Discours politique

Nicolas Sarkozy, Discours à Cormeilles-en-Parisis (06/03/2007)

Mes chers amis, Merci, merci à vous tous.

Merci d'être venus si nombreux ce soir. Merci du fond du coeur.

On disait les Français devenus frileux, repliés sur eux-mêmes, indifférents au sort de la France. On disait qu'ils avaient perdu le sens de l'intérêt général, qu'ils ne se sentaient plus concernés par la politique.

On disait qu'ils avaient cessé de croire dans l'État, dans la Nation, dans la République.

On disait que désormais c'était chacun pour soi, que la France c'était fini, que l'idée d'un destin commun c'était fini, que la solidarité nationale c'était fini, que le projet collectif auquel chacun est partie prenante c'était fini.

Eh bien non, ce n'est pas fini !

La preuve, vous êtes là, plus nombreux, plus enthousiastes, plus motivés que jamais !

La France n'est jamais aussi prête au sursaut que lorsqu'on la croit sur le déclin.

Les Français ne veulent pas moins de politique, ils en veulent davantage.

Ils espèrent que quelque chose peut encore changer, que le futur peut redevenir une promesse, que la fatalité n'est pas inéluctable.

Ils pensent que cette élection n'est pas une élection pour rien, qu'elle est décisive pour leur avenir et celui de leurs enfants.

Tous les jours, je rencontre des Français comme vous qui croient qu'au fond la France n'est pas finie, qu'elle a encore un avenir, qu'elle est encore notre avenir.

Ces Français ce ne sont pas seulement des convaincus, ce sont des citoyens, qui veulent comprendre, qui veulent réfléchir, qui attendent que l'on parle à leur intelligence et à leur coeur.

Ils ne sont pas frileux. Ils ne sont pas égoïstes. Ils sont courageux. Ils sont travailleurs. Mais ils ne veulent plus qu'on leur mente. Ils ne veulent plus que l'on se moque d'eux. Ils veulent qu'on les entende, qu'on essaye de comprendre leur peine, leur souffrance, leurs aspirations. Ils veulent qu'on soit sincère, qu'on les respecte, qu'on ne leur raconte pas des histoires, qu'on ne cherche pas à les tromper.

Ils sont prêts à s'engager si cela en vaut la peine. Ils sont prêts à faire des efforts, si ce ne sont pas des efforts pour rien.

Ils veulent qu'on leur parle de la France. Ils veulent qu'on leur explique comment ils pourront la léguer à leurs enfants plus grande, plus belle, plus forte, plus unie qu'ils l'ont reçue de leurs parents.

Ils ne veulent pas de la repentance. Ils ne veulent pas de ce dénigrement de la France, de ses valeurs et de son histoire, qui n'est rien d'autre qu'une forme de haine de soi. Car haïr la France quand on est Français c'est se haïr soi-même. Car mépriser la France quand on est Français c'est se mépriser soi-même.

Ils ne veulent pas de ce révisionnisme historique qui juge le passé avec les préjugés du présent.

Ils ne veulent pas que les enfants aient à expier les fautes des pères.

Ils ne veulent pas que quelques fautes impardonnables et quelques crimes atroces - quel pays n'en a pas commis ? - effacent toutes ses grandeurs, toutes ses gloires, tous ses héroïsmes.

Ils ne veulent pas que la France s'abandonne, qu'elle se renie.

Ils ne demandent qu'une chose à ceux qui veulent y vivre, c'est qu'ils l'aiment, qu'ils la respectent, qu'ils aiment et qu'ils respectent son histoire, ses valeurs, sa culture, sa langue.

Ce qu'ils demandent au fond c'est de partager avec eux la fierté d'être Français.

Ce qu'ils veulent, ce qu'ils réclament, c'est une politique qui rende chaque Français fier d'être le citoyen du plus beau pays du monde.

Ces Français, ils sont comme vous.

Leur France, c'est la vôtre.

L'espoir qu'ils portent en eux, c'est celui que vous portez en vous.

L'attente qu'ils expriment, c'est celle que vous exprimez.

Tant que la France vivra dans leur coeur comme elle vit dans le vôtre, la France continuera d'exister.

Tant que la France sera grande et belle dans leurs rêves comme elle l'est dans les vôtres, la France continuera d'être grande et belle aux yeux de tous les hommes.

La France est une idée, la France est un idéal, la France est une espérance, la France est une foi.

La France c'est ce qui indique à chacun d'entre nous d'où il vient et ce qu'il est.

La France c'est ce qui nous unit, ce qui nous rend solidaires les uns des autres.

La France c'est ce qui nous permet de ne pas être seuls.

La France c'est ce qui nous protège.

La France, elle n'aurait jamais existé sans l'État.

C'est l'État qui a fait la France, progressivement, patiemment, longuement.

L'unité de la France c'est l'État qui l'a forgée.

L'unité de la France c'est l'État capétien qui l'a voulue pendant huit siècles. C'est l'État républicain qui l'a voulue à son tour pendant deux cents ans. Le grand rêve unitaire des Rois c'est la République qui l'a accompli.

