Discours politique

François Fillon, Discours à Wasquehal (31/05/2007)

Mes chers amis,

Il y a à peine plus d'un mois, Nicolas Sarkozy est venu à Lille pour y lancer un appel. Un appel contre la résignation. Un appel contre la pensée unique, contre le politiquement correct. Un appel contre l'étouffement du débat public qui sévit depuis un quart de siècle. Un appel, a-t-il dit, à "renoncer au renoncement". Autant dire un appel à l'action.

Cet appel, mes chers amis, il vous ressemble, et il nous rassemble.

Il vous ressemble parce qu'ici, nous sommes dans une région où l'on ne se résigne pas. Ni les guerres, ni les invasions, ni le déclin industriel qui fait suite à tant de prospérité n'ont éteint la flamme de votre courage et de votre ardeur. Je le sais : dans le Nord, on connaît le prix du travail et la valeur de l'effort.

L'appel de Nicolas Sarkozy nous rassemble aussi autour d'un souvenir. Un souvenir qui, lorsque j'ai eu 20 ans, m'a porté à m'engager en politique. Ce souvenir, c'est celui du 18 juin 1940, ce jour où, en pleine débâcle, un général né à Lille a refusé d'admettre que la guerre était perdue. S'il y a une chose à retenir de l'héritage du Général De Gaulle, c'est bien ce refus de la résignation, du défaitisme et du cynisme.

Nicolas Sarkozy vous a dit qu'il n'y avait pas de fatalité. Il vous a dit que la France devait espérer. Par cet appel de Lille, il vous a proposé de prendre notre destin en main. Votre réponse a été directe : c'est un "oui" franc et massif.

Vous avez dit "oui" à l'action et "non" à l'immobilisme qui nous a fait sombrer au 17ème rang mondial de la richesse par habitant.

Vous avez dit "oui" au changement et "non" à une logique économique sans perspective qui a fait décrocher les classes populaires et angoisser les classes moyennes pour l'avenir de leurs enfants.

Vous avez dit "oui" à la franchise et "non" à ceux qui parlent à la France comme à une malade dont la famille et le médecin lui cachent son état de santé.

Vous avez dit "oui" à la dignité et "non" à une démarche qui confond justice sociale et assistanat.

Vous avez dit "oui" à l'identité de la France et "non" à ceux qui vous ont donné le sentiment de ne pas la défendre à sa juste valeur.

Vous avez dit "oui" à la rupture et "non" à ceux qui ont voulu vous faire croire que, pour sortir de l'impasse, il fallait repeindre l'impasse en rose.

En somme, vous avez dit "oui" à Nicolas Sarkozy pour tourner la page et en écrire une nouvelle. Vous avez choisi le mouvement et l'audace. Vous avez choisi de regarder la vérité en face.

Et la vérité, c'est que dans le match de la mondialisation, nous jouons à 60 millions contre 6 milliards. Mais la vérité, c'est que la partie n'est pas perdue.

Il n'y aura pas de déclin économique de la France si nous retroussons nos manches, si nous avons un dialogue social sincère et productif, si nous nous mobilisons tous dans la bataille de l'intelligence, si nous avons une économie plus libre, des salariés mieux formés et soulagés de l'angoisse du lendemain, si nous retrouvons un idéal européen qui nous renforce et nous protège face aux défis que nous lancent les nouvelles puissances comme la Chine ou l'Inde.

La partie n'est pas non plus perdue sur l'industrie. Il n'y a pas de fatalité qui condamnerait la France à devenir un pays sans usines et sans ouvriers, si nous réconcilions les Français avec l'entreprise, si nous redonnons confiance aux investisseurs, si nous aidons les PME à grandir et à innover, si nous mettons le "paquet" pour rendre notre territoire attractif, si nous sommes volontaristes pour sauver nos fleurons.

