Discours politique
Christine Boutin, Discours de Christine Boutin, Présidente du Parti Chrétien-Démocrate lors du Conseil National du 2 avril 2011 (02/04/2011)
Mes chers amis,
Nous arrivons au terme de cette journée importante pour le Parti Chrétien-Démocrate et pour la France.
Notre parti aujourd'hui a vécu sa première vraie journée de responsable politique.
Je remercie tous les intervenants qui ont permis d'enrichir notre pensée, les élus qui ont témoigné de leur expérience, et ceux qui ne l'ont pas été et qui ont pris le risque de porter nos couleurs.
Je vous remercie enfin tous, pour la qualité de nos débats à l'occasion de la présentation des motions.
Il me semble que les deux se complétaient et qu'elles mettaient en avant les grands axes de ce qui sera notre projet politique ; le débat fut parfois très " tonique " et je vous en remercie, c'est le signe du dynamisme et de la liberté du PCD.
Vous avez donc voté.
La décision est maintenant prise.
Il y aura donc un candidat soutenu par le PCD à l'élection présidentielle.
Dans quel contexte cette décision importante s'inscrit t'elle ? La France est fatiguée, voire défigurée et les Français sont à bout d'espérance.
Comment en sommes-nous arrivés là ? En réalité notre pays connait une succession de crises qui nous mettent au pied du mur.
Tout d'abord crise de la pensée.
Sans nous en rendre compte, deux crises anthropologiques ont eu lieu au cours de ces cinquante dernières années.
Celle de mai 1968 et celle de la chute du mur de Berlin en 1989.
Elles nous ont conduits à un retournement complet de la pensée qui laisse le libéralisme sans vis-à vis, et les personnes seules.
Ceci a conduit à deux processus paradoxaux : le développement excessif de l'individualisme et la création de nouvelles tribus, sortes de " bandes par affinité ", où l'individu solitaire se choisit des semblables pour que la vie soit moins froide.
Ensuite crise économique et sociale.
Celle-ci a remis en cause la notion de travail qui était l'outil de reconnaissance à la fois des marxistes et des libéraux.
Le chômage s'est installé et petit à petit, ce qui devrait être un scandale national est devenu une habitude, une réalité que l'on cache un peu et dont on ne s'occupe plus vraiment.
Puis une crise politique et idéologique.
Hors de toute pensée, associée à des finalités qui nous dépassent, le but de la vie est strictement auto centré et la politique se réduit à de la gestion.
Le capitalisme s'est trouvé seul en piste, a utilisé le monde et chosifié nos rapports aux autres.
Ce fut le développement sans limite de la consommation.
La machine a peu à peu remplacé l'Homme, tandis que, pour l'écologie, le capitalisme détruisait notre monde naturel.
Enfin, une crise de la spiritualité qui s'est manifestée par une vie intérieure sans attaches ni contemplation et la difficulté pour chacun de traverser les épreuves avec les ressources vides du nihilisme.
Ces quatre crises ont eu pour conséquences de créer : un véritable culte de l'individu qui, comme le souligne Olivier Bobineau a modifié notre rapport au corps, à celui de la femme, notre rapport aux autres, notre rapport aux choses, notre rapport au temps, notre rapport à l'espace et notre rapport à Dieu.
Une des conséquences majeures est que la société n'est plus porteuse en son sein de la transmission, puisque les règles communes ont été éliminées au profit d'un individualisme exacerbé.
Aussi, une des principales questions politiques de notre temps est bien celle de savoir comment réhabiliter la transmission pour rétablir des règles partagées, redéfinir du " commun ", restaurer la confiance et redonner un véritable sens aux valeurs de la république : Liberté, Egalité, Fraternité.
La France depuis toujours, est porteuse d'Universel.
Elle a besoin maintenant d'un sursaut, d'un rebond, de moins de résignation, de davantage de libération dans la pensée et dans l'action.
