Discours politique

François Fillon, François Fillon : nous avons la responsabilité de refuser la démagogie (09/03/2011)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Monsieur le député,

Les révoltes dans les pays arabes suscitent de grands espoirs, mais elles ont aussi des conséquences en termes migratoires que nous devons affronter et gérer avec humanité, mais aussi avec clarté.

Au moment où l’Egypte, au moment où la Tunisie, au moment où la Libye ont entamé une marche, qui peut être difficile, vers la démocratie et vers le progrès social, et où elles ont besoin de tous les talents de leur jeunesse, ce serait un paradoxe que d’accepter une immigration massive, non contrôlée en provenance de ces pays.

C’est la raison pour laquelle la France a demandé la réunion exceptionnelle d’un Conseil européen qui se tiendra vendredi et, parmi l’ordre du jour de ce Conseil, il y aura la réponse collective que l’Europe doit apporter à la question de la régulation de ces flux migratoires.

Il s’agit, à la fois, d’apporter des réponses en Tunisie, en Egypte, en Libye, et notamment, s’agissant de la Libye, de créer des zones humanitaires qui permettent d’accueillir les populations déplacées pour éviter qu’elles deviennent des populations immigrées, alors qu’elles ont vocation à rester dans leur pays, dans leur territoire.

Il s’agit aussi de prendre en charge collectivement avec l’ensemble des pays européens, l’accueil sur notre territoire de populations qui seraient en danger, et que notre tradition humaniste nous conduit à accueillir.

Derrière chaque migrant, il y a une destinée humaine qui doit être respectée.

Chantal Brunel a tenu des propos que nous n’approuvons pas et sur lesquels elle s’est excusée.

Mais je veux dire que je regrette que l’opposition se saisisse de ces quelques phrases pour se donner bonne conscience et pour faire des amalgames douteux.

Je sais bien que depuis quelques jours, c’est l’extrême droite qui fixe le calendrier médiatique et politique.

Eh bien cela doit cesser ! Mais pour que cela cesse, chacun doit prendre ses responsabilités.

Nous avons la responsabilité collective d’élever le débat républicain et d’engager la prochaine campagne présidentielle, projet contre projet, et pas invective contre invective.

Nous avons la responsabilité collective de refuser la démagogie, qu’elle vienne de l’extrême droite ou qu’elle vienne de l’extrême gauche.

Nous avons la responsabilité d’aborder froidement les difficultés, les angoisses que rencontrent nos concitoyens.

Mais nous avons surtout la responsabilité, Mesdames et Messieurs les députés, d’offrir à nos concitoyens une autre image de la France.

Parce qu’à force de présenter notre pays sous ses traits les plus sombres, eh bien nous condamnons les forces d’espérance qui sont nombreuses dans notre pays.