La France c'est une mosaïque de peuples que l'État a réunis pour en faire une nation.

L'histoire de la France c'est la lutte éternelle entre la volonté d'unir et les ferments de la division.

L'histoire de la France c'est la lutte incessante de l'État contre les féodalités.

Le Général De Gaulle disait : "Les féodalités n'aiment rien moins qu'un État qui fasse réellement son métier et qui, par conséquent, les domine".

Jadis les féodalités étaient dans les principautés, dans les fiefs, dans les châteaux forts.

Aujourd'hui elles sont dans les bureaucraties, dans les partis, dans les corporatismes, dans les entreprises...

Elles ont changé de nom, de visage, de moyens mais elles sont toujours à l'oeuvre pour affaiblir l'État.

La lutte multiséculaire de l'État contre les féodalités ne s'achèvera jamais.

C'est la lutte éternelle de l'égalité contre les privilèges.

C'est l'égalité comme clé de voûte de l'unité.

C'est l'égalité des droits et des devoirs.

C'est l'égalité des chances.

C'est l'ordre.

L'État en France c'est Saint Louis et la justice,

C'est Charles VII déchirant le honteux traité de Troyes,

C'est Louis XI terrassant le duc de Bourgogne,

C'est François Ier imposant le Français comme langue administrative,

C'est Henri IV avec l'Edit de Nantes,

C'est Richelieu et Mazarin,

C'est Louis XIV et Colbert,

C'est Napoléon et le Code Civil,

C'est Jules Ferry et les instituteurs,

C'est le Conseil National de la Résistance et l'État social,

C'est De Gaulle et la Ve République,

C'est Georges Pompidou et l'État industriel.

L'État c'est ce qui est stable au milieu de ce qui ne l'est pas. C'est l'ordre et c'est aussi le mouvement.

L'État c'est ce qui mobilise, ce qui entraîne, ce qui entreprend. C'est le projet collectif, c'est la volonté collective.

L'État c'est la masse critique.

L'État c'est la seule force opposable aux marchés.

C'est la seule force opposable à toutes les fatalités.

C'est ce par quoi la destinée commune devient une réalité concrète.

C'est ce par quoi la politique peut s'inscrire dans la durée.

C'est ce par quoi la société peut échapper à la tyrannie du court terme et à la myopie des marchés.

C'est le contrepoids à la seule loi du profit.

C'est la seule digue contre les dérives d'une économie de prédateurs, de spéculateurs, de fraudeurs.

C'est la mutualisation des risques.

Mais l'État qui fut pendant si longtemps en France le levier de l'émancipation, de la modernisation et du progrès, est devenu un facteur de blocage.

L'État, étouffé par sa bureaucratie et par sa dette, est devenu impotent.

L'État à force de vouloir tout faire ne peut plus rien, à force de vouloir tout contrôler ne contrôle plus rien, à force d'être partout n'est plus nulle part.

L'État rongé par les corporatismes et les conservatismes, miné par le clientélisme, assiégé par les groupes de pression, peine à incarner l'intérêt général.

Entre la décentralisation, l'Europe et la mondialisation, la crise de l'État et la crise de la nation se nourrissent l'une l'autre.

On ne résoudra pas cette crise en abaissant l'État.

On ne résoudra pas cette crise en prenant acte de l'impuissance publique et en organisant l'État minimum.

Je ne crois pas à la doctrine de l'État minimum. Je ne crois pas à la doctrine du laissez-faire. Je ne crois pas qu'en France l'État puisse être réduit à un rôle secondaire. Je ne crois pas que la nation puisse conserver son unité avec un État faible.

Je ne crois pas que la république puisse continuer d'exister sans un État fort.

Je ne crois pas que le capitalisme puisse survivre si le marché est tout et l'État rien.

Je ne crois pas à la démocratie d'opinion qui prétend opposer la société à l'État.

Pour résoudre la crise française il faut d'abord combattre l'impuissance publique et restaurer l'autorité de l'État.

La crise de l'État n'est pas une fatalité.

C'est le fruit d'une démission.

C'est la conséquence d'un renoncement.

Si l'État est affaibli c'est parce que la politique a cessé d'être l'expression d'une volonté. Quand la politique ne veut rien, elle ne peut rien.

Le vrai défi est de rebâtir une volonté politique dans le monde tel qu'il est. C'est tout l'enjeu de cette élection présidentielle.

Ils nous faut reconstruire un État qui protège pour conjurer l'angoisse qui paralyse tant de français.

On n'est pas incité à l'audace, on n'est pas incité à prendre des risques quand on vit avec la peur au ventre. Une société qui a peur ne peut pas être dynamique. Il faut soigner la peur en protégeant, non pour éliminer la prise de risque mais pour la rendre possible.

Il faut protéger davantage, pour éviter que la peur ne débouche un jour ou l'autre sur le pire des protectionnismes. Une société qui a peur se ferme.