La vérité, c'est que notre contrat social est menacé et que le pays est endetté. Mais la vérité, c'est aussi que nous sortirons de cette situation si l'État arrête de vivre à crédit sur le dos de ses enfants, si nous responsabilisons les Français, si nous réformons les régimes spéciaux car l'effort n'est acceptable que s'il est partagé par tous.

La vérité, c'est que le sentiment d'impunité qui existe chez certains voyous est inadmissible. Je n'accepte pas que, dans notre République, des femmes et des hommes soient obligés de baisser le regard lorsqu'ils marchent dans leur quartier pour ne pas être agressés. Je n'accepte pas qu'un père de famille voit son fils gagner dans la rue en une journée ce qu'il gagne en un mois à l'usine. La question des mineurs délinquants, comme celle des multirécidivistes, sera traitée dès l'été.

La vérité, c'est aussi qu'on n'a pas pu parler d'immigration pendant des années dans notre pays. Que la gauche, aveuglée par les bons sentiments et des raisonnements à courte vue, n'a été capable ni d'interdire le voile à l'école, ni de protéger les femmes et les minorités contre les discriminations. La vérité, c'est que générosité ne veut pas dire ouverture des frontières à tout le monde sans se soucier de la façon dont les étrangers vont subsister et s'intégrer.

Voilà pourquoi nous sommes déjà au travail pour que la loi sur l'immigration soit votée avant la fin de l'été. Pour vivre en France, il faudra un travail. Pour vivre en France, il faudra respecter notre culture. Pour vivre en France, il faudra accepter nos principes républicains. Et pour vivre en France avec sa famille, il faudra avoir de quoi l'accueillir dignement.

La vérité, mes amis, c'est que liberté d'aller travailler compte autant que le droit de grève : on ne peut pas à la fois proclamer la continuité du service public et accepter que les usagers soient pris en otage ! Avec le Président de la République, je veux une solution qui réponde à leurs attentes légitimes. Un projet de loi sera présenté au parlement cet été. Il fixera le cadre de ce service minimum dans les transports. Et ses modalités seront déterminées entreprise par entreprise.

Je crois au dialogue social mais ne comptez pas sur moi pour tergiverser. Parce que je veux être fidèle à la confiance que les électeurs ont placée en nous, j'entends tenir nos engagements.

Ce langage de vérité, les Français l'ont entendu.

Nicolas Sarkozy s'appuie sur un socle de 84 % de participation, et sa victoire a été portée par le souffle des 53 % de Français qui lui ont fait confiance. Vous avez été, ici, dans le Nord Pas de Calais, près de 52 % à lui faire confiance : c'est tout simplement unique dans l'histoire électorale, puisque seul le général De Gaulle avait réussi à battre la gauche dans votre département !

Je le dis solennellement : ce mandat clair, cette confiance large, cette vague populaire nous offrent une occasion historique.

Une occasion historique de changer d'époque et de nous dessiner un nouveau destin.

Une occasion historique de nous attaquer à ces maux français qu'on a à tort qualifié d'inéluctables, d'aller au fond des choses sur l'emploi, sur l'égalité des chances, sur la sécurité, sur la réforme de l'État, sur l'Europe.

Une occasion historique de rompre avec les mauvaises habitudes et les vieux démons qui figent la société française depuis tant d'années.

Une occasion historique de répondre à la demande de valeur des Français : valeur du travail, valeur du mérite, valeur de l'effort, valeur du courage, valeur de la responsabilité, valeur du respect, valeur du patriotisme. Cette quête de valeurs, mes amis, c'est la clé qui ouvrira la porte de notre avenir.

La gauche n'a pas seulement perdu une élection : elle a aussi perdu cette bataille des valeurs. Elle l'a perdue par son autisme qui l'a empêché de voir le monde tel qu'il est.

Parce que le parti socialiste est essoufflé à force d'avoir couru trop longtemps derrière les vestiges de l'extrême gauche... Parce que la gauche s'est trop désintéressée de la production pour ne promettre que la redistribution de richesses fictives. Parce que la gauche a capitulé sur des valeurs qui, pourtant, étaient jadis les siennes - celles du monde ouvrier, qui, lui, n'avait pas peur de célébrer le travail, l'autorité et le respect.