Je ne suis pas de ceux qui désespèrent du présent et qui regrettent le passé.
J'affirme qu'il faut fouiller ce passé avec soin, avec sincérité, non pour le faire revivre, mais pour le connaitre et s'en servir pour construire l'avenir.
Les grands projets commencent toujours par être de grands rêves irréalistes que lentement on apprend à élaguer et à rendre réalisables avant de les rendre possibles.
C'est le chemin que le Parti Chrétien-Démocrate vient de décider aujourd'hui : Faciliter entre les Hommes la mise en commun de la connaissance, de l'invention, du silence, de l'émerveillement, accroître en chacun le rayonnement de la forme humaine en se fondant sur la mémoire, l'imagination, l'intuition, la joie, la fête, la fierté d'être français dans un monde qui bouge.
Telle est notre ambition.
L'Homme, c'est l'être qui se donne forme et qui le sait.
Et parce qu'il a ce pouvoir, il n'en a jamais fini de l'exercer sur soi et sur le monde.
Le paradoxe de la forme humaine est de s'ouvrir sans cesse au lieu de se fermer.
N'oublions pas que sans idée directrice de l'Homme, une époque malgré ses progrès, du fait qu'ils sont sans liens ni contrôles, se condamne à la barbarie.
Il faut donc réintégrer l'Homme, s'en refaire une idée, redéfinir sa place, le réinvestir de son sens et rendre à ce sens la primauté sur le pouvoir.
C'est la seule chance pour que l'Homme ne devienne pas esclave de ses moyens.
L'Homme qui devient petit à petit objet, doit redevenir sujet.
L'Homme doit s'arracher à la chosification qui le guette.
C'est pour moi la profonde intuition qu'ont nos concitoyens aujourd'hui et qui explique leur désespérance.
Il revient donc aujourd'hui au PCD de proposer le chemin à tous nos concitoyens, de choisir la primauté de l'Homme face à ce dévoiement.
L'obligation absolue aujourd'hui est de bien comprendre que toute réforme de société est aussi une réforme de l'âme humaine.
Le défaut d'appartenance, tel qu'on le ressent aujourd'hui, cause un malaise psychique profond, même lorsqu'il n'existe aucun motif matériel de se plaindre.
Ce que nous proposons à chacun de nos concitoyens, c'est de devenir partie prenante dans l'évolution sociale.
C'est pour nous une question de dignité.
Il n'est pas envisageable de penser que l'on pourra construire à partir de la table rase, une nouvelle voie, même si le choix est planétaire comme le sont ses moyens.
Comment ne pas constater que le pouvoir économique et financier broie l'Homme dans le cycle infernal de production-consommation ? l'Homme planétaire doit commencer sur lui-même un travail de double intégration dans la personne humaine, intégration dans son intelligence, sa sensibilité et son imagination, dans la variété des modes de connaissance, des expériences de l'être et des formes.
Ce n'est pas un choix contre le progrès, mais c'est le seul moyen de lui éviter démesure et désastre.
Nous devons apprendre à créer ensemble, dans une égalité d'invention où l'âge ne compte pas.
Vous le voyez, il ne s'agit ni plus ni moins, que d'un changement copernicien de nos habitudes de pensée.
Nous, Français, nous avons une conviction, c'est que la France n'est pas une petite partie d'un " grand tout " qui nous écrase et nous dépouille de notre histoire.
Nous avons une conviction, c'est que 2012 sera une date importante pour notre pays.
Nous ne pouvons plus attendre.
Non pas pour obéir à quelques oukases de la pensée unique qui nous conduisent à la culture de l'impuissance ; Non pas parce que nous serions simplement pressés d'agir ; Non pas parce que le goût de la politique nous ferait courir à chaque élection sans regarder le contexte et les risques qu'il implique.
Nous ne pouvons plus attendre parce que la France est fatiguée et que les Français sont à bout de souffle.
Alors, regardons l'offre politique actuelle dans notre pays.