Je veux protéger le travail. La fin du travail est un mythe. Le grand problème de la France c'est qu'elle travaille moins quand les autres travaillent plus. Le grand problème de la France c'est qu'elle ne crée plus assez de travail pour financer les retraites, la protection sociale, pour rembourser la dette, pour élever le niveau de vie, pour réduire la précarité, le chômage, les inégalités, pour faire fonctionner notre modèle d'intégration sociale.

J'ai visité beaucoup d'usines, rencontré beaucoup d'ouvriers. Dans les usines on parle peu. Il y a beaucoup de pudeur chez les ouvriers. Il y a une culture ouvrière, une façon d'être des ouvriers, un rapport particulier des ouvriers à la vie et au travail. Je ne veux pas que cette culture ouvrière se perde. Je ne veux pas d'une France sans usine. Si les usines partaient, le reste partirait aussi. Les services aux entreprises partiraient. Le marketing, la finance, la recherche appliquée partiraient. C'est pour cela que j'ai dit aux ouvriers d'Airbus que je ne les laisserai pas tomber. L'État doit se préoccuper de donner de nouveaux actionnaires à cette Entreprise qui le mérite.

J'ai rencontré beaucoup de paysans. Il y a une culture paysanne. Il y a un rapport particulier des paysans au travail et à la terre. Je ne veux pas que cette culture se perde.

J'ai rencontré beaucoup d'artisans. Il y a une culture des artisans. Un rapport particulier des artisans avec la perfection du geste, avec la précision de la technique. Je ne veux pas que cette culture se perde.

La France sans paysan, sans artisan, sans ouvrier serait une France appauvrie moralement, culturellement, économiquement. Je pense aussi aux employés, aux techniciens, aux ingénieurs, aux cadres, je pense aux infirmières, je pense aux professeurs, aux médecins, à tous ceux qui aiment leur métier, qui en sont fiers.

Les travailleurs incarnent un type de civilisation, un type d'homme qui respecte le travail comme une condition de la liberté, qui pense que l'honneur c'est toujours s'efforcer de faire le mieux possible ce qu'on a à faire, que la dignité c'est de ne rien devoir qu'à soi-même et que le premier devoir d'un homme c'est de transmettre ses valeurs à ses enfants.

Aux ouvriers qui ont tant de savoir-faire, aux paysans qui depuis des générations font fructifier leur terre, aux artisans qui n'aiment que ce qui est parfait et dont les secrets se transmettent de génération en génération depuis des siècles, aux ingénieurs qui subissent eux aussi la concurrence des ingénieurs de l'Inde ou de la Chine je me refuse à dire que tout est fini, qu'il n'y a plus de place pour eux, qu'ils doivent disparaître, qu'ils ne servent plus à rien. Je veux leur dire que rien n'est perdu. Un métier qui disparaît, un village qui se vide, un bassin industriel qui s'effondre, c'est un drame. Aucune nécessité économique ne justifie que la politique soit indifférente à ce drame et à la souffrance qu'il cause. Nulle impuissance publique n'oblige à accepter sans rien faire ce gâchis humain qu'un petit effort d'imagination, de volonté et de morale suffirait à éviter. À quoi sert la politique si on ne peut rien faire sur rien ? À quoi sert la politique si la seule loi qui s'impose est celle de la rentabilité à court terme ? À quoi sert la politique si elle se contente d'accompagner une sorte de sélection naturelle qui fait triompher le fort et anéantit le faible, si elle ne donne pas sa chance à chacun ?

Je veux une politique qui n'oppose pas les territoires ni les Français, qui ne joue pas les jeunes contre les vieux, les services contre l'industrie, la nouvelle économie contre l'ancienne, mais qui prenne la France comme un tout, qui utilise toutes les ressources, toutes les forces, toutes les énergies, qui ne laisse rien perdre, qui n'abandonne pas une seule personne, pas un seul territoire. Je veux arrêter ce mouvement fou qui vide les territoires pour remplir les banlieues.

Et à propos de nos banlieues je ne veux pas que des millions de Français qui travaillent dur puissent être pris en otage par une minorité! Voici pourquoi je ferai voter une loi sur le service minimum dans les transports en commun dès le mois de juillet 2007.

Je crois aux vertus de la concurrence. Mais je crois que la concurrence déloyale porte en germe le refus de la concurrence.

Je crois aux vertus de l'ouverture. Mais je crois que les dumpings monétaires, sociaux ou écologiques portent en germe la fermeture.

Si l'Europe et la mondialisation sont synonymes de dumpings et de concurrence déloyale pendant trop longtemps et sur une trop grande échelle, il n'y aura bientôt plus d'Europe ni de libre-échange.

L'ingénieur français qui se trouve mis en concurrence avec l'ingénieur indien ou chinois 10 fois moins bien payé ne supportera pas longtemps cette situation sur laquelle il n'a aucune prise.

