement de gauche.

Liberté, égalité, fraternité.

Oui, la France dont je rêve, c'est un pays d'égalité.

Cette égalité, je la veux entre les hommes et les femmes ; le féminisme doit être au coeur d'une politique de gauche.

Je m'engage à ce que la loi contre toutes les violences faites aux femmes soit présentée à l'Assemblée nationale dès le mois d'octobre.

Je ferai respecter le droit à l'IVG ici, en France, et je me battrai dans les instances européennes pour que ce droit soit respecté dans les 27 pays qui la composent.

Au lieu de faire encore de nouvelles lois sans les appliquer, il faudra prendre des mesures contraignantes contre les entreprises qui ne respectent pas l'égalité entre les femmes et les hommes au travail.

Un corps d'inspecteurs de lutte contre les discriminations sera créé afin de faire appliquer les lois. Des moyens seront débloqués pour faire rentrer dans la vie les droits des personnes touchées par le handicap.

Au nom de l'amour et du droit à la parentalité, contre les moralistes qui ne changent jamais, la proposition de loi que j'ai déposée contre l'homophobie sera défendue par le gouvernement.

Cette France dont je rêve, c'est un pays de liberté !

C'est bien pour nos libertés que j'abrogerai toutes les lois Sarkozy et Perben.

Au nom des parents d'élèves que j'ai rencontrés, du réseau Éducation sans frontières, je m'engage à régulariser les hommes et les femmes qui aujourd'hui n'ont pas de papiers.

Au nom de celles et ceux qui s'engagent, j'agirai pour augmenter et sécuriser les moyens à la disposition des associations. Je propose que l'on reprenne le combat pour préserver le sport de la loi de l'argent. Je propose que l'on réinvente avec elles un grand ministère du temps libre.

Je vais fâcher la patronne du MEDEF pour qui les 35 heures ont fait "assez de dégâts", et qui propose à demi-mot de revenir "aux 45 heures", tout en se déclarant "très heureuse des dernières déclarations de Ségolène Royal sur le sujet."

J'ai conscience de déranger en disant cela, mais oui, on a besoin de réduire le temps du travail, pour avoir le temps de vivre !

Donnant acte de la longue lutte des artistes et des techniciens du spectacle pour leurs droits, la proposition de loi réformant leur statut sera inscrite à l'ordre du jour du Parlement dès la rentrée parlementaire.

Enfin, comment ne pas parler de la jeunesse pour laquelle Nicolas Sarkozy a eu tant d'égards ! Il l'assimilait à la racaille, il y a quelques années. Aujourd'hui, il dédie sa dernière loi aux mineurs, pour les mettre plus facilement en prison.

Moi, je veux une gauche de combat et de responsabilité qui n'accepte pas que la précarité soit le seul horizon des jeunes. Ayant été Ministre de la jeunesse, je connais au contraire la générosité dont ils peuvent faire preuve, leur capacité à s'investir, à innover. Ils l'ont montré en se mobilisant contre la guerre en Irak, contre le CPE.

J'ai rencontré l'une après l'autre les organisations de jeunesse. Avec ce débat je construis dès maintenant une loi d'orientation pour les droits des jeunes. Je m'engage dès un collectif budgétaire en juillet d'instaurer les allocations nécessaires à leur autonomie.

Être de gauche, c'est tout cela ! Permettre à chaque individu de s'épanouir.

Mettre en oeuvre ces réformes, c'est cela être un gouvernement de gauche.

Tout cela, toutes ces propositions, nous sommes des millions, dans ce pays, à les rêver!

À les rêver ? Mais moi je pense que la gauche peut et doit transformer ces rêves en réalité.

C'est mon combat. C'est notre combat.

Est ce possible?

Beaucoup d'hommes et de femmes en doutent et se demandent si, pour chasser la droite, ils ne doivent pas se contenter du moindre mal. Il faut dire que les gourous de la pensée unique occupent l'espace depuis des décennies :

Ce n'est pas possible, il n'y a pas d'argent, il y a trop de fonctionnaires, vous vous soignez trop et vous ne travaillez pas assez.