A gauche, c'est le vide complet.
Après cinq ans d'opposition, aucune remise en question.
C'est la course au positionnement, en attendant Godot, ou plutôt en espérant qu'un certain Directeur Général du FMI ne puisse pas y faire de second mandat pour trouver finalement goût à un labourage en profondeur des provinces Ceux qui attendent un Mendès-France ou un Rocard peuvent se consoler tout de suite.
La gauche morale n'est pas à l'ordre du jour.
C'est la gauche financière que l'on nous annonce.
Pas la gauche de Péguy, de Jaurès ou même de Mitterrand.
Non, c'est la gauche milliardaire, (ce qui n'exclut pas l'intelligence), la gauche globalisée (on est loin de l'église de village et de " la Force tranquille "!), celle dont Philippe Muray décrit si bien les limites de la créativité lorsqu'il évoque les " nouveaux métiers " compassionnels créés pour assurer la gestion du pays.
Il est vrai qu'il est facile de faire rire sur la gauche lorsque l'on reprend Muray à son compte.
Mais là où Ségolène Royal proposait de raccompagner les femmes policières chez elles le soir, on peut penser que Dominique Strauss- Kahn proposera un nouveau barème d'imposition, des dégrèvements fiscaux originaux et François Hollande un plan triennal de stabilisation des comptes.
Rien que de très classique, le tout étant souvent patiné d'un modernisme, revendiqué : entendez, une volonté farouche de mettre de l'individualisme là où il y a avait de la communauté, du contrat, là où l'on se trouvait dans le champ de l'alliance.
A ce stade, il y a donc peu de choses à attendre d'une gauche, qui n'a plus grand-chose de française, pour répondre à nos défis.
Cette gauche n'a pas grand-chose à dire à notre pays, car elle est devenue libérale et même libertaire et que les ratios qu'elle va nous promettre sont sans histoire humaine et les crédits d'impôts pas davantage.
Et à droite me direz-vous ? Les propos vont devenir délicats...
Vous savez quel fut mon enthousiasme en 2007.
Sarkozyste de raison et sur le tard, j'ai suivi sa campagne avec coeur et passion.
Je dois même avouer ici, avoir versé quelques larmes lors du discours de Périgueux sur le Travail, celui de Rouen sur Jeanne d'Arc et bien sûr, celui d'investiture le 14 janvier 2007.
Je dois à la vérité aussi de reconnaitre que son énergie et son dynamisme nous furent utiles pour traverser des crises sans précédent.
Bien des réformes furent engagées, nous n'y étions plus habitués..., et certaines furent même menées à bien et je ne regrette pas d'avoir aidé Nicolas Sarkozy à réformer le pays.
Plus important encore, nous pouvons constater que sur des points fondamentaux, il y a loin entre les craintes que nous pouvions avoir initialement et le résultat final.
Point de mère porteuse, point d'euthanasie, point de statut du beau-parent, point d'adoption pour les couples homosexuels...
malgré des soutiens bien ancrés dans l'actuelle majorité présidentielle.
Les sujets sociétaux sont aujourd'hui abordés de manière bien plus prudente que prévue.
Et nous ne pouvons que nous en réjouir, même si je suis convaincue que le PCD a joué un rôle très important dans sa responsabilité d'influence et de vigilance sur ses sujets.
Mais que nous le voulions ou non, la rupture entre les Français et Nicolas Sarkozy est profonde.
Sa capacité à être un excellent candidat est sans doute intacte.
Mais il est aujourd'hui dans l'incapacité à porter les trois axes forts des attentes des Français : Je veux dire premièrement, retrouver le sens de l'universel et de l'unité sur des valeurs fondatrices de la France et fort mis à mal aujourd'hui.
Deuxièmement, construire un modèle de société non pas fondé sur le culte de l'argent mais sur une forme de réussite dont la gratuité et le don ne sont pas exclus et où chacun peut vivre.