L'ouvrier et l'ingénieur d'Alcatel qui voient disparaître les emplois se demandent avec angoisse s'ils ont encore un avenir. Que finiront-ils par faire s'ils ont le sentiment de n'en avoir aucun ?

Si les aides communautaires servent à financer le dumping fiscal à l'intérieur du marché unique, si certains pays membres sont assez pauvres pour recevoir des aides et assez riches pour supprimer l'impôt sur les sociétés, si le droit européen favorise le dumping social, les tensions à l'intérieur de l'Union Européenne vont devenir extrêmes.

On ne protège pas nos industries et les ouvriers de l'industrie en surévaluant l'euro. Au contraire. La surévaluation de la monnaie, c'est la dévaluation du travail.

On ne protège pas l'environnement en imposant à nos industries des contraintes environnementales dont d'autres s'affranchissent parce que les industries polluantes s'en iront produire là où il n'y a pas de normes.

Au bout du compte les emplois français auront été détruits et la planète sera plus polluée.

Si notre économie, si nos emplois, si nos entreprises, si notre technologie restent à la merci des prédateurs du monde entier alors la situation deviendra vite insupportable.

Si nos richesses qui sont le fruit de l'effort et du travail de tous sont pillées par les spéculateurs, si un nombre de plus en plus réduit de personnes confisque tous les profits, si quelques-uns sont sûrs de gagner à tous les coups tandis que les autres sont de plus en plus précaires, si les rentiers deviennent toujours plus riches et les travailleurs plus pauvres, fatalement le rejet du capitalisme sera de plus en plus fort. Le capitalisme ne peut pas survivre sans un minimum de morale.

L'Europe doit protéger, et pour cela je proposerai à nos partenaires si je suis élu que la politique de surévaluation de l'euro qui est en train d'accentuer tous les problèmes d'Airbus et d'accélérer la désindustrialisation de l'Europe soit abandonnée. Je veux que la monnaie soit au service de l'emploi et de la croissance.

Il faut à l'Europe un véritable gouvernement économique.

L'Europe doit protéger et pour cela je proposerai à nos partenaires d'instaurer une préférence communautaire qui permette de faire face à la concurrence déloyale et de s'opposer aux dumpings.

L'Europe doit protéger et pour cela elle doit contribuer à la moralisation du capitalisme financier. Si je suis élu, je proposerai que la moralisation du capitalisme financier soit l'un des principaux objectifs de la zone euro. Le capitalisme c'est la création de richesse pas la spéculation.

L'Europe doit protéger et pour cela je proposerai à nos partenaires qu'en aucun cas les aides européennes puissent servir à financer du dumping fiscal entre pays membres.

Mais quoi que fasse l'Europe, l'État a un devoir de protection qu'il doit assumer.

Il ne peut plus protéger aujourd'hui comme il le faisait lors des Trente Glorieuses, dans les années cinquante, soixante, soixante-dix, quand il n'y avait ni le capitalisme financier, ni la concurrence des pays à bas salaires.

Empêcher les licenciements n'empêche pas la montée de la précarité mais décourage l'embauche.

Retarder les ajustements économiques ne fait que les rendre plus dramatiques quand ils finissent fatalement par se produire.

Désormais la manière la plus efficace de protéger c'est de protéger moins les emplois et davantage des personnes. C'est d'accompagner les transitions, de faciliter les reconversions, d'éviter les ruptures, d'aider à la mobilité.

Je veux protéger en créant une véritable sécurité sociale professionnelle.

Je veux protéger en garantissant à celui qui touche un salaire proche du SMIC qu'en cas de chômage il continuera de percevoir son salaire en totalité à condition qu'il s'engage à ne pas refuser plus de deux offres d'emploi consécutives correspondant à ses qualifications.

Je veux protéger en créant une possibilité de rupture du contrat de travail par consentement mutuel entre le salarié et l'employeur qui permette au salarié de toucher des indemnités chômage.

Je veux protéger en créant un contrat de travail unique à durée indéterminée et à droits progressifs.

Je veux protéger en accompagnant mieux la recherche d'emploi comme cela se passe dans de nombreux pays européens avec souvent des résultats remarquables. Pour cela je souhaite que l'UNEDIC et l'ANPE soient enfin réunis après vingt ans d'attentes et d'hésitations.

Je veux protéger en dotant l'État des moyens d'investir dans les bassins industriels en déclin pour y créer des activités nouvelles au lieu de gaspiller les deniers publics à financer des pré-retraites.

Je veux protéger en donnant à l'État les moyens de prendre des participations temporaires dans des entreprises stratégiques qui traversent une passe difficile où elles ont besoin de financements supplémentaires. C'est ce que j'ai fait avec Alstom qui était soi-disant condamnée, qui est aujourd'hui sauvée et dont les carnets de commandes sont pleins. Et loin d'avoir gaspillé l'argent public, l'État a réalisé une plus-value. J'ai dû me rendre à 4 reprises devant la commission européenne. Elle aurait dû m'aider, pas me combattre. L'Europe est la seule région du monde où les lois de la concurrence livrent les entreprises aux prédateurs du monde entier parce qu'elles les empêchent de fusionner et parce qu'elles interdisent aux États de les aider. Même aux États-Unis l'État a plus de marges de manoeuvre pour intervenir dans l'économie que n'en ont les États européens.

