Discours politique

Nicolas Sarkozy, (24/05/2011)

Vous savez, les internautes quand ils se méfient, quand ils ont peur, ils ressemblent à tous les citoyens qui, par définition devant toute initiative, expriment une réticence. L'un des premiers problèmes de nos sociétés démocratiques, c'est le manque de confiance. Mais si je devais en tant que chef d'Etat ne prendre des initiatives que quand les gens sont contents, que quand les gens sont confiants, franchement, je peux rester couché toute la journée, quel que soit le domaine et spécialement avec ce nouveau monde qui est Internet. Je pensais qu'il fallait vaincre ce mur artificiel de la méfiance. Il ne peut pas y avoir d'un côté la société virtuelle, de l'autre la société réelle. Ce sont les mêmes acteurs qui, à des moments différents de leur vie, s'expriment sur la toile où dans la vie réelle et je me suis dit : « on a des choses à discuter entre nous ».

Au moment où votre évolution arrive à maturité, quels sont les dispositifs dont vous avez besoin pour être encouragé, quelle fiscalité, quelles règles minimum êtes-vous prêts à accepter ou à refuser ? La question moi qui me passionne, celle de la liberté de création - vous êtes des créateurs -, comment on la rémunère ? La question de la propriété intellectuelle, comment on fait ? La question des monopoles, comment on la règle ? C'est à Maurice LEVY, si les chefs d'Etat restent dans leur club à discuter entre eux ayant comme expérience de l'Internet, en général, l'expérience de la campagne électorale ? Là vous êtes en risque maximum.

Si l'on se rapproche, si on vous écoute, si on essaie de comprendre comme j'ai essayé de le faire en France de me rapprocher de ce monde que je connaissais si mal et en tout cas de l'extérieur, tout d'un coup je vois des entrepreneurs qui ressemblent à d'autres entrepreneurs, je vois des femmes et des hommes qui sont des créateurs, qui ne sont pas des hors la loi, qui créent de la croissance et qui ont envie de vivre dans un monde avec des valeurs qui sont des valeurs universelles. Pourquoi se méfier ? Quel risque prenons-nous ? Vous croyez que chacun perdra son identité parce qu'il est venu s'exprimer avec des chefs d'Etat et de gouvernement ? Au contraire, toute révolution à la première étape de sa maturité a besoin, comme la personne qui creuse un tunnel, de l'étayer, de la consolider, de l'installer pour préparer la seconde étape. Au-delà des soucis d'image, je pensais qu'il n'y avait aucun risque à prendre cette initiative. Cela n'a pas été si simple d'obtenir que les chefs d'Etat et de gouvernement dégagent du temps pour parler d'Internet alors que nous avons le Japon et la crise nucléaire sans précédent, que nous avons les révolutions arabes, que nous avons les crises financières, que nous avons la croissance mondiale à conforter, que nous avons tant de sujets à évoquer. Et pourtant, je pensais que c'était une reconnaissance pour vous, de votre importance et de votre influence, et que l'on ne se trompe jamais lorsque l'on fait appel à la responsabilité de ses partenaires alors qu'en vérité, je n'ai pas beaucoup été impressionné par les réactions de méfiance, cela m'a au contraire incité à confirmer l'organisation de ce e-G8.

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Bon, ce n'est pas une question facile parce que d'abord, pour vous dire la vérité, on a essayé de ne pas être dépassés. On a essayé de comprendre ce qui se passait. L'étendue colossale des changements dans le rapport avec le consommateur et dans le rapport avec le citoyen. Alors il y a deux choses qui sont assez faciles à faire -- enfin assez faciles, classiques en tout cas -- l'investissement dans les infrastructures du numérique. Pour la France nous avons décidé de mettre 4.5 milliards d'euros parce que sans ces infrastructures, quelle que soit l'ingéniosité qui est la vôtre, il n'y a pas de contact possible entre des millions d'internautes et vous. Deuxième élément, nous avons décidé de renforcer considérablement notre système de formation, cela me permet de vous dire que, pour la première fois dans notre histoire, nos universités sont maintenant autonomes. Infrastructures et formation, nous investissons sans compter dans ces deux domaines.

Mais cela va beaucoup plus loin parce que l'arrivée du numérique nous impose de nouveaux comportements. Je ne prendrai qu'un seul exemple, celui de la transparence. Cela fait longtemps que je pense que dans la gestion des États, il n'y a plus de secrets, tout se sait. Mais avec Internet, tout se sait immédiatement. Et cela change pour nous de façon considérable la gestion de nos États et de nos gouvernements. Je veux dire par là que notre réactivité a dû s'accélérer de manière colossale, parce que toute décision est immédiatement mondiale, toute polémique est immédiatement mondiale, tout engagement économique a des conséquences dans tous les pays. Je suis persuadé qu'un chef d'État qui était chef d'État il y a dix ans et qui redeviendrait chef d'État aujourd'hui, ne reconnaitrait pas le pupitre pour diriger un État.