Troisièmement, redonner ses lettres de noblesse à la politique actuellement tellement décrédibilisée et dont pourtant les Français sont par nature, si passionnés.
En effet, que constatons-nous aujourd'hui ? Le show permanent où l'on passe d'une annonce à une autre, de la séquence pèlerinage à la séquence Fouquets, de la séquence " bling bling " à la séquence je suis un homme de culture, la désacralisation de la fonction présidentielle, tout cela est devenu insupportable aux Français.
Dans l'histoire des familles politiques en France, il faut reconnaitre que la droite est diverse, rassemblant les libéraux, les gaullistes de gauche, les progressistes de droite, les démocrates chrétiens eurosceptiques.
Il serait donc excessivement dangereux et irresponsable qu'elle ne soit représentée que par un seul candidat pour porter les valeurs de la droite et du centre.
Et si la France cherchait en 2007 un homme énergique et de rupture, elle ne regardera pas l'échéance de 2012 sans avoir les yeux ouverts et la mémoire vive.
C'est dans ce sens que s'inscrit la pertinence d'une candidature soutenue par le Parti Chrétien-Démocrate.
L'élection présidentielle doit redonner du souffle, de l'espérance et tracer un chemin.
Les Français aiment les débats, les joutes de fond, pourquoi le leur interdire ? Les confrontations d'idées permettent de progresser dans les réponses à donner.
Ne tombons pas dans le piège de votes obligatoires ou d'instauration d'un vote " utile " comme alpha et oméga de la philosophie politique.
L'élection présidentielle est à deux tours.
Le premier permet la confrontation des projets et le deuxième le choix.
C'est une question de démocratie, excusez-moi du peu.
Ne rêvons pas : Dominique de Villepin, malgré ses qualités, restera le candidat de la querelle personnelle.
Nicolas Sarkozy, malgré son génie occasionnel, restera un libéral influencé par les sondages.
Je ne vois là aucun panache blanc pour un point de ralliement obligatoire.
Quant au Front National, il augmente lorsque la droite et la gauche ne se distinguent plus, quand le politique n'est plus crédible, quand le politique préfère la démagogie à la pédagogie.
Ou autrement dit quand le politique préfère le mensonge à la vérité.
Quand le politique n'a plus de projet, quand le politique ne propose plus un chemin.
Dans ces conditions, la responsabilité de chaque famille politique est posée.
Pour nous les choses sont claires : nous portons des valeurs qui ont enrichi la France avec les chrétiens sociaux du 19ème siècle ; nous portons des valeurs qui ont apaisé la France et l'Europe avec les démocrates-chrétiens du 20ème Nous voulons porter ces valeurs pour le 21ème siècle ; parce que ces valeurs sont fondamentales ; qu'elles correspondent pleinement aux adaptations nécessaires pour notre pays dans le cadre de la mondialisation et aussi parce que ces valeurs répondent à la désespérance qui fait la triste marque de fabrique de la France actuelle.
Au PCD, nul ne peut contester que nous sommes bien placés pour proposer des valeurs fortes.
Ce qui doit être dit aux Français correspond à la seule réponse qui vaille aux abstentionnistes.
Les Français vibrent lorsqu'ils portent une parole, pas des discours.
Les Français sont créatifs lorsqu'ils ouvrent un chemin, pas en détaillant des solutions ; Les Français sont heureux lorsqu'ils communiquent avec les autres, lorsque le monde les écoute et les imite mais aussi les corrige ou les enrichit, pas lorsqu'ils se referment dans un bunker hypothétique et pathétique.
Les Français veulent incarner une nouvelle façon d'être qui soit celle du 21ème siècle, et non se bloquer à telle ou telle époque censée être idéale ; Les Français veulent donner, mettre du coeur à l'ouvrage, créer, et non tout réglementer, tout surveiller et encadrer, tout centraliser et administrer.
Nous proposerons un chemin qui conduira vers une société généreuse avec elle-même et avec les autres et une société du possible.