Protéger c'est mettre en oeuvre une véritable politique industrielle, c'est investir dans l'avenir, dans le long terme que le marché ignore, dans le nucléaire qui donne l'indépendance énergétique sans gaz à effet de serre, c'est encourager l'innovation en augmentant le budget de la recherche, c'est former mieux les étudiants des universités pour qu'il soient moins vulnérables sur le marché du travail, c'est porter le crédit d'impôt recherche à 100%. La croissance c'est l'emploi et le plein emploi est la meilleure protection pour le salarié et la meilleure façon de faire augmenter le pouvoir d'achat.

Protéger, c'est protéger les PME qui sont vulnérables .Je propose que l'État conduise une véritable politique de la commande publique au profit des PME comme le font les Américains. Je ne vois pas pourquoi ce qui est acceptable pour l'Organisation Mondiale du Commerce en Amérique ne le serait pas en Europe.

Protéger c'est encourager fiscalement les entreprises à investir et à créer des emplois au lieu d'en détruire. Je propose que les entreprises qui suppriment des emplois et désinvestissent payent le taux maximum de l'impôt sur les sociétés et qu'à l'inverse celles qui investissent beaucoup ou qui créent beaucoup d'emploi en payent moins.

Protéger c'est offrir à chacun le droit de se former tout au long de la vie. C'est offrir la possibilité aux jeunes de se former en jouissant d'une véritable autonomie financière grâce à l'allocation formation et à des prêts à taux zéro.

Protéger, c'est mutualiser les risques pour permettre de le faire à ceux qui ont besoin d'emprunter pour travailler, pour entreprendre, pour se loger et qui ne peuvent pas fournir de garanties personnelles ou familiales. Je veux proposer qu'ils puissent bénéficier d'une caution publique. Il faut en finir avec cette situation où l'on prête à ceux qui n'en ont pas besoin et pas à ceux pour qui c'est vital.

Protéger, c'est aider ceux que les accidents de la vie ont abîmés au point qu'ils n'arrivent plus à se tenir debout tout seuls. L'État qui protège, c'est l'État qui ne laisse personne dans la détresse, c'est l'État qui tend la main à l'enfant pauvre, au malade, au handicapé, à la personne âgée qui est dépendante, c'est l'État qui accompagne ceux qui veulent s'en sortir, ceux qui sont prêts à faire un effort sur eux-mêmes, c'est l'État qui donne à ceux qui n'ont plus la force de vouloir, l'énergie de vouloir de nouveau.

Car vouloir pour soi-même, c'est espérer encore. Et toute la grandeur de l'homme est dans cette espérance qui le pousse à se dépasser, qui fait de sa vie une aventure dans laquelle rien n'est écrit par avance, qui le fait acteur et non spectateur de sa propre histoire.

Je veux être le Président d'une France où la politique aura pour but que brûle toujours dans le coeur de chacun la flamme de l'espérance qui indique à l'homme qu'il est maître de sa destinée.

Je veux être le Président d'une France où il n'y ait plus aucun revenu d'assistance sans une activité d'intérêt général qui en soit la contrepartie, parce que je veux que celui qui est secouru retrouve l'estime de lui-même dans la reconnaissance de son utilité sociale.

Protéger c'est aider la famille parce qu'elle joue un rôle décisif dans le développement intellectuel, moral et affectif de l'enfant. Il faut en finir avec cette idéologie de mai 68 qui tient l'influence de la famille pour forcément néfaste. Il faut en finir avec la mise en accusation systématique de la famille. C'est dans la responsabilisation de la famille et non dans son affaiblissement que se trouve la clé de beaucoup des problèmes que nous rencontrons avec une partie de la jeunesse.

Si pour les familles qui ne s'occupent pas de leurs enfants mineurs, qui ne les protègent pas, qui les laissent traîner dans la rue, qui les laissent commettre des délits, qui ne respectent pas l'obligation de les scolariser, je souhaite que des sanctions soient prises, que la responsabilité des parents puisse être mise en cause, que les allocations familiales soient mises sous tutelle, je m'engage aussi si je suis élu à aider les familles qui en ont besoin à élever leurs enfants.

Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés.

Je souhaite qu'une allocation familiale soit versée dès le premier enfant parce que le premier enfant représente une charge très lourde pour les jeunes couples qui sont au début de leur carrière professionnelle, qui souvent enchaînent les petits boulots et sont confrontés à la précarité.

L'enfant est innocent, l'enfant n'est pas responsable. La pauvreté, la misère il les subit. Il n'y est pour rien. Il faut protéger l'enfant, lui donner sa chance, détecter le plus tôt possible ses difficultés, ne pas le laisser s'abîmer, ne pas le laisser s'enfermer, se replier sur lui-même.