D'ailleurs, au 20H ils nous ont montré qu'en Grande Bretagne les professeurs acceptaient eux d'enseigner plus longtemps.

Au 13H, on nous a montré au Danemark des heureux salariés de 70 ans.

Ce n'est pas possible, il faut respecter les traités européens.

Les services publics c'est fini, c'est la libre concurrence. Regardez les salariés polonais, vous croyez qu'ils ont vos salaires ?

C'est pas possible, c'est aussi cette même musique que joue leur dernier chouchou, François Bayrou, celui qui veut réconcilier tous les libéraux en faisant la synthèse du bipartisme.

Méfions nous bien de tous ces experts. Ces experts, ce sont d'abord des experts en défense de l'ordre établi ! Ce qu'ils disent, ce n'est pas la vérité. C'est ce qu'ils veulent imposer à la France. Bientôt, vous allez voir, ils vont nous dire qu'il faut tirer profit de la moindre bouffée d'air que nous respirons !

Rappelez-vous, ce sont les mêmes qui portaient le oui et voulaient imposer la camisole libérale à l'Europe.

Les mêmes qui aujourd'hui veulent limiter notre choix entre deux candidats du oui.

Eh bien moi, je ne veux plus d'une gauche qui perdrait sa raison d'être, sitôt franchi les perrons des palais de la République.

Je ne veux pas d'une gauche qui renoncerait avant même d'avoir commencé.

Je veux une gauche du courage, dans les luttes, dans les batailles électorales, mais aussi au gouvernement.

Je veux une gauche de responsabilité et de combat qui affronte les logiques libérales.

Oui, il faut le courage d'aller prendre de nouvelles Bastilles !

La première de ces Bastilles, c'est celle de l'argent.

Il n'y a pas d'argent?

Si, mais il est toujours concentré dans les mains des mêmes, et les inégalités s'accroissent. Quelle image cette semaine, avec d'un côté le Forum social mondial qui manifeste dans le plus grand bidonville d'Afrique et de l'autre les grandes puissances et les grandes fortunes qui vont se retrouver à Davos.

Quelle image entre ces 7 millions d'hommes et de femmes qui en France vivent avec moins de 788 euros par mois et le grand patron Pinault qui joue au Monopoly avec l'industrie et l'énergie.

Aussi, il ne faut pas tergiverser, la gauche doit avoir le courage politique de grandes réformes fiscales !

Savez vous qu'aujourd'hui l'impôt sur le revenu ne pèse plus rien, 17% des recettes de l'État ! Savez vous que l'impôt sur les sociétés, que le Président de la République veut encore baisser, ne représente plus que 15% des recettes de l'État. C'est vous, vous avec la TVA qui assurez la moitié de ses recettes.

Aussi, pour l'école et la justice, pour la police et la recherche, pour la justice fiscale, il faudra bien réformer l'impôt.

Il faudra revenir sur les cadeaux de la droite et notamment supprimer le bouclier fiscal.

Ce sont de nouvelles tranches qu'il faudra créer, pour que les plus riches, contribuent davantage à l'effort de la Nation.

Je m'engage à tripler l'impôt sur la fortune pour ceux, les pauvres, dont le patrimoine excède 1,2 million d'euros.

Je m'engage, par la réforme de l'impôt sur les sociétés, à pénaliser les entreprises qui n'investissent pas dans la recherche, les salaires et la formation.

Faites vos calculs : 100 milliards d'£ de profit en 2006 pour le CAC 40. 23 milliards d'exonérations de charge : les moyens existent pour une autre politique !

Si la gauche ne s'attaque pas à la tyrannie des actionnaires, des marchés et des banques, elle échouera.

Alors oui, il faudra du courage pour lancer une nouvelle politique industrielle, par la réforme de la BCE et la création d'un pôle financier public.

