Discours politique

Marine Le Pen, Intervention de Marine LE PEN sur les Agences de notation (15/06/2010)

Monsieur le Président, chers collègues,

La nuisance des agences de notation n'est plus à démontrer. La crise des dettes souveraines vient confirmer leur nature pro-cyclique. Aveugles avant l'incendie, les agences de notation agissent comme de véritables incendiaires dans le feu de la crise.

Le règlement de la Commission de septembre 2009 est comme d'habitude resté lettre morte. Une fois de plus, les instances européennes sont contraintes d'agir dans l'urgence. Imprévoyantes qu'elles sont par nature.

Les propositions qui nous sont soumises s'étalent du maintien de la loi du marché, pervertie par les conflits d'intérêts évidents, à l'hyper-règlementation de type soviétique, chère à la Commission européenne. Nous errons de Charybde en Scylla.

La volonté récemment exprimée par M. Barroso de placer les agences de notation sous supervision de la Banque Centrale Européenne et de la Commission est purement illusoire, surtout depuis la déclaration stupéfiante de M. Jean-Claude Trichet de février 2010. Je le cite : les efforts de consolidation du bilan des banques exigent une confidentialité élevée. En d'autres termes : opacité et secret.

De toute évidence, on s'attaque aux effets et non aux causes du problème. Savoir si ce sont les investisseurs ou les émetteurs qui doivent payer les agences, si celles-ci doivent être privées ou publiques, indépendantes ou supervisées ne règle rien.

Tant que ne sera pas mis fin à la possibilité par le crédit ex nihilo d'acheter sans avoir et de vendre sans détenir, comme l'affirme Maurice Allais, le capitalisme erra de bulles en krachs toujours plus dévastateurs pour les peuples et les économies.

Il faut donc avant toute chose, interdire toute création de monnaie et de promesses à payer sans contrepartie réelle et effective. Il sera ainsi mis fin à la spéculation frénétique et irrationnelle des marchés et alors seulement, les agences de notation n'auront plus d'utilité.