Parce que la gauche s'est montrée incapable de lutter contre les injustices du monde d'aujourd'hui.

Désormais, il est fini le temps où la fierté d'être français était raillée.

Il est fini le temps où l'on voyait en l'homme au travail un homme aliéné au lieu d'y voir un homme digne.

Il est fini le temps où l'entrepreneur était vu comme l'adversaire du travailleur.

Il est fini le temps où le délinquant trouvait plus d'excuses que la victime ne trouvait de réconfort.

Il est fini le temps où le coeur et la justice étaient "trustés" par la gauche.

Oui, tout cela est fini. Et maintenant, nous avons le devoir de nous montrer à la hauteur de la formidable attente qui est la vôtre. Cette attente que nous n'avons pas le droit de trahir !

Cette attente exigeait un électrochoc politique pour montrer que l'élection de Nicolas Sarkozy bousculait tout dans la façon que l'on a depuis trop longtemps de conduire les affaires du pays.

Nous avons provoqué cet électrochoc en proposant aux Français un gouvernement qui respecte la parité entre les hommes et les femmes. Depuis le temps qu'on en parlait ! Depuis le temps qu'on en rêvait ! Depuis le temps qu'on disait que la droite n'était pas capable de la faire, que la parité ne serait que cosmétique... Eh bien voilà : la parité, c'est nous qui l'avons faite, et vous pouvez en être fier.

Nous avons provoqué un électrochoc en nommant Rachida Dati au poste combien symbolique de Garde des sceaux, ministre de la justice. Cette nomination honore cette France républicaine que j'aime et que je veux. Cette France du mérite, cette France qui mobilise tous ses talents, cette France qui ne juge pas les êtres sur leurs origines ou sur la couleur de leur peau, mais sur ce qu'ils ont au fond du coeur.

Nous avons aussi provoqué cet électrochoc avec une nouvelle façon de gouverner.

J'ai l'honneur de conduire une équipe "resserrée" : c'est un gage d'efficacité et de modernité.

Au sein de l'équipe, les différences existent et la discussion est possible. Je peux vous dire, pour avoir vécu si souvent le formalisme des Conseils des ministres, qu'une autre façon de travailler est à l'oeuvre. Avec le Président de la République, nous imprimons un nouveau style. Et, pour tout vous dire, nous n'avons pas besoin de nous forcer... Quoi de plus normal que ceux qui oeuvrent pour la France "bossent" de la même manière que les Français lorsqu'ils sont au travail : en se parlant, en se voyant librement sans protocole inutile, en étant simple et direct pour servir au mieux nos concitoyens.

Notre tâche est d'une telle ampleur que notre succès passe par une nouvelle façon de gouverner, que j'appellerais le "gouvernement en ligne directe" : ligne directe entre nous, ligne directe avec les Français, ligne directe vers notre but.

Une ligne directe, aussi, avec le Président de la République. Trop longtemps on a spéculé sur l'existence d'un sommet de l'État "à deux têtes". On a souvent dit qu'à la tête de l'État, il y avait la "Rive gauche", c'est-à-dire Matignon, et la "Rive droite", autrement dit l'Elysée. Eh bien je vous l'annonce : il n'y a plus, dans la conduite du pays, une rive droite et une rive gauche. Il n'y a plus qu'un fleuve. Il en est ainsi car nous ne pouvons plus nous permettre les petits jeux de part et d'autre de la Seine qui font perdre son temps à la France.

Cette équipe est aussi un gouvernement d'ouverture. Et croyez-moi, il faut un certain courage pour résister à la tentation partisane. Il faut un sens aigu de l'intérêt général pour ne pas se limiter à son camp quand vous pouvez vous comporter en vainqueur sans partage. Il faut beaucoup de hauteur pour rassembler autour d'un projet les compétences et les bonnes volontés d'où qu'elles viennent.