Protéger l'enfant c'est mettre l'école à l'abri des conflits qui déchirent la société. Mais il ne faut pas refermer l'école, le collège, le lycée sur eux-mêmes, instaurer une rupture radicale entre la vie de l'enfant à l'école et en dehors de l'école. Dehors ou dedans, l'enfant est une seule et même personne. Le savoir scolaire et les autres savoirs se mélangent sans cesse, comme tous les aspects de l'existence forment la trame d'une même vie.

L'école doit apprendre la vie, toute la vie.

L'école ne peut se décharger de toute responsabilité quand la classe est finie. C'est la raison pour laquelle je souhaite qu'elle prenne en charge les orphelins de 16h ou de 17h dont les parents travaillent , qu'elle organise des études surveillées où les enfants au lieu d'être livrés à eux-mêmes soient encadrés pour faire leurs devoirs. Je souhaite que les enseignants volontaires pour diriger ces études, comme ceux qui seront volontaires pour faire du soutien scolaire, reçoivent un surcroît de rémunération.

Protéger l'enfant c'est faire en sorte que les bons élèves issus de familles modestes et qui ne peuvent pas étudier chez eux dans de bonnes conditions puissent être accueillis dans des internats d'excellence.

Protéger l'enfant c'est faire en sorte que tous les éducateurs se sentent concernés par ce qui arrive à l'enfant où qu'il se trouve, pas seulement les parents, pas seulement les enseignants, pas seulement les assistantes sociales, mais aussi les juges, les policiers, les élus, les médecins. La médecine scolaire en particulier a un rôle important à jouer. Elle doit être réhabilitée et revalorisée.

Je veux dire à tous les éducateurs que rien ne peut se faire s'ils ne travaillent pas ensemble, s'ils ne se parlent pas, s'ils se méfient les uns des autres.

Tous doivent être conscients que dresser l'enfant contre la société, ne lui enseigner que la rancoeur et la révolte, ce n'est pas protéger l'enfant, c'est trahir l'enfant, trahir sa confiance, son innocence.

L'infantiliser au lieu de l'aider à devenir adulte, lui apprendre les codes et les règles de la vie en société, ce n'est pas le protéger c'est le trahir.

L'excuser toujours, lui donner tous les droits, ne jamais forcer sa nature, ne jamais chercher à discipliner ses instincts, ses pulsions, ce n'est pas le protéger c'est le trahir.

Protéger, c'est protéger la vie.

C'est donner la priorité à la recherche sur le cancer.

C'est donner la priorité à l'insertion des malades dans la vie sociale, à la lutte contre les réflexes d'exclusion dont ils font l'objet.

Protéger la vie, c'est lutter contre les grandes maladies du siècle qui s'appellent aussi le mal de vivre, le malaise existentiel de la jeunesse, le suicide. On n'en parle jamais. On en a honte. Je veux parler de cela aussi. À côté de la misère, de la pauvreté, je veux parler de la maladie, de la dépression, de ce qui atteint la personne au plus profond de son être, du regard que la société porte sur ces fléaux, sur cette souffrance qui n'est pas matérielle mais qui est humaine, qui est physique, qui est morale. La vie est devenue si lourde pour certains de nos compatriotes. Je veux engager puissamment la recherche médicale française vers le soulagement de ce mal dont on parle si peu mais qui est si présent pour les jeunes comme les moins jeunes et qui n'est rien d'autre que le mal de vivre.

Protéger, c'est protéger la vie. La vie est devenue plus dure, plus lourde parce qu'on est plus isolé que jadis, parce que les solidarités se sont distendues, parce qu'il y a moins de solidarité familiale, moins de solidarité de voisinage, moins de solidarité de métier. Jadis le niveau de vie était moins élevé mais l'homme n'était pas seul, il était entouré, il était pris en charge, il était protégé. Il était moins libre, mais il pouvait partager les fardeaux de l'existence. Il pouvait s'appuyer sur une trame de relations humaines et sociales parfois étouffante mais qui lui permettait d'échapper à l'angoisse de la solitude. Solitude paradoxale qui au coeur de nos villes surpeuplées fait vivre tant d'êtres isolés les uns des autres.

Aujourd'hui voilà l'homme seul ou presque dans un monde de stress, d'incertitude, confronté à la peur de perdre son emploi, à la dégradation de ses conditions de travail, à la pression de la concurrence, à l'exigence de compétitivité, de performance.

Protéger la vie, c'est aussi ouvrir le grand chantier des conditions de travail.