Enfin, et c'est tout le but de nos rencontres, nous essayons de profiter du potentiel de croissance exponentiel que vous représentez. Au fond, on essaye de ne prendre aucune mesure qui pourrait tarir cette croissance et de s'inspirer des dispositifs qui ont permis cette croissance. On n'est pas encore au bout. Et je crois que pour tous mes collègues chefs d'État et de gouvernement, c'est la même chose, on est en écoute, on est en alerte, on hésite sur des décisions à prendre.

Par exemple en France, nous avons décidé la création d'un Conseil National du Numérique, je me suis engagé avec les principaux acteurs du Net en France à ce que le Gouvernement ne prenne aucune décision sans solliciter leur avis. Alors on peut être en désaccord, mais au préalable, ils donneront leur avis et, en échange, eux se sont engagés à jouer le jeu du dialogue et de la responsabilité. Donc je suis incapable de répondre définitivement à votre question, peut-être dans un an, je pourrai répondre de façon plus précise encore. Là, vraiment on est dans le domaine de la découverte réciproque. On voit ces deux mondes, on essaye de les faire converger sans perdre votre jeunesse, sans perdre votre exponentialité, sans perdre votre dynamisme et en même temps en vous faisant comprendre que vous ne pouvez pas vous exonérer - comment dire ? Je sais que le mot n'est pas populaire chez vous -, de valeurs minimum ou de règles minimum. Voilà, c'est cela le point de rencontre et le point d'équilibre qu'on a va essayer de trouver. C'est vraiment garder tout ce que vous nous apportez, garder tout ce que vous apportez et en même temps, comprendre qu'il y a un socle minimum de valeurs, de règles qui ne doivent pas empêcher votre développement mais qui permettront que nous continuions ensemble vers des taux de croissance bien supérieurs.

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Merci de me poser cette question. Juste un point de désaccord. Je ne pense pas que cela a commencé avec la Tunisie. N'oublions pas les internautes iraniens. Ce n'est pas parce que cela n'a pas marché. Comprenez-moi, ce n'est pas parce que la révolution par l'Internet en Iran n'a malheureusement pas abouti au départ de M. AHMADINEJAD, mais c'est eux qui ont commencé. Le rôle de l'Internet en Iran a été considérable. Et je souhaite qu'un jour, les Iraniens aient le droit eux aussi à vivre librement.

Deuxièmement, l'Internet libre. Eh bien maintenant c'est clair, c'est un critère pour savoir si on est face à une démocratie ou une dictature. De ce point de vue, c'est le signe avancé de la dictature ou le signe avancé de la démocratie. Internet est libre ou Internet ne l'est pas ? C'est la ligne de partage. Et tous ceux qui ont voulu enfermer l'Internet de leur pays se sont rangés dans le camp des dictateurs.

Vous dites que l'on n'en a pas fait assez, c'est votre droit de le penser. Moi je vais vous parler très franchement, la Révolution de Jasmin, la révolution tunisienne, on a été surpris quand elle est arrivée, je le reconnais bien volontiers. J'ai du mal à savoir dans le monde, qui n'a pas été surpris. Je n'en tire pas prétexte pour m'en exonérer mais nous en avons tiré un certain nombre de conclusions et nous avons changé la politique de la France en la matière. Jusqu'à présent, disons les choses comme elles sont, gauche ou droite, toute la politique étrangère était organisée autour d'un mot, le mot « stabilité ». Et au nom de la stabilité on préférait deux Allemagnes au lieu d'une, au nom de la stabilité, 80 millions d'européens se sont trouvés derrière le mur de Berlin ; et au nom de la stabilité, on a toléré des dictatures. Les choses ont changé parce que le peuple, les peuples arabes se sont pris en main. Et cela a beaucoup compté, voyez-vous, dans la décision que j'ai prise d'intervenir en Côte d'Ivoire pour que la volonté des Ivoiriens, démocratique, triomphe ; d'intervenir en Libye, parce que si nous n'étions pas intervenus en Libye, Benghazi se trouvait massacrée par un tyran. La situation en Syrie est inacceptable

Et donc désormais, l'Internet est devenu l'échelle de crédibilité d'une démocratie ou l'échelle de honte d'une dictature. Nous ne sommes qu'au début d'un phénomène, mais cela ne fera que croître et embellir et je pense que des dictateurs qui voudront museler un peuple, maintenant avec Internet, ils ne pourront plus le faire dans le silence de la communauté internationale. Les choses ont changé de façon beaucoup plus profonde qu'on ne l'imagine. Et croyez bien que j'en suis conscient et cela a beaucoup compté dans notre décision d'intervenir en Libye, qui n'était pas une décision très facile.