La deuxième de ces Bastilles, c'est le pouvoir.

Pour réussir, la gauche devra s'en prendre à la toute puissance des riches, de ceux qui décident pour vous !

C'est pour cela que je me bats pour une 6ème République qui assure à tous les citoyens et citoyennes des droits fondamentaux garantis par des services publics, une République fondée sur le droit effectif, pour le peuple, de participer aux choix de la Nation.

Et la loi donnera de nouveaux droits aux salariés, dans la gestion de l'entreprise.

Elle décidera la proportionnelle et la parité à toutes les élections, les deux se conjuguent !

Et vingt-six après que cette promesse ait été faite, le droit de vote sera enfin reconnu aux résidents étrangers !

Enfin, parmi toutes ces Bastilles à prendre, il y a bien sûr l'Europe.

Nos services publics n'ont pas d'avenir dans une Europe où règne la concurrence libre et non faussée. Eh bien parce que nous avons besoin des services publics, je reviendrai sur toutes les privatisations, dans l'énergie, les transports ou les communications.

Et parce que nous en avons besoin de nouveaux, nous en créerons pour l'eau, la petite enfance, le logement ou le médicament !

Rien que pour cela, il faudra bien se battre pour créer une Europe sociale, démocratique, écologique.

Chirac nous avait dit qu'elle était au placard. Et ils ont adopté la directive Bolkestein. La chancelière allemande veut nous imposer ce même projet constitutionnel. Et je viens d'apprendre que les représentants des seuls pays ayant ratifié la constitution allaient se réunir ce week-end, en Espagne, à l'invitation du socialiste Zapatero.

Ni la France, ni les Pays-bas, les moutons noirs de l'Europe, ne sont invités à cette réunion ! Les ouiouistes de Bruxelles ont peut-être voulu répondre aux souhaits de Ségolène Royal, qui déclarait récemment, à Luxembourg, qu'elle ne voulait pas que la France "pénalise les pays européens qui se sont déjà prononcés" pour le oui...

La tenue de cette réunion est scandaleuse. J'attends du président de la République qu'il dénonce cette offense faite à la France.

Quand Bush le va-t-en-guerre envoie de nouvelles troupes en Irak, j'attends de l'Europe qu'elle agisse pour la paix. Quand les violences n'en finissent plus au Proche-Orient, j'attends de l'Europe qu'elle agisse pour les droits du peuple palestinien à vivre dans un État libre et indépendant, dans les frontières de 1967, aux côtés de l'État d'Israël !

C'est aussi pour le monde que je veux construire une autre Europe !

Chers amis, chers camarades,

Face à la droite, face à l'extrême droite, j'ai envie que cette gauche populaire et antilibérale réussisse.

Vivre mieux, on y a droit.

Et je veux vous dire, on ne peut pas tergiverser, on ne peut pas jouer petit bras. Rappelons nous l'expérience de la gauche plurielle.

Elle ne pouvait pas signer le traité d'Amsterdam dès 97 et prétendre vouloir défendre les services publics.

Elle ne pouvait pas être la meilleure élève du pacte de stabilité et répondre aux besoins sociaux.

Elle ne pouvait pas renoncer devant le tout marchand et défendre l'industrie.

D'ailleurs, elle a privatisé, parlé du mammouth et baissé les bras devant les licenciements. Elle a dit que la politique ne pouvait pas tout.

C'est bien là toute la question : la politique peut-elle encore quelque chose ?

Oui, elle le peut, si elle porte le niveau des propositions que je viens de vous faire. Bien sûr, il y aura des résistances, il faudra avoir le courage d'entrer en conflit, il faudra avoir le courage de rompre le consensus au niveau de l'Union européenne; celui d'affronter le MEDEF.

J'ai envie de dire, quand on est de gauche, on est de la gauche populaire et antilibérale !