Protéger, c'est maîtriser l'immigration. Accepter d'accueillir toute la misère du monde, c'est tirer toute la société vers le bas. C'est faire le malheur des immigrés que l'on n'arrive plus à intégrer, et le malheur de tous les autres. Ce sont comme toujours les plus modestes et les plus vulnérables qui payent le plus cher: le jeune de 20 ans qui meurt asphyxié dans sa cachette ou qui coule au fond de l'océan avec sa pirogue, les familles brûlées vives dans des hôtels sordides où elles s'entassent parce qu'on ne sait pas où les loger. En régularisant tous les sans-papiers on incite une masse croissante de malheureux à immigrer clandestinement dans l'espoir d'être régularisés un jour et l'on fait monter le ressentiment chez ceux qu'on accueille si mal et chez ceux qui se sentent de plus en plus étrangers dans leur propre pays. Si je suis élu président de la République, il n'y aura pas de régularisation globale.

Il faut lutter contre l'immigration clandestine qui fait la fortune des marchands de sommeil et des passeurs sans scrupule qui n'hésitent pas à mettre en danger la vie des pauvres malheureux dont ils exploitent la détresse.

Je souhaite que celui qui a été reconduit dans son pays ne puisse pas obtenir un titre de séjour en France pendant les 5 ans qui suivent.

Je souhaite que les étrangers en situation irrégulière soient exclus du droit au logement opposable.

Protéger c'est protéger la France, ses valeurs, c'est parce que je veux qu'elle reste ouverte, accueillante, généreuse, que je veux que l'immigration soit maîtrisée, que notre pays fixe chaque année le nombre des étrangers qu'il peut accueillir dans des conditions qui permettent de respecter la dignité des personnes.

Je souhaite que l'immigré en situation régulière ne puisse faire venir sa famille que dans la mesure où celle-ci a appris, avant de pénétrer sur notre territoire, à parler le Français et après que nous nous soyons assurés que les revenus de son travail lui permettent de la faire vivre et de la loger décemment.

Je souhaite qu'on ne puisse pas s'installer durablement en France sans se donner la peine d'écrire et de parler le Français.

Je souhaite qu'on ne puisse pas vivre en France sans respecter sa culture et ses valeurs. Ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l'excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs soeurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s'habille comme elle le souhaite ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française.

C'est parce que je veux protéger la France et ses valeurs que je souhaite que soient définis les principes de l'entrée et du séjour des étrangers dans notre pays.

À celui qui veut devenir Français, je dis qu'il doit prendre en partage l'histoire de France, qu'il doit accepter que le pays dans lequel il vient soit un vieux pays qui a commencé d'exister bien avant lui. Il doit comprendre que ce pays est un pays de liberté qui demande simplement qu'on le respecte et qu'on l'aime.

Ce qui est en jeu c'est la participation à la définition d'une destinée commune.

Protéger contre la violence, c'est protéger les honnêtes gens contre les voyous. Protéger c'est donner à la sanction une vertu d'exemplarité et un caractère dissuasif. c'est donner la priorité à la victime sur le délinquant.

Le petit caïd qui après chaque délit revient impuni dans sa cité y est accueilli en héros. Cette impunité va le conduire à recommencer et à servir d'exemple aux autres. Si on accepte cela, la société se défera petit à petit jusqu'au jour où l'autodéfense s'installera et où l'État ne pourra plus agir. Alors la violence sera partout. Qui veut en arriver là ? En tout cas pas moi.

Si l'on veut éviter le drame, il faut qu'il y ait des peines planchers dissuasives pour les récidivistes. Il faut une politique pénale nationale qui s'applique de la même manière sur tout le territoire.

C'est cela l'autorité de la République. C'est cela l'ordre républicain, c'est cela l'équité, c'est cela la responsabilité.

Le problème ne sera pas résolu si dès l'enfance la sanction de la faute n'accompagne pas la récompense du mérite. La délinquance des mineurs est devenue un problème grave et préoccupant pour l'avenir. Il nous faut adapter la justice des mineurs dont les principes et l'organisation ne sont plus adaptés à notre époque.

Il nous faut nous donner les moyens de remettre dans le droit chemin les enfants et les adolescents qui s'en écartent en leur apprenant l'interdit, en leur faisant prendre conscience qu'il y a des choses qui sont permises et d'autres qui ne le sont pas.

Je veux un État qui fasse respecter la loi par tout le monde et qui ne laisse aucun acte de délinquance impuni, aussi minime soit-il.

Un État qui protège c'est un État qui garantit l'indépendance de la justice et lui donne les moyens nécessaires à son fonctionnement. C'est un État où les juges sont responsables de leurs actes quand ils commettent des fautes comme n'importe quel citoyen.

Je récuse l'étatisme et le dirigisme.

J'ai la conviction que l'État n'a pas vocation à se mêler de tout, à intervenir partout.

J'ai dénoncé plus que quiconque les dérives et les excès de l'État-Providence qui ont contribué à créer un climat délétère d'irresponsabilité, d'assistance et de nivellement.

Je ne suis pas spontanément porté au jacobinisme et au centralisme.

Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que c'est en abaissant l'État que l'on relèvera la France.

La France pour être forte a besoin d'un État fort.

Quand l'État est faible ce sont les plus vulnérables qui en souffrent le plus.

Je veux un État respecté.

Je veux un État que les fonctionnaires soient heureux de servir et dont les Français soient fiers.

