Discours politique

François Hollande, (09/11/2011)

Merci d’avoir répondu à notre invitation. J’avais au cours du mois d’aout réuni les économistes pour évoquer la crise. J’ai aujourd’hui décidé de réunir la plupart de ces mêmes économistes pour parler toujours de la crise.

Dès lors que, depuis quatre ans, en août 2007, la crise a éclaté et qu’elle s’est intensifiée, approfondie, installée dans la zone Euro ; nous devons, nous candidats à l’élection présidentielle, que l’un soit ou pouvoir et les autres dans l’opposition –pour le moment-, donner à la fois notre jugement sur la manière dont la politique a été conduite depuis 4 ans, à tous niveaux, et dire aussi nos choix sur ce qu’elle pourrait être pour que durablement, le monde, l’Europe et la France puissent trouver une issue.

Je vais donc, devant vous, évoquer 3 sujets, et ensuite répondre à vos questions. La première question et le premier sujet, c’est de savoir si le G20 qui s’est réuni à Cannes a été une réussite ou un échec. Posez d’ailleurs la question parait même incongru, tant il est apparu –et je vais en donner confirmation- que le G20 de Cannes a été un échec. Certes la crise de la zone Euro s’y est invitée. Surement, l’initiative du premier ministre Papandréou a bousculé l’ordonnancement. Il n’empêche que les objectifs qui avaient été posés par le président en exercice du G20, c’est à dire Nicolas Sarkozy, ces objectifs étaient si nombreux qu’aucun n’a été atteint.

Que ce soit dans la régulation financière, où les paradis fiscaux ont été cités, dénoncés sans que la moindre sanction n’ait été imposée. Sur ce qu’on appelle les hedge funds, c'est-à-dire cette finance de l’ombre qui est pour beaucoup responsable de la déstabilisation actuelle des marchés ; si l’on songe que la moitié de la finance américaine est constituée par ce type de mécanismes, d’institutions : rien de consistant n’a été décidé pour maitriser cette finance de l’ombre. Rien non plus sur le contrôle des produits dérivés. Pas davantage de progrès sur l’agence de notation Européenne qui aurait du faire contrepoids aux agences de notation privées . Mais si je prends le domaine du système monétaire international, qui avait là encore été évoqué par le président du G20, il n’y a eu aucune concession faite par la Chine sur la valeur de sa monnaie et sur sa prochaine convertibilité. Troisième niveau, la stabilité des matières premières. Aucun mécanisme d’intervention n’a été installé. Pas davantage la moindre régulation. Nous aurons donc la poursuite de la volatilité des cours des matières premières. Enfin, la fameuse taxe sur les transactions financières, qui a été l’objet de discussions au sein du G20 et notamment de l’interview des deux présidents américain et français. Ma connaissance de la langue anglaise m’a permis néanmoins de comprendre qu’il y avait une vraie divergence entre les deux. L’un, Nicolas Sarkozy, parlait d’une taxe sur les transactions financières. L’autre d’une taxe sur les établissements financiers, ce qui est tout à fait différent. Donc il n’y a pas eu là encore de consensus, pas davantage de date, pas davantage de procédure ou d’instruments pour aller vers une taxation de la spéculation. Et surtout, sur ce qui intéresse le plus les citoyens, la croissance, l’activité, l’emploi. Il n’y a pas eu de politique concertée, coordonnée à l’échelle du monde, entre les zones excédentaires et les zones déficitaires pour qu’il y ait la moindre action d’envergure permettant de rechercher la croissance dans les pays qui sont les plus touchés et affectés par la crise.

Si je veux résumer mon point de vue sur le premier thème : en définitive, c’est un G20 impuissant qui a été en plus engourdi par la crise de l’Euro. C’est surement l’épuisement d’une formule, celle du G20, qui pourtant n’est pas vieille, et c’est aussi la confirmation des limites de la méthode de Nicolas Sarkozy. En cette matière comme en toute autre, les proclamations ne peuvent pas valoir politique, les déclarations ne se transforment pas par miracle en actes, les dénonciations ne vont pas jusqu’aux sanctions . Je vous invite à relire le discours de Toulon, qu’il avait prononcé sur la régulation du capitalisme financier. Si je puis dire, il n’a rien perdu de son actualité. Et c’est finalement la critique la plus implacable que je puis lui délivrer. Avec Nicolas Sarkozy, rien ne perd de son actualité puisque tout reste immuable, y compris sa parole, dès lors qu’elle ne se traduit pas en actes.

Quels seraient les choix que le prochain président devrait faire pour donner une nouvelle impulsion à la régulation mondiale dans les différents domaines que j’ai évoqués ?

Le premier acte serait de réglementer les produits financiers dérivés. Ils ne devraient être autorisés que pour les seules couvertures des besoins réels des agents économiques. Les produits dérivés ont une justification lorsqu’ils permettent de donner une couverture par rapport à un risque : risque de change, risque de volatilité de matières premières. Mais lorsqu’ils sont l’objet même d’une spéculation, le but même d’une opération financière, alors ils ne doivent plus être retenus. Il n’y a pas besoin d’attendre que cette règle soit fixée à l’échelle d’un pays, d’un continent ou du monde. Il est possible pour une nation de définir déjà des instruments de régulation financière.

