Discours politique
Jean-Marc Governatori, Le Pacte écologique (31/01/2007)
Je vous rappelle que le mouvement politique que je représente, " la France en action ", est le dixième parti politique français, malgré sa jeunesse - nous avons été créés en avril 2004 - et que c'est la première fois, dans l'histoire politique de notre pays, qu'un mouvement politique issu de la société civile, et par conséquent résolument au-delà du clivage droite gauche, deviendra une force politique décisive en 2007. Nous avons un projet de société, qui est inscrit là-dessus, des réseaux et les moyens financiers de notre politique. Le 10 juin à 20 heures, au soir du premier tour des élections législatives, effectivement, " la France en action " sera une force politique décisive en France. Je ne vous parle pas seulement en présidentiable, je vous parle en tant que citoyen, en tant qu'être humain et en tant que papa.
Je crois qu'il arrive toujours un moment dans la vie où il faut se dire la vérité. Comment croire encore que les partis classiques puissent apporter des solutions ? Qui peut nier la nécessité d'une nouvelle offre politique ? Ce dont il s'agit aujourd'hui, ce n'est pas de commander un vélo vert et simplement espérer qu'il soit vert et qu'il ne soit pas noir, c'est que véritablement il faut qu'il arrive vert si on le commande vert. Et vous savez que, si il y avait un monsieur Hulot dans le domaine économique, on constaterait le même désastre qui se prépare. S'il y avait un monsieur Hulot dans le domaine sanitaire, idem. S'il y avait un monsieur Hulot dans le domaine social ou éthique, rebelote. Il y a véritablement un problème de choix politique qui s'attarde, soit en amont, soit en aval et je crains qu'on soit aujourd'hui dans le système politique classique sur les solutions d'aval et, vous le savez, ce n'est pas le bon choix.
La biodiversité est partout ; tout est lié. Et la fièvre planétaire ne passera pas si on n'évolue pas dans les domaines à la fois économiques, écologiques, sociaux et sanitaires, et si on ne gère pas les fonds publics autrement.
Ceux qui ont vu le débat que j'ai fait sur la fiscalité chez Christine Ockrent, voilà une semaine, auront constaté que l'une des raisons qui font que, par exemple, on n'a plus trop les moyens de maintenir une ruralité en France - et quand on nous dit que les bureaux de poste n'ont plus leur place en village faute de personne ou faute de moyens - c'est parce qu'en France on n'a pas une politique de l'emploi, on a politique du chômage.
Je sors un livre dans trente jours qui s'appellent : " politique écologique égale plein-emploi ", où je démontre clairement que, en deux ans, sur une seule politique écologique, on peut réunir et aller vers le plein emploi dans notre pays. Et la politique du chômage en France coûte soixante-cinq milliards d'euros, soixante-cinq milliards d'euros qui manquent pour faire une autre politique globale.
On ne fait pas une politique de la santé, on fait une politique de la maladie. Résultat, cent soixante quinze milliards d'euros dépensés l'année dernière, dont 78 % financés par la Sécu.
Et en France, on n'a pas de politique écologique. Malgré ce que disait déjà René Dumont voilà trente-cinq ans, et malgré tout ce que disent les personnes compétentes.
La facture énergétique de la France a été, en 2006, de quarante-six milliards d'euros, faute de politique écologique. La facture de la dépollution en France a été, en 2006, de trente-cinq milliards d'euros, faute de politique écologique.
Ce n'est pas une révolution qu'il faut. C'est du bon sens. Je fais chaque semaine deux conférences publiques en région, qui expliquent la situation remarquable de notre mouvement, malgré sa jeunesse et, à chacune de ses conférences de presse publiques, je montre un bout de pain, qui est là, et je demande : quel est le rapport entre ce bout de pain et moi ? Et ça, c'est pourtant du bon sens. Le rapport entre ce bout de pain et moi, le rapport entre ce que vous mangez et vous-même, c'est que lorsque ce que vous mangez pénètre dans votre bouche, par un effet de chimie naturelle, ce que vous mangez devient vous-même. Comment peut-on imaginer aller vers la santé de la société, comment peut-on imaginer aller vers sa propre santé, à partir du moment où on mange chimique, à partir du moment où on boit de l'eau polluée ou de l'eau dépolluée - ce qui revient pratiquement au même, parce que dans les deux cas, c'est de l'eau malade - comment peut-on imaginer aller vers la santé quand on veut se guérir chimique et qu'on méprise, par exemple, les thérapies alternatives ? Comment peut-on prétendre aller vers la santé quand on respire chimique ? Aujourd'hui, la société, c'est vraiment cela. On le sait.