Eh bien ce courage, ce sens de l'intérêt général, cette hauteur, Nicolas Sarkozy les a eus. Lui que la gauche a tant accusé d'être l'homme d'un clan ! Lui que la gauche a tant accusé d'être exclusif, intransigeant ! Eh bien tous ces procureurs peuvent ravaler leurs réquisitoires. Car Nicolas Sarkozy est devenu l'homme de la nation, de toute la nation.

Nous avons fait cette ouverture parce qu'au XXIème siècle, les solutions ne sont plus noires ou blanches. Parce que pour changer en profondeur la France, il faut savoir la rassembler. Nous l'avons fait parce qu'il n'y ni un peuple de gauche, ni un peuple de droite, mais le peuple de France. Nous l'avons fait parce que la clarté de notre projet nous permettait de nous ouvrir sans crainte.

Ce projet est déjà en train de se concrétiser. Parce que nous vous avons promis d'agir vite. Parce que nous étions préparés. Parce que nous ne pouvons plus nous permettre d'hésiter.

Il n'y a plus à hésiter sur la principale valeur, celle qui a fondé tout le projet de Nicolas Sarkozy : la revalorisation du travail et l'amélioration du pouvoir d'achat des Français. C'est ma priorité absolue. J'en parle avec d'autant plus de conviction que nous sommes ici au coeur d'une région trop durement frappée par la pénurie de travail et la faiblesse des revenus.

Qu'on se le dise : la valeur travail est de retour.

C'en est fini de la dévalorisation du mérite, du mépris de la réussite.

C'en est fini du pas en avant suivi de deux pas en arrière.

C'en est fini d'être le pays qui travaille le moins en Europe, c'en est fini du gel des salaires à cause des 35 heures. Car la France paie encore aujourd'hui le prix des 35 heures de madame Aubry, et surtout des conditions dans lesquelles elles ont été mises en oeuvre.

Les socialistes français ont été les seuls au monde à imaginer cela : qu'au moment où les autres pays rassemblaient toutes leurs forces pour affronter la compétition mondiale, nous allions au contraire interdire aux Français de travailler !

Bien entendu il faut une référence légale en matière de temps de travail, et nous avons dit que les 35 heures resteraient cette référence. Mais à condition de ne pas être un maximum, sinon nous ne parviendrons jamais à relancer le pouvoir d'achat. Car ce n'est pas en travaillant moins, que l'on peut créer plus de richesses et donc augmenter les salaires !

Nous allons rétablir la vérité et nous allons rétablir la liberté.

La vérité, c'est que pour que les Français puissent gagner plus, il faut leur permettre de travailler plus.

La liberté, c'est celle de choisir son temps de travail, par un dialogue entre le chef d'entreprise et le salarié. Et le chemin de cette liberté, c'est le dialogue social : à l'inverse des socialistes qui ont imposé les 35 heures à tous, sans discussion, nous voulons mettre le dialogue social au coeur de notre démarche de réforme, afin de trouver un équilibre qui convienne à chacun.

Demain, les salariés qui le veulent pourront travailler plus et gagner davantage, grâce à l'exonération fiscale et sociale sur les heures supplémentaires. Cette exonération bénéficiera aux salariés à temps plein mais aussi à ceux qui travaillent à temps partiel. Les cadres seront également concernés car il ne s'agit pas de retenir une demi-mesure, mais bien de montrer concrètement que le travail paie.

Pendant cinq ans, madame Aubry a expliqué qu'il fallait travailler moins. Aujourd'hui nous affirmons qu'il n'y a rien de plus honorable que de vouloir gagner, par son travail, les moyens de réaliser ses rêves.

Pendant cinq ans, les socialistes ont financé massivement la réduction du temps de travail. Aujourd'hui, avec Jean-Louis Borloo et mon équipe, nous allons inciter à l'augmentation du temps de travail car c'est la condition de tout : la relance du pouvoir d'achat, la relance de la croissance, la place de l'économie française dans la mondialisation, le financement de nos Écoles, de nos hôpitaux, de nos services publics.