Il conduira à respecter les inconditionnels de la dignité humaine.
Ce qui veut dire pour chacun, d'être capable de choisir, de travailler et de se reposer de son travail, de bien se nourrir, d'avoir accès à des soins de santé, d'avoir des loisirs, de se cultiver et d'apprendre, d'avoir un héritage et de laisser un héritage, de prospérer et de vivre et non de survivre, d'aider les autres, d'avoir une famille, d'entreprendre...
Pour cela, la motion que vous avez adoptée donne quelques pistes de notre projet .
Poser les bases d'un pacte social fondateur par une fiscalité simplifiée et équitable et une nouvelle répartition des richesses, grâce à l'instauration d'un Dividende Universel.
Redonner ses lettres de noblesse au politique par un septennat non renouvelable et l'instauration d'une part de proportionnelle pour les législatives.
Recréer un creuset d'unité nationale par l'affirmation claire dans les textes européens de nos racines judéo Faire participer la société civile par un appel au referendum pour trancher sur les questions de société.
Nous aurons donc un candidat à l'élection présidentielle et tout commence aujourd'hui.
Tout d'abord, vis-à-vis de l'UMP.
Nous avons décidé de prendre notre autonomie de fonctionnement.
Il n'est plus possible de laisser penser que nous sommes inféodés à un partenaire qui ne tient plus ses engagements à notre égard, qui fait le choix de la politique de la terre brûlée, qui garde un fonctionnement uniformisant où la pauvreté des propositions s'accompagne chaque jour davantage d'une course à l'échalote pour être dans le buzz...
Au plan européen.
A la fin du mois d'avril, je rencontrerai le Commissaire Dalli pour lui remettre les pétitions réunies pour dénoncer ce fameux agenda européen qui résume si bien la crise de notre projet européen ; Pensez donc : Trois millions d'agenda pour faire connaitre aux lycéens notre culture.
Il y avait tout : les fêtes juives et musulmanes, les sikhs et les hindoues...; mais pas les fêtes chrétiennes ! Ce déni incroyable est révélateur d'une Europe dont nous ne voulons plus.
Mais cette pétition ne suffit pas ; tout comme il est assez critiquable de parler sans cesse de " L'Europe des clochers " mais de ne rien faire pour la valoriser autrement que dans les discours...
J'interrogeai il y a peu le Professeur Rémi Brague sur ce point : sa réponse fut très claire " on ne construit pas un terrain d'entente avec d'autres religions sans dire ses propres racines et leurs valeurs symboliques.
Si l'Europe doute d'elle-même et ne se reproduit pas c'est d'abord à cause de ce mensonge sur elle-même ".
Je dois vous dire ma détermination à faire changer l'Europe.
Pour un parti comme le nôtre, qui revendique d'être l'héritier de Robert Schuman, l'évolution actuelle est misérable et inqualifiable.
Lorsque l'on pense à la prière des Pères de l'Europe rassemblés à la cathédrale de Strasbourg pour porter leur projet de mette les 12 étoiles de la vierge Marie sur le fond bleu du drapeau européen, et que l'on constate aujourd'hui cette tour de Babel, temple du lobbying qu'est devenu l'Europe on ne peut pas simplement avoir un pincement au coeur.
On doit avoir profondément un sentiment de révolte.
Qu'un si beau projet soit si profondément dévoyé, voilà un objet d'indignation légitime ! Nous avons-nous Français un devoir moral d'action.
Car c'est la France, par son Président de l'époque, qui a refusé que les racines de nos peuples européens soient nommées précisément.
Ce choix de déni doit trouver sa fin, et c'est à la France de mener ce combat.
Depuis peu de temps une nouvelle procédure existe.
Il s'agit de l'initiative citoyenne qui consiste à saisir la commission européenne pour que soit adopté un texte législatif nouveau.
Cette demande, pour être débattue, doit émaner de 1 000 000 citoyens des 27 pays européens, ou au minimum de 7 de ces pays.
