Discours politique

François Fillon, Déplacement en Suède (27/11/2007)

Ce qui s’est produit dimanche soir à Villiers-le-Bel, c’est d’abord un drame : c’est la mort de deux adolescents, Moushin et Larami.

J’ai pu m’entretenir lundi matin avec leurs parents.

Je leur ai présenté les condoléances de la République.

Je leur ai dit la douleur qu’avec eux nous ressentions.

Mais je leur ai dit aussi qu’il fallait qu’ils aient confiance dans la justice de leur pays, parce que la démocratie ce n’est pas la vengeance, c’est la justice, la justice indépendante qui doit faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame.

Aussi les violences qui se sont produites dans la nuit de dimanche à lundi, et encore la nuit dernière, sont des violences inacceptables, intolérables, incompréhensibles.

Comment peut-on accepter que soit brûlée une école, que soit brûlée une bibliothèque, qu’on détruise des entreprises dans lesquelles travaillent les habitants de Villiers-le-Bel ? J’ai rencontré ce matin le concessionnaire automobile dont on a brûlé le magasin.

Il s’interroge sur la question de savoir s’il se réimplantera à Villiers-le-Bel.

On va tout faire pour qu’il le fasse.

Et voilà le résultat qui a été atteint par ceux qui commettent ces actes.

Les habitants de Villiers-le-Bel, comme tous ceux des communes du Val d’Oise, ont droit à la sécurité, ils ont le droit d’être protégés, ils ont le droit d’emmener leurs enfants à l’école sans qu’elle soit brûlée, ils ont le droit d’accéder à la culture comme cette magnifique bibliothèque le leur permettait.

Je veux rendre hommage aux policiers : ils ont travaillé dans des conditions extraordinairement difficiles et je veux dire que ceux qui tirent sur les policiers, ceux qui ont battu un commissaire de police presque à mort sont des criminels, qu’ils doivent être traités comme des criminels.

La justice doit pouvoir les juger.

Je veux rendre hommage aux pompiers, qui agissent dans des conditions extraordinairement difficiles.

Ceux qui empêchent les pompiers d’accéder à ceux qui ont besoin de soins sont aussi, d’une certaine façon, des criminels.

Il n’est pas acceptable de laisser cette situation perdurer.

Enfin, je veux rendre hommage aux élus locaux, et en particulier aux élus de Villiers-le-Bel, qui sont en première ligne pour essayer de remettre la paix à l’intérieur de la commune et pour rétablir le lien social.

Je leur ai indiqué que l’Etat serait solidaire, que l’Etat les aiderait à reconstruire le plus vite possible l’école, la bibliothèque, parce que la meilleure réponse à cette violence, c’est d’effacer les traces de cette violence.

Et enfin, je veux dire qu’avec Madame Alliot-Marie, nous allons tout faire pour que ce soir il y ait un maximum de moyens de sécurité sur Villiers-le-Bel et sur les communes avoisinantes, parce que les habitants de ces communes ne doivent pas reconnaître une nuit de violences comme celle qu’ils ont connue.

Et j’appelle enfin toute la population de Villiers-le-Bel, toutes les associations, tous les acteurs de la vie sociale, à travailler ensemble, au côté des élus, au côté des forces de l’ordre pour rétablir la légalité républicaine.