Comment imaginer que le premier chantier de la France ne soit pas une politique de l'isolation ? On le sait, on en parle, mais quand on regarde les programmes des partis classiques ou des candidats traditionnels, point de politique de l'isolation. On veut faire des autoroutes, on veut faire des TGV, mais la solution n'est pas là. Les solutions ne peuvent pas émaner d'axes conventionnels. Il faut sortir du conventionnel et aller vers le non conventionnel. Une priorité, par exemple, un grand chantier à faire, c'est effectivement une politique de l'isolation partout : isolation des appartements, isolation des bâtiments industriels, isolation des bâtiments commerciaux. Évidemment, le législateur doit faire en sorte que chaque local produit, chaque appartement produit, doit être à énergie positive. Il faut arrêter de le dire, il faut le faire.
Bien sûr, " la France en action " veut un étiquetage écologique, un étiquetage écologique qui va informer le consommateur et responsabiliser le consommateur. Nous voulons que chaque produit vendu en France - que ce soit un livre, un verre, un meuble, une voiture - un étiquetage vert orange rouge, qui indique l'empreinte écologique du produit, quel est le coût écologique du produit à sa fabrication, à son transport, à son recyclage, ou à sa destruction éventuelle. Si vous ne faites pas l'étiquetage écologique vert orange rouge et que vous ne le programmez pas - bien sûr il faudra peut-être douze mois ou dix-huit mois pour le faire - mais sans l'étiquetage écologique comment responsabiliser le consommateur ? Comment faire en sorte que les producteurs et que les grandes multinationales, lors de la production des produits, n'aillent pas vers des produits réellement écologiques ?
Dieu merci, la conscience veille. Dieu merci, la conscience est là. Et, par conséquent, de plus en plus de consommateurs achèteront des produits à étiquette verte. Par ce seul biais-là, qui coûte zéro euro, les producteurs - par intérêt, et ils sont dans leur logique - produiront de plus en plus de produits qui feront moins de transport, qui seront totalement recyclables, moins de colorants, moins d'emballage. Mais sans cette simple mesure là, on aura du mal à avancer dans le domaine des déchets, par exemple.
Une politique énergétique digne, c'est quoi ? On en parle, on le sait, mais qui la propose ? Une politique énergétique digne, c'est une politique effectivement qui nous amène à la frugalité, mais ça, ça ne peut venir que d'une éducation nouvelle et par des mesures législatives comme celle de l'étiquetage que j'ai indiqué. La diversité, on en parle, mais qui s'en occupe ? Diversité, c'est effectivement reconnaissance effective des énergies renouvelables partout, localement, nationalement et c'est, bien sûr aussi, l'efficacité énergétique qui proviendra de l'isolation. Mais comment voulez-vous avancer quand la première consommatrice de France se fiche du résultat. Et qui est la première consommatrice de France ? C'est bien la puissance publique. C'est bien elle, non seulement qui donne l'exemple, qui consomme plus que quiconque, et qui ne va pas dans le sens adéquat. J'ai une voiture qui fait cent grammes de CO² au kilomètre. Et la voiture moyenne en France fait cent soixante grammes de CO² au kilomètre. Et l'on constate que l'être humain fonctionne, soit par incitation intérieure - l'incitation intérieure est liée à la conscience -, soit l'être humain va oeuvrer à travers la contrainte extérieure. Et si, par exemple, le législateur comprenait enfin qu'il fallait une carte grise égale à zéro euro pour un véhicule qui ferait cent grammes de CO² au kilomètre ou moins, et qu'il y ait une carte grise dissuasive pour les gros véhicules à cent cinquante grammes, deux cents grammes ou trois cents grammes de CO², on verrait un résultat immédiat en termes de déchets. Et chaque fois qu'on a fait une taxation des ordures ménagères proportionnelles au volume des ordures ménagères créées, on baisse largement le volume des ordures ménagères. Mais ça encore c'est un choix politique, c'est un choix courageux. Il ne faut pas le faire dans le verbe, il faut le faire dans l'action.
C'est pourquoi " la France en action " propose une écologie active, et pas une écologie verbale. Une écologie active, par définition, ça respecte l'écosystème et l'animal. Je vous rappelle que si, simplement, nous diminuions notre consommation de viande par deux, il y aurait 30 % d'émissions de CO² en moins. Vous le savez bien, les gouvernants le savent et, malheureusement, on est toujours dans un schéma où plus le pays évolue économiquement, remarquablement et tristement, plus la consommation de viande augmente. Et cette consommation ne doit pas être ignorée. C'est aussi un facteur important d'émission de gaz à effet de serre.