Le PCD a l'ambition de faire que la première initiative citoyenne qui aboutisse soit celle que nous avons lancé : faire adopter un texte européen officiel qui précise cette simple phrase : " Les peuples rassemblés au sein de l'Union Européenne se reconnaissent héritiers, notamment, des civilisations gréco-romaines, des valeurs judéo-chrétiennes et de l'humanisme laïc " C'est notre projet européen qui est présenté ici : non pas ajouter de nouvelles réglementations, non pas revenir sur des modifications permanentes des procédures de décisions, mais commencer par clarifier une histoire et ainsi clarifier notre avenir.
Ce serait un formidable pied de nez si la mobilisation citoyenne pouvait réussir là où la technocratie européenne avait trouvé un allié circonstanciel dans la lâcheté politique française...
une belle manière de retrouver un élan qui soit pleinement en phase avec le souffle initial d'un Robert Schuman ! Au plan politique et national, je suis heureuse de vous annoncer que le PCD engage aujourd'hui des rapprochements avec d'autres formations politiques, qui considèrent comme lui que la période que nous traversons nous invite à nous parler, voire à envisager de faire un " bout de chemin " ensemble.
Vous connaissez le CNIP : Centre National des Indépendants et Paysans.
Parti de convictions, créé en 1949, il est le plus ancien parti de la droite française.
Présidé aujourd'hui par Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet, il s'est récemment tourné vers le PCD, et je suis heureuse de saluer Bruno North - Secrétaire Général et Président de la fédération de Paris.
Le PCD et le CNIP, par la voix de leurs Bureaux politiques respectifs, ont fait le choix de conjuguer leurs forces et de préparer ensemble les prochaines échéances électorales : sénatoriale, présidentielle et législative.
En voici un, mais il y en a un second : On dit souvent que les paysans et les écologistes ne font pas bon ménage.
Au PCD, nous n'aimons pas réduire les personnes à leurs étiquettes et je suis heureuse de vous annoncer que le PCD envisage également de coopérer avec France Ecologie, dont je salue la Présidente, Isabelle Jacono et le Vice-président, Dominique Julien La Bruyère, qui nous ont rejoints également aujourd'hui.
L'écologie ne saurait se réduire aux quelques écolos libertaires qui ont accaparé l'espace politique écologiste et dont vous savez qu'ils sont nos adversaires déclarés.
Nous ne sommes pas de ceux qui croient que l'homme doit se flageller et disparaître pour que la planète survive.
Nous pensons que l'homme, responsable, doit prendre soin de la nature pour le bien de tous.
Il se trouve que d'autres partagent ce regard : unissons donc nos efforts pour faire entendre ensemble nos voix.
Je me réjouis sincèrement de ces deux premiers pas.
Tout est à construire, mais la volonté est là : dans cette période de trouble et de recompositions, le PCD se propose de fédérer les intelligences et les énergies.
Nous sommes différents, c'est une évidence.
Mais sachons faire de ces différences une richesse pour que dans ce " moment " particulier que traverse notre pays, nous donnions envie à d'autres de se retrousser les manches et de nous rejoindre, car il y a urgence.
Mes chers amis, Le temps n'est plus au travail dans l'ombre ; il est dans les rues, dans les cages d'escalier, sur les places publiques, dans les lieux de vie et sur les estrades : le temps de l'action politique est venu.
Le temps n'est plus aux arrangements, à la soumission aux sondages, au respect des mots d'ordre, le temps de la parole est venu ! Le temps n'est plus aux discussions, à l'attente où l'on observe le positionnement des uns et des autres.
Le temps de la construction d'un élan est venu.
Nous, chrétiens-démocrates, nous sommes porteurs d'un message pour les Français ; Nous, citoyens français, nous sommes porteurs d'un projet pour la France dans le monde ; Nous, rassemblés aujourd'hui et demain pour cette campagne décisive, nous sommes porteurs d'une parole libre, d'une parole cohérente, d'une parole courageuse à partager et à faire connaître.
