Discours politique

François Fillon, François Fillon répond aux députés sur la réforme des lycées (15/10/2009)

Monsieur le président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Monsieur le député,

Dans la mondialisation, la plus grande richesse de notre pays c'est l'éducation.

Et c'est dans cet esprit que depuis 2007, le Gouvernement a entrepris de faire un effort considérable, d'abord pour moderniser les universités.

Je veux dire à tous ceux qui ont critiqué la loi sur l'autonomie qu'au 1 er janvier 2010, 51 universités françaises auront choisi le statut d'autonomie que vous avez rendu possible.

Deuxièmement, en affectant, trois ans de suite - et nous allons continuer à le faire -, dans un contexte budgétaire très contraint, 2 milliards d'euros supplémentaires pour l'université et pour la recherche, en donnant des moyens nouveaux à la recherche privée, à travers le crédit impôt-recherche, et enfin en réformant la formation professionnelle.

Eh bien, maintenant, nous devons proposer à notre lycée les moyens d'évoluer pour qu'il soit en mesure de répondre aux défis de cette bataille de l'intelligence.

Nous connaissons aujourd'hui les difficultés du lycée français.

C'est un lycée qui réussit bien, mais c'est un lycée qui ne parvient pas à atteindre les objectifs qui lui ont été fixés, ni en ce qui concerne le nombre de bacheliers, ni en ce qui concerne la préparation à l'enseignement supérieur, puisque nous avons près d'un étudiant sur deux qui échoue en première année.

Ni même à ce qui doit être la vocation du lycée, c'est-à-dire au-delà des 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat, offrir une solution à chacun.

Les difficultés, elles ont été identifiées depuis longtemps.

Il y a un problème d'orientation, il y a un problème d'accompagnement personnalisé qui est insuffisant, et nous avons notamment une grande faiblesse, très ancienne, en ce qui concerne l'apprentissage des langues.

Nous avions demandé à Richard Descoings de conduire une concertation avec l'ensemble de la communauté éducative.

Il l'a fait.

Il l'a fait dans de très bonnes conditions et il a rendu un rapport remarquable dont nous nous sommes inspirés pour vous proposer les grandes lignes d'une réforme qui vont encore faire l'objet de concertations et de discussions avec la communauté éducative.

Il s'agit d'abord de mettre en place une meilleure orientation.

Cela veut dire quoi ? Cela veut dire une orientation plus progressive, introduire le droit à l'erreur, ça veut dire une orientation qui soit plus ouverte à tous les talents, ça veut dire qu'il ne doit plus y avoir cette dictature d'une seule filière qui est la filière scientifique.

Et enfin, cela veut dire une orientation plus juste, c'est-à-dire une orientation qui ne soit pas subie.

Ensuite, nous voulons mettre en place un véritable accompagnement personnalisé.

Il se trouve que le lycée français est, de tous les systèmes d'éducation dans le monde, celui qui propose aux élèves le plus grand nombre d'heures de cours.

Grosso modo, il y a 25 % d'heures de cours en plus dans le lycée français que par rapport à l'ensemble des autres pays de l'OCDE.

Nous proposons qu'une partie de ce temps soit affecté à un accompagnement personnalisé qui permette de conduire chaque élève vers la réussite, en fonction de ses propres talents et de ses propres difficultés.

Et enfin, nous proposons un véritable plan d'urgence pour l'apprentissage des langues étrangères.

Cette réforme va faire l'objet, à partir d'aujourd'hui, d'une concertation avec la communauté éducative.

Luc Chatel la démarre aujourd'hui même.

C'est la raison d'ailleurs pour laquelle il n'est pas présent devant votre assemblée.

Nous sommes ouverts aux suggestions et aux remarques qui seront faites.

Mais je voudrais en terminer par là, il y a une chose que nous n'accepterons pas, c'est l'immobilisme, parce que nous sommes en train de parler de quoi ? Pas de notre sort à nous, mais du sort de notre jeunesse, et nous n'avons pas le droit de la laisse !