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C'est tout simple, parce que je ne crois pas à des règles minimum de dimension nationale. Il y aurait quand même une contradiction, Mademoiselle, extraordinaire, de dire qu'Internet abolit les frontières, qu'Internet abolit les territoires, qu'Internet élargit l'espace ; et continuer à faire comme si les législations, les règles, les valeurs n'étaient que nationales. Et je me suis dit au fond, Internet est très puissant dans les économies les plus puissantes. Qu'est-ce que le G8 ? Ce sont, mis à part la Chine, les plus grandes économies du monde. Est-ce qu'on ne pourrait pas essayer d'harmoniser nos propositions entre Internet et nous dans une dimension internationale et pas simplement dans une dimension nationale ? Que veut dire une règlementation nationale ou une discussion nationale sur un Internet qui n'a pas de frontières ? Cela n'a pas de sens. Et j'espère commencer par le G8, un jour aller au G20 et enfin aboutir à l'Assemblée générale des Nations Unies car c'est un phénomène mondial. Donc valeur mondiale, socle de règles au niveau mondial, sinon cela n'a pas de sens. Voilà pourquoi, j'ai souhaité le G8.

Je trouvais que pour nous, chefs d'Etat et de gouvernements, cela nous faisait du bien d'être confrontés à votre monde. Cela peut rajeunir certains qui en auraient besoin, cela met un peut de piment et cela change. Je pense que les chefs d'Etat et de gouvernements, voyez-vous, doivent parler à l'avenir pas simplement au passé. Nous sommes porteurs de l'histoire de nos pays, nos pays ne sont pas des pages blanches et que nous le voulions ou non, nous nous inscrivons dans un processus historique. Mais on parle très souvent du passé, on parle souvent du présent et pas assez de l'avenir et vous êtes l'avenir. J'ai voulu qu'il y ait cette rencontre entre l'avenir et les chefs d'Etat du présent, alors il y en a certains qui m'ont dit : « ils vont croire que tu veux les contrôler ». Est-ce que vous imaginez que je pense que c'est possible ? Cela n'a pas de sens et, en même temps, je pense que pour vous, c'est important d'être entendus, d'être écoutés, parce que dans beaucoup de ceux que j'ai rencontrés, il y a la crainte que par maladresse ou par méconnaissance, on prenne des décisions qui compliquent, voir qui puissent tuer le travail de vos entreprises. Donc il y avait cette dimension mondiale et puis cette envie d'échanger, de se conforter, de voir si on pouvait avoir un langage commun. Je crois que c'était vraiment utile, d'ailleurs votre présence nombreuse en témoigne, mais l'intérêt de mes collègues, ils m'ont tous dit : « mais alors, comme cela va se passer ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Qu'est-ce l'on va dire ? J'ai dit : « on verra bien ». Il ne faut pas que tout soit joué d'avance, il faut laisser un peu de vie aussi.

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Honnêtement ce n'est pas très difficile de répondre à cette question. Ne pas vous nuire, mais bien sûr, pourquoi voudriez-vous que l'on vous nuise ? Vous êtes un potentiel de croissance, de connaissance extraordinaire. J'aime votre expression « le 8ème continent », mais qu'est-ce que vous entendez par nuire ? Vraiment, je veillerai à cela.

Mais est-ce qu'évoquer la question de la sécurité face au terrorisme, c'est vous nuire ? Est-ce que vous dites : « vous êtes des créateurs, ce que vous avez créé doit être respecté, mais respecte aussi les autres créateurs », est-ce que c'est vous nuire ? Dire : « vous avez voulu que ce 8ème continent soit le continent de la liberté et de l'ouverture, attention à ne pas susciter de nouveaux monopoles », est-ce que c'est vous nuire ? Dire : « il y a des valeurs universelles sacrées, par exemple la protection d'un enfant face aux turpitudes de certains adultes », est-ce que parler de cela, c'est vous nuire ? Moi je ne crois pas.

Je crois que ce qui serait vous nuire, c'est de ne pas reconnaître en vous les gens responsables, compétents, intelligents, citoyens, citoyens du monde, mais citoyens et responsables. Ce qui serait vous nuire, ce serait de refuser même d'évoquer le problème de peur que vous ne le compreniez pas. Moi je pense que vous qui avez si bien compris l'avenir, vous êtes capables de comprendre cela. Donc si vous voulez que je fasse le serment de ne pas vous nuire, il n'y a pas de problème. Je peux même vous dire que vous êtes sympathiques, que je préfère le soleil à la pluie, que je préfère les entreprises qui gagnent de l'argent à celles qui en perdent, qu'il fait bon vivre ici. Demandez-moi des engagements plus forts.