On nous refera le coup de l'isolement. Je me rappelle, lorsque j'ai présenté ma loi de lutte contre le dopage, des députés de droite disaient que les sportifs français se retrouveraient amoindris par rapport au reste du monde.

Mais ce n'est pas cela qui s'est passé. C'est le monde qui, après bien des combats, s'est doté d'une agence mondiale anti-dopage.

D'ailleurs, je le constate dans toutes les discussions que j'ai aujourd'hui, c'est ce niveau de réponses qui m'est demandé.

Ceux et celles qui ont l'impression que leurs conditions de vie ne tient qu'à un fil savent que ce n'est ni la petite phrase médiatique ni la solution individualiste, du style "assouplir la carte scolaire", qui résoudra leurs problèmes.

Ils savent qu'il faudra de l'audace.

Ils savent qu'ils auront à se mobiliser.

Ils savent qu'il faudra de la détermination politique pour que toutes ces réformes entrent dans la vie.

Ils savent qu'il faudra que la gauche fasse ce qu'elle n'a jamais tenté, une véritable transformation sociale, une nouvelle conception du pouvoir.

Vous êtes nombreux à rejeter le libéralisme et vouloir changer la donne.

Vous êtes majoritaires.

Chers amis, chers camarades,

À celles et ceux qui veulent une gauche enfin populaire, une gauche porteuse des colères et des aspirations du monde du travail, une gauche qui au pouvoir ne renonce pas mais s'appuie sur l'intervention populaire, je veux leur dire que ma candidature est la leur !

Je veux dire à ceux et celles qui le 29 mai 2005 se sont rassemblés pour faire bouger l'Europe, je veux leur dire que ma candidature est la leur, celle du respect de leur vote et de leur vision d'une autre Europe.

Je veux dire aux militantes et militants des collectifs antilibéraux, socialistes, écologistes, communistes qui voulaient sincèrement aller au bout de ce rassemblement que je partage leur tristesse de n'avoir pas abouti à une candidature commune.

Tout au long de ces derniers mois, je me suis efforcé, jour après jour, de parvenir à cet objectif. Croyez-moi, je l'ai fait autant qu'il était possible.

Mais, devant l'apparition de nouvelles divisions, je veux dire à ces militantes et militantes des collectifs : vous pouvez investir ma candidature. Elle est solide ; elle est sincère ; elle porte une vraie ambition de rassemblement pour le changement.

Vous pouvez en être, dans votre diversité, les porte-parole. Avec vous tous et toutes, je suis déterminée à poursuivre le combat et le rassemblement que nous avons engagés ensemble.

Je veux dire à toutes celles et ceux qui veulent une gauche qui soit vraiment de gauche, une gauche qui ne tourne pas le dos à ses valeurs, une gauche qui n'abandonne pas son combat pour le progrès social, que 2007 peut être un grand moment.

Bien sûr, on nous dit que serait déjà joué : mais rappelez vous comment le OUI envahissait tout l'espace en 2005.

Et pourtant, nous avons été majoritaires ; nous avons gagné!

Et bien, gardons la parole !

L'urgence est telle que rien doit nous arrêter ! Faisons connaître ces propositions, multiplions les débats, et créons une grande dynamique populaire et citoyenne.

Ainsi, nous gagnerons de nouveau.

Chers amis, chers camarades,

Nous tous et toutes ici , nous sommes une force.

Une force qui ne veut pas voir l'espoir écrasé par le bipartisme.

Nous lançons un défi énorme, un défi d'humanité. Nous voulons faire reculer la loi du plus fort, la loi de l'argent pour donner à voir des capacités de chaque individu.

Nous voulons gagner de nouveaux espaces de libertés, nous voulons la justice sociale, nous voulons l'égalité pour tous et toutes ensemble connaître une nouvelle avancée de civilisation.

Ne nous laissons pas voler l'élection présidentielle. Servons nous en pour ces objectifs. Allons au bout de notre envie de vivre mieux !

Avec vous, je n'ai pas d'autre ambition que de servir cet espoir.