Je veux un État exemplaire sur le plan de la diversité et de la lutte contre les discriminations.

Je veux un État qui domine les intérêts catégoriels au lieu d'être dominé par eux.

Je veux un État où les nominations soient la conséquence de la compétence et pas de la connivence.

Je veux un État qui ne soit pas fragilisé par le laxisme et par la fraude.

Je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.

Je ne veux pas que ceux qui fraudent l'assurance chômage, l'assurance maladie, les allocations familiales, ceux qui escroquent le fisc ou les ASSEDIC, ceux qui détournent de l'argent public par copinage ou par favoritisme, continuent à mettre en péril la solidarité nationale. Parce que cela renforce la crise morale et la défiance vis-à-vis de ceux qui sont vraiment dans le besoin.

Il y a beaucoup d'économies à faire dans l'État. Mais ce ne sont pas les économies qui feront les réformes, ce sont les réformes qui feront les économies et la croissance.

Je propose que le principe de la gestion de l'État soit désormais la productivité et l'efficacité de la dépense publique, et non plus les tours de vis indifférenciés qui accroissent les dysfonctionnements au lieu de les réduire.

Je propose que l'on entreprenne la réforme de l'État par l'évaluation des politiques publiques, en supprimant celles qui ne sont pas efficaces ou qui sont contradictoires.

Je propose que l'on supprime tous les organismes, toutes les commissions, tous les comités, tous les observatoires qui ne servent à rien, et qu'on continue de créer à tour de bras pour satisfaire des clientèles ou pour faire croire qu'on est décidé à s'attaquer à des problèmes qu'en réalité on ne veut pas résoudre.

On ne refera pas l'État sans les fonctionnaires. À fortiori contre eux. Je veux le redire ce soir : je n'aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans notre pays.

Chercher à faire des fonctionnaires le boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne.

Les fonctionnaires sont comme tout le monde, ils veulent être reconnus et ils veulent être respectés. Ils sont prêts au changement mais ils veulent y être associés.

Au fonctionnaire qui subit depuis des années l'érosion de son pouvoir d'achat, je dis ma volonté qu'il y ait moins de fonctionnaires mais qu'ils soient mieux payés et mieux considérés.

Au fonctionnaire qui se sent démotivé parce que ses efforts ne sont jamais récompensés je dis que mon objectif est que le mérite soit reconnu et les gains de productivité partagés. Je lui dis que je ne veux pas que la seule voie de réussite soit celle des concours et des examens mais que l'expérience et le mérite, cela doit compter aussi.

Au fonctionnaire qui souffre de la désorganisation créée par les 35 heures, en particulier à l'hôpital, je dis que mon objectif est la remise à plat complète des 35 heures dans le secteur public de sorte que ceux qui veulent travailler davantage pour gagner davantage aient le droit de le faire.

Au fonctionnaire de police, au professeur, à l'agent hospitalier, au chauffeur de bus, au contrôleur de la SNCF qui se font insulter, agresser, menacer, je dis que cette violence dont ils sont les victimes est inacceptable, parce qu'ils ont droit à leur dignité et parce qu'à travers eux c'est à l'autorité de l'État qu'on porte atteinte, c'est la République qu'on offense.

S'il fut un temps où il y avait trop de politique et trop d'État, aujourd'hui c'est le contraire : il n'y a pas assez de politique et pas assez d'État.

Je ne parle pas de la politique politicienne. Je parle de la volonté politique et du courage politique.

Je ne parle pas de l'étatisme. Je parle du sens de l'État et de l'autorité de l'État.

Le problème c'est de savoir si nous voulons toujours la démocratie et la République.

Pour moi, la démocratie d'opinion c'est le contraire de la démocratie.

Pour moi l'État qui renonce à l'exercice de toute autorité c'est le contraire de la République.

C'est un problème de morale. C'est un problème d'exigence vis-à-vis de soi-même.

C'est un problème de devoir vis-à-vis des Français.

Il y a deux catégories de responsables politiques : ceux qui se sentent une obligation de résultat et ceux qui s'estiment quittes, quel que soit le résultat, dès lors qu'ils ont essayé.

Ce que je propose aux Français c'est un engagement de résultat.

Ce que je propose aux Français c'est de remettre la morale de l'engagement au coeur de la politique.

Ce que je propose aux Français c'est une certaine idée de l'État, de l'État qui a plus d'exigences vis-à-vis de lui-même que vis-à-vis des autres, de l'État qui n'a que des obligations envers les citoyens.

Je n'accepte pas l'idée que l'État ne peut plus rien faire. Je n'accepte pas l'idée d'un État qui s'excuse de vouloir agir.

Ensemble, nous referons l'État.

Ensemble nous rendrons à l'État sa dignité, son autorité, sa volonté.

Ensemble nous referons la République.

Ensemble nous rendrons à la République son unité.

Ensemble nous referons la France.

Ensemble nous rendrons à la France sa grandeur.

Vive la République !

Vive la France !