Ce que je peux vous dire, c'est que et je suis persuadé que pour mes collègues chefs d'Etat et de gouvernements, c'est la même chose, on a parfaitement conscience de la puissance que représente Internet et en même temps de la fragilité de cet écosystème. Et qu'il ne faut pas prendre des mesures qui compliqueraient le développement de ce système, ça oui. Et je pense qu'avec les meilleures intentions on pourrait faire cela. Donc il faut faire attention. Je pense que dans ce marché que vous créez, qui n'est pas encore stabilisé, il faut vraiment faire attention avant de prendre des décisions. Je pense que le terme de réglementation définitive est totalement inadapté à votre secteur. Que l'on doit évoluer avec beaucoup de pragmatisme, d'expérience, que l'on doit choisir plutôt de ne rien faire que de faire mal, dans un secteur aussi en croissance et donc instable. Voilà le serment que je serais prêt à prendre et d'ailleurs vous, en venant, c'est quand même plutôt un bon signe, parce que si vous pensiez que cela n'avait pas d'intérêt, vous ne seriez pas venus. Je crois vraiment que c'est très important que l'on continue à dialoguer et à se respecter et ce que l'on a envie nous, les chefs d'Etat et de gouvernement, c'est de ne pas faire d'erreur dans ce monde qui est le vôtre, en construction et extrêmement sensible, extrêmement fragile, extrêmement puissant en même temps, de façon à ne pas le déstabiliser.

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Vous savez aujourd'hui moi, en tant que chef d'Etat, mon équipe passe plus de temps à savoir ce qui se dit sur le web, qu'à savoir ce qui se dit dans la presse. C'est un changement considérable. Jusqu'à présent, la première fois où j'ai été ministre, on attendait, on dit en France la sortie d'un grand journal du soir pour savoir ce qui se disait. Maintenant le grand journal du soir, c'est le vôtre et il est à chaque seconde, il est à 3h00 du matin, il est jour et nuit, il n'y a plus de dimanche, il n'y a plus de week-end. Il n'y a même plus de 1er mai en France, où il n'y a pas de presse, mais il y a toujours Internet. Cela a complètement changé les choses et par ailleurs - et c'est une bonne évolution -, cela conduit à ce que chaque pays fassent moins de nombrilisme, moins de narcissisme national, parce que les informations sont partagées au niveau mondial. Pour nous c'est un changement absolument considérable, mais qui n'est pas arrivé à son terme, pour vous dire qu'on essaye de comprendre, on essaye de s'adapter, on essaye d'avoir le moins de retard possible. Je crois que face à cela, il faut beaucoup d'humilité et que les évolutions ne sont pas encore arrivées à leur terme.

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Le continent africain aura 2 milliards d'habitants dans 30 ou 40 ans. Sur les 2 milliards d'habitants, il y en a plus de 70% qui auront moins de 20 ans. L'Afrique c'est la jeunesse du monde. Qui serait assez fou pour penser que les jeunes Africains ne seraient pas les premiers à vouloir développer Internet ? Vous pouvez compter sur nous, je leur dirai, ils le savent d'ailleurs. De la même façon, je vais vous dire une chose, en Afrique comme ailleurs, les vieux réflexes c'est fini. Personne ne peut contrôler ou arrêter Internet, alors il restera peut-être la Corée du Nord pendant encore quelque temps, avec un insensé qui transforme son pays en Moyen-Age. Mais l'Afrique, c'est 12 kilomètres de l'Europe par le détroit de Gibraltar. L'Internet va s'y répandre comme une trainée de poudre et avec l'Internet, l'aspiration à la croissance, l'aspiration à la connaissance, l'aspiration à la démocratie. Ceux qui voudront empêcher cela seront balayés, c'est ma conviction absolue. J'ajoute que pour le développement de l'Afrique et notamment pour tous ces enfants qui ont besoin de formation, le vecteur de diffusion de la connaissance pour les enseignants africains que représente le net est absolument colossal. Ne doutez pas une minute de la puissance de la révolution qui en marche.

Enfin Mesdames et Messieurs, avant de vous quitter, je voudrais vous dire combien je suis sensible au fait que vous ayez accepté cette rencontre. Ce n'était pas facile pour nous de nous ouvrir, mais je suppose que ce n'était pas facile pour vous d'accepter cette invitation et de jouer cette carte. On essaiera de faire en sorte que personne ne soit déçu.