Et ce que nous voulons pour tous les salariés français, nous le voulons en particulier pour ceux d'entre eux qui connaissent des difficultés particulières.

Je pense d'abord aux jeunes, et notamment aux étudiants. Beaucoup d'étudiants sont conduits à travailler pour financer leurs études. C'est tout à leur honneur et cela peut leur permettre, au moment où ils arrivent au bout de leur cycle de formation, de connaître une première expérience du monde du travail.

Encore faut-il qu'ils soient encouragés : or, bien souvent, la législation les pénalise pour ce choix courageux - notamment parce que leurs gains sont réduits, soit en raison de prélèvements fiscaux, soit parce que leurs bourses sont diminuées à concurrence de leurs salaires.

Cette situation n'est pas acceptable. C'est pourquoi, dès cet été, nous allons défiscaliser les salaires perçus par les étudiants.

Il y aussi la situation des seniors. Ces seniors qu'on trouve trop jeunes pour prendre leur retraite et trop "vieux" pour travailler. La France est l'un des pays où le taux d'emploi des plus de 50 ans est le plus faible. Or beaucoup d'entre eux, non seulement souhaitent travailler, mais disposent d'une expérience extrêmement précieuse pour notre économie.

Je vous le dit : je n'accepte pas que les seniors soient considérés comme des "vieux" qu'il convient d'écarter. Je n'accepte pas que passé 55 ans, on soit condamné à choisir entre le chômage et la retraite avant l'heure !

Je veux mobiliser le service public de l'emploi au profit des demandeurs d'emploi de plus de 50 ans. Et je souhaite aussi, pour ceux qui disposent d'un emploi, qu'ils puissent le conserver le plus longtemps possible. C'est pourquoi nous allons améliorer les conditions du cumul emploi-retraite, afin qu'il représente une solution pour tous les seniors qui souhaitent améliorer leur pouvoir d'achat.

Il faut en finir une fois pour toutes avec ce fameux "mythe de la relève", qui voudrait qu'un salarié senior qui quitte son emploi fait de la place à un jeune. Cette logique, celle, toujours la même, du partage du temps de travail, ne correspond en rien au fonctionnement de l'économie : sinon, comment expliquer que nous ayons connu pendant longtemps un des taux de chômage des jeunes les plus élevés d'Europe, avec un taux d'emploi des seniors parmi les plus faibles ?

Il est temps de comprendre qu'on ne lutte pas contre le chômage de masse en partageant le travail mais en le multipliant. L'activité des uns entraîne celle des autres, la productivité des uns entraîne la productivité des autres ! C'est comme cela que nous irons à la conquête de la croissance !

Le rationnement du travail, c'est terminé : notre objectif, c'est bien le plein emploi.

Et puis je veux en finir une fois pour toutes avec l'inégalité entre les hommes et les femmes en matière de rémunérations.

Aujourd'hui, à niveau de responsabilité égal, une femme est toujours moins bien payée qu'un homme, et surtout elle n'a pas les mêmes possibilités de carrière : ce n'est pas acceptable. C'est la raison pour laquelle nous allons engager, à la rentrée, une conférence avec les partenaires sociaux sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Et nous allons nous donner deux ans pour la réaliser.

C'est un défi majeur, pour lequel je compte sur l'engagement résolu des partenaires sociaux et des chefs d'entreprises. C'est une question de justice !

Enfin je n'oublie pas la question cruciale du retour à l'emploi de ceux qui en sont le plus éloignés, ceux qui sont frappés par l'exclusion et par la pauvreté.

Aujourd'hui, tout notre système fiscal et social les détourne de l'emploi : en effet, en retrouvant du travail, ils vont non seulement commencer à payer des impôts, mais aussi perdre le bénéfice d'un ensemble d'aides locales ou nationales. Au final, le gain est le plus souvent faible, quand il ne disparaît pas complètement.