Je voudrais enfin, sur ce point-là, vous dire que on parle beaucoup de pouvoir d'achat, c'est important, mais on peut aussi penser au vouloir d'achat. Bien sûr que les sept millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ou les deux millions quatre cent mille personnes qui vivent au SMIC ou qui survivent dans ces conditions, pensent à leur pouvoir d'achat, et c'est normal. Mais beaucoup de personnes qui sont ici de la classe moyenne ou d'autres classes doivent penser à leur vouloir d'achat. Mais à force de faire de la pub partout : on comprend très bien, au sein de notre mouvement, que la publicité soit présente dans les médias, parce que ça contribue à la pluralité de la presse, et c'est très bien. Mais nous pensons que le législateur, sur un délai à définir, devrait interdire la publicité en boîtes à lettres et la publicité à l'affichage. C'est une mesure concrète, qui permet évidemment à faire que les médias continuent à faire de la pub, parce que c'est effectivement un garant de la démocratie, mais comment imaginer de contribuer encore, de construire une société qui soit, à ce point, obsédée par la consommation ? Et ça, ça passe par une publicité qui évolue.
Ce qu'il faut donc, c'est pas une rupture ; ce qu'il faut donc, c'est pas du libéralisme ; ce qu'il faut donc, c'est pas du socialisme ; ce qu'il faut donc, c'est simplement du bon sens et de l'action. Parce que la finalité de l'action politique, ce n'est pas la croissance. La finalité de l'action politique, c'est le bien-être durable. Ça, c'est l'idéal de notre mouvement, c'est clairement exprimé dans ce bouquin : " vivre c'est possible ". Et, par rapport à ce bien-être durable, on veut dépasser la notion de développement durable. Aujourd'hui, il n'est plus temps de combattre, il n'est plus temps de conflit. C'est pour ça qu'on se positionne au-delà du clivage droite gauche. C'est pour ça qu'on ne combat pas une économie socialiste, on ne combat pas une économie libérale, on la dépasse. On la dépasse en construisant une économie respectueuse, qui réhabilite le petit, qui réhabilite la proximité, qui réhabilite la nature, mais on veut farouchement dépasser la notion de développement durable, qui est une notion marketing. On n'a pas les moyens de faire du développement durable. On ne veut pas se développer à l'infini sur une planète qui fait douze mille huit cents kilomètres de diamètre.
Je préciserai aussi que devant l'enjeu et l'urgence, tous les présidentiables devraient se tenir la main. Mais on sait bien que cela ne se passera pas. Parce que, effectivement, chacun défend sa chapelle, chacun défend son fonds de commerce, alors que le monde brûle économiquement, écologiquement, dans les domaines éthiques et dans les domaines sanitaires. C'est pourquoi que nous soutenions avec force la candidature de monsieur Hulot, que compte tenu de l'urgence, compte tenu de l'enjeu, nous espérons très clairement qu'il changera d'avis et qu'il est encore temps que monsieur Hulot soit candidat, parce que, à notre sens, compte tenu de l'enjeu, et compte tenu de l'urgence, c'est le seul candidat qui peut véritablement devenir locataire de l'Élysée et changer notre destinée qui ne s'annonce guère favorable, alors que tous les éléments sont réunis par notre expérience, par nos connaissances, par certains progrès technologiques qui sont effectivement positifs et favorables, pour faire que on construise un monde évolué, digne de ce nom.
Je voudrais vous dire aussi que il est nécessaire, et on le sait tous, que le monde se mette en action. Mais pour que le monde se mette en action, il faut que l'Europe se mette en action. Pour que l'Europe se prendre en action, il faut que la France se mette en action, que son projet de société, à travers l'idéal de développement durable, se traduise par une phrase très simple : c'est que notre pays s'organisera en régions unies, chacune souveraine alimentairement, chacune respectueuse de la différence, de l'identité, de la culture de l'autre, chacune respectueuse de l'écosystème et de l'animal et fonctionnant dans la coopération et pas la compétition. Ça, c'est notre idéal pour notre pays. Nous pensons que notre pays, par cette politique-là, totalement réaliste, même si elle est audacieuse, pourra inspirer tous les pays de la planète. Parce qu'on peut pas entendre et rester passif au constat que, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité - Yves Coppens dit que la conscience venue chez nous voilà trois millions d'années - effectivement, en 2007, il se passe quelque chose dans L'Humanité qui n'est jamais arrivé en trois millions d'années, c'est que, pour la première fois, la population rurale dépasse la population... la population urbaine dépasse la population rurale. Et par conséquent, de moins en moins de paysans et de plus en plus de bouches à nourrir. C'est incompatible avec le bien-être durable. C'est incompatible avec notre bien-être. C'est incompatible avec le bien-être de ceux que nous aimons. Et c'est incompatible avec le bien-être de nos enfants.
Je terminerai en vous disant ceci : la grandeur de l'être humain réside rarement dans ce qu'il est. La grandeur de l'être humain, effectivement, réside rarement dans ce qu'il est. La grandeur de l'être humain réside totalement dans ce qu'il rend possible.
Pour ce qui nous concerne, à neuf personnes - nous étions neuf en 2004, nous sommes devenu la dixième force politique française - si nous le décidons, le projet que je viens d'indiquer peut faire que, ensemble, nous changions la destinée de notre pays et par conséquent de la planète. Merci.