Aujourd'hui nous passons dans une phase décisive qui doit nous mener en 2012 à peser de toutes nos forces sur les choix du 2ème tour.
Nous sommes porteurs de valeurs incontournables pour construire une France qui retrouve le goût d'elle-même pour que les Français retrouvent le goût des autres.
Ces valeurs doivent être portées pour qu'elles soient au coeur du choix de 2012.
Les institutions françaises donnent au premier tour l'occasion de propositions et de votes d'enthousiasme.
Les votes de résignation ou par défaut sont dévastateurs pour l'esprit public et pour notre dynamisme national, ils ne font que favoriser les votes de rejet et de défiance.
Notre contribution à la reconstruction d'une espérance politique en France commence aujourd'hui ! Les résultats des élections cantonales en sont l'exemple concret.
Nous avons une conviction, c'est que la France est certes un petit pays à l'échelle du monde mais une grande Nation avec un héritage et des responsabilités.
Des responsabilités envers elle-même, envers les autres en Europe, envers les autres dans le monde.
Nous avons une certitude, c'est que 2012 sera une date très importante pour notre pays.
Nous avons une intuition, c'est que la France est prête à renouer avec les valeurs immuables qui ont fait son identité, sa richesse et son rayonnement.
Nous avons un atout, celui que les Français aient aujourd'hui de nouveau soif d'un projet de société généreux et universel, qui les réconcilie avec eux-mêmes, avec leur histoire, avec les autres et avec leur temps.
Nous avons une chance, c'est que le 21è siècle qui s'ouvre, soit aussi riche.
Riche de Femmes et d'Hommes du monde entier.
Jamais la terre n'a été aussi peuplée. Riche d'échanges.
Jamais le Monde n'a été aussi accessible autant interconnecté, aussi petit. Notre monde est devenu un village mondial.
Riche de possibilités pour que nos valeurs, notre culture, notre économie, notre modèle social, nos technologies, notre génie français, s'enrichissent et s'exportent.
Nous avons dès lors une intention implacable, un grand espoir et une immense ambition.
Il s'agit de construire un projet de société qui résonne avec les couches profondes de notre identité, qui provoque un immense impact, qui restaure la prospérité pour tous, qui soit un exemple pour les autres nations.
Pour y parvenir, nous croyons dans l'idée que nous devons redécouvrir les valeurs judéo-chrétiennes de notre héritage, renforcer les structures laïques et républicaines de notre Etat.
Nous devons nous attacher à identifier les richesses humaines de notre génération et les laisser émerger.
Les valeurs judéo-chrétiennes aideront pour le renouvellement des consciences individuelles et la définition positive de notre identité.
Les structures laïques et républicaines serviront le déploiement de ces valeurs et le renouvellement du fonctionnement de l'Etat.
Nous ne pouvons plus attendre quand le Médiateur de la République évoque " une société française psychiquement fatiguée, en grande tension nerveuse ".
Nous ne voulons plus attendre quand la richesse de la France a doublé en trente ans, quand elle est parvenue à garder sa très enviée cinquième place dans une économie mondiale...
tandis que la pauvreté augmente, que les classes moyennes luttent pour ne pas sombrer dans le déclassement social.
Nous ne pouvons plus attendre quand la confusion est telle que la société française perd confiance en ses Quand la France vacille sur ses fondements idéologiques et cherche la faute dans l'autre, l'étranger.
Quand une proportion grandissante de Français est sur le point de succomber à la tentation des mensonges grossiers, du populisme et des idéologies mortifères des extrêmes.
Nous sommes à un carrefour de notre histoire.
Le PCD propose un chemin.
Un chemin au cours duquel nous confondrons la confusion.
Un chemin vers une société généreuse.
Un chemin vers une société du possible.
Vive la République, Vive la France