Deuxième proposition, la transparence sur les transactions financières, c'est-à-dire établir une liste noire des hedge funds, et d’interdire aux banques Françaises de financer ce type de fonds extérieurs. Le paradoxe, c’est que ces hedge funds déstabilisent les banques qui elles mêmes les financent. Donc le principe que je poserai, c’est qu’aucune banque ne doit être en relation avec un fonds qui n’est pas sur un marché organisé. La deuxième règle, qui va dans le même sens, c’est qu’aucune banque ne devrait pouvoir travailler avec un pays qui abrite un paradis fiscal. Dès lors, aucune banque française ne pourrait entretenir quelque relation que ce soit avec des établissements installés dans des paradis fiscaux.

Ma troisième proposition c’est la taxe sur les transactions financières. Le calendrier qui a été évoqué, je ne parle pas du G20, mais au niveau de l’Union Européenne et encore pas nécessairement dans tous les pays de la zone euro: le président a parlé de fin 2012, pour ne pas dire fin 2013. Ce sera pour ce qui me concerne le plus tôt possible que cette taxe devra être instaurée dans tous les pays qui le voudront. Il n’est nul besoin d’attendre que tous les pays de la zone euro en décident.

Ma quatrième proposition est d’agir sur la réforme du système monétaire international. Nous devons nous Européens instaurer un rapport de force avec la Chine pour lier la politique commerciale et la politique monétaire. Il n’est pas possible d’avoir un partenaire commercial qui réalise 170 milliards d’excédents sur les échanges avec l’Europe et qui n’introduit pas la convertibilité de sa monnaie.

Je termine sur la question de la gouvernance mondiale en évoquant les instances de régulation elles-mêmes. Le G7 devenu le G8 devrait être entièrement consacré à la régulation financière puisque ce sont les pays qui sont justement affectés par la spéculation. Le G20 devrait être une instance qui règle les questions des déséquilibres commerciaux et donc de la croissance à l’échelle du monde. Le FMI devrait avoir la responsabilité de la réforme du système monétaire international et surement devrait-il y avoir une instance politique qui prenne en charge la question monétaire, la question commerciale et la question financière et qui serait le réceptacle de tout ce qui aurait été décidé dans les autres instances. Nous en somme loin.

J’en reviens à Cannes où il n’a même pas été possible d’institutionnaliser un secrétariat permanent du G20, ce qui était une proposition française et britannique. Voilà pourquoi je suis sévère, non pas seulement à l’égard de N. Sarkozy, qui en était le président mais sévère par rapport à la méthode qui a conduit finalement la plupart des pays les plus riches du monde à ne pas véritablement, depuis 4 ans, alors que des progrès avaient été réalisés lors des premiers sommets et notamment à Washington et à Londres, de ne pas avoir donné une régulation au monde et une gouvernance mondiale.

Le deuxième sujet que je voulais aborder avec vous, la deuxième question que je voulais poser, c’est : est-ce que la crise de la zone Euro est finie ? La réponse, hélas, est non. D’abord la Grèce est toujours affectée par une instabilité politique. Je souhaite qu’elle se termine le plus rapidement possible. Mais il n’empêche : cela fait 18 mois, c'est-à-dire depuis mars 2010, que la question grecque est posée à la zone Euro. Et cela fait 18 mois que, faute d’une action forte et anticipée, les dirigeants de la zone euro se sont mis dans une position de faiblesse. Cela explique qu’après moult réunions du Conseil Européen, il n’a toujours pas la capacité suffisante pour intervenir sur les marchés et casser la spéculation, et à la Grèce s’ajoutent aujourd’hui d’autres pays qui peuvent être demain vulnérables ; Parmi ces pays il y a déjà l’Italie. Aujourd’hui, le taux d’intérêt des emprunts d’Etat italiens dépassent 7%. Des décisions positives seront surement prises dans les jours qui viennent à Rome, mais il n’empêche : s’il devait y avoir une spéculation sur l’Italie, le fond de stabilité financière n’est pas aujourd’hui en mesure d’y faire face. Cela en dit long sur les insuffisances qui ont pu être celles des dirigeants de la zone Euro par rapport à la crise qui la frappe.

Je considère que l’Europe reste menacée par l’hypothèse d’une crise financière de grande ampleur. Elle est également menacée par une austérité qui gagnerait l’ensemble des pays de la zone Euro et notamment des pays d’Europe du Sud, qui affaiblirait la croissance et rendrait encore plus difficiles l’accomplissement d’objectifs sur la réduction du déficit et de la dette. Là encore, le jugement que je veux porter sur la manière avec laquelle Nicolas Sarkozy a abordé cette crise de la zone Euro depuis 18mois, c’est qu’il a affirmé au départ des positions dont, à la fin, aucune n’a été tenue. Il se refusait à amputer les créances privées des banques. