Discours politique

François Fillon, F.Fillon : "nous devons garantir l’ordre public et l’Etat de droit" (14/12/2010)

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les députés,

Madame le Ministre,

Avant de répondre à votre question, je voudrais à mon tour et au nom du Gouvernement, rendre hommage aux forces de l’ordre qui ont permis l’issue heureuse de deux prises d’otages : l’une, à Besançon hier, et l’autre, ce matin, à Mulhouse.

Ma responsabilité, c’est de veiller au bon fonctionnement de nos institutions et donc au respect de la justice.

Mais ma responsabilité, c’est aussi d’essayer de comprendre ce qui a pu pousser des fonctionnaires de police et leurs organisations syndicales à manifester comme ils l’ont fait, leur désarroi et leur colère devant une décision de justice.

Nous savons tous que la situation en Seine-Saint-Denis est difficile ; nous savons tous que les forces de l’ordre y affrontent chaque jour une violence qui rend leur mission très éprouvante.

C’est dans ce contexte que sept policiers ont été condamnés pour des faits, et je veux le redire devant l’Assemblée nationale, injustifiables ! Ces faits ont d’ailleurs, et je voudrais le faire remarquer, été révélés par la hiérarchie du commissariat d’Aulnay-sous-Bois, qui a donc fait son devoir, conformément à la déontologie.

Mesdames et messieurs les députés, l’honneur de la police exige un comportement exemplaire, et je veux dire que, sur ce sujet, le Ministre de l’Intérieur, Brice HORTEFEUX, n’a jamais été complaisant, lui, qui a déclenché l’enquête de l’Inspection générale des Services sur cette affaire.

Le Parquet a fait appel de cette décision, estimant que la peine était trop sévère.

Eh bien, Madame GUIGOU, attendons ensemble, sereinement, que la justice tranche.

Mais je veux dire que, passée l’émotion, je ne peux pas admettre que des magistrats et des policiers donnent le sentiment de se dresser les uns contre les autres.

A qui profite cet affaiblissement de l’Etat ? Certainement pas aux magistrats, pas plus aux policiers, et encore moins aux citoyens.

Finalement, cela ne profite qu’aux délinquants et aux criminels.

Michel MERCIER et Brice HORTEFEUX ont toute ma confiance et celle du Président de la République pour assurer la protection de nos concitoyens.

Avec le Garde des Sceaux, je dis que le respect de la justice est un des fondements de l’Etat.

Et avec le Ministre de l’Intérieur, je dis que nous ne progresserons de manière décisive, dans la lutte contre la criminalité et la délinquance que si la chaîne pénale toute entière montre sa cohérence, ce qui n’est pas toujours le cas.

Les policiers, les magistrats, les élus de la République, c’est tous ensemble que nous devons garantir l’ordre public et l’Etat de droit.

Mesdames et messieurs les députés, la justice est rendue au nom du peuple français.

Et bien le peuple français attend que la République soit forte face à la délinquance.