Je vous le dis, la faiblesse de l'écart entre revenus de l'assistance et revenus du travail constitue pour moi une offense insupportable faite aux valeurs du travail, du mérite, de la récompense, de l'effort.

Cette question fera l'objet d'une réforme d'ensemble, avec un objectif clair : toute personne qui reprendra un travail, après avoir vécu des minima sociaux, bénéficiera d'une augmentation nette et immédiate de sa rémunération afin que son retour vers le travail soit récompensé.

Je suis contre l'assistanat, je suis donc contre un système qui conduit celui qui n'a pas de travail à ne pas avoir intérêt à en chercher un.

Enfin, je veux lutter contre la fatalité du chômage.

Dans ce département du Nord, vous êtes plus exposés que d'autres aux restructurations.

Je sais ce que cela signifie, pour un salarié, pour sa famille, pour un bassin d'emploi, pour toute une région parfois.

Sur un sujet aussi grave il n'y a pas de place pour la démagogie : comme tous les pays du monde, le nôtre continuera à être confronté aux mutations économiques. Personne ne pourra jamais vous garantir un emploi à vie.

En revanche, notre responsabilité, c'est de faire en sorte que chaque salarié qui perd son emploi, soit accompagné jusqu'au suivant. Nos salariés doivent être sécurisés, ils doivent cesser de vivre avec la peur au ventre à chaque fois que leur entreprise connaît des difficultés.

J'en prends l'engagement devant vous : nous allons mieux protéger les salariés.

Chaque salarié qui perd son emploi percevra une indemnisation qui le sécurisera ; il sera accompagné par un service public de l'emploi unifié et modernisé ; il pourra bénéficier d'une formation prise en charge par la collectivité s'il souhaite changer de secteur ou améliorer sa qualification.

Il s'agit de sujets dont les partenaires sociaux sont aujourd'hui saisis. Nous attendons leurs propositions afin de parvenir à un projet d'ensemble et si possible consensuel. C'est une condition impérative pour rendre à nos salariés la sécurité et la confiance auxquelles ils aspirent.

Mes amis, je voulais vous le dire, ici, dans le Nord, où l'on connaît la valeur du travail : vous avez voté pour réhabiliter le travail et nous allons le faire.

Vous avez voté pour encourager le retour à l'emploi et nous allons le faire.

Vous avez voté pour relancer le pouvoir d'achat et nous allons le faire.

Vous avez voté pour mettre fin à la fatalité du chômage de masse et nous allons le faire.

Avec votre soutien, nous allons redonner au travail la place qu'il n'aurait jamais dû perdre dans notre société : c'est-à-dire la première.

Mes chers amis,

La France va bouger !

Mais elle doit bouger avec vous. Vous devez lui donner la dernière pièce qui manque à son tout nouveau moteur : une majorité forte et unie.

Cette élection législative est cruciale car l'Assemblée nationale ne doit pas être le "contre-pouvoir" que réclame la gauche. Non, l'Assemblée nationale doit avoir le pouvoir de concrétiser nos engagements, le pouvoir d'oeuvrer pour une France plus prospère, plus forte et plus grande !

Je compte, mes chers amis, sur votre engagement et votre confiance !

Je compte sur vous pour soutenir tous les candidats ici présents. Ils sont trop nombreux pour que je puisse les citer individuellement. Mais je connais leur valeur. Beaucoup d'entre eux sont des amis. J'ai besoin d'eux, et vous aurez besoin d'eux. Je vous demande une mobilisation totale car je veux que cette région symbole fasse entendre sa nouvelle espérance.

Avec tous les candidats qui porteront nos couleurs, je suis venu, mes chers amis, vous demander une majorité pour servir la France.

La France qui se dresse pour saisir ses chances.

La France qui se forge un nouveau destin.

La France qui se sent fière de son identité et de l'universalité de sa voix.

La France qui se met en mouvement parce qu'elle sait d'où elle vient, ce qu'elle veut et où elle va !

Vive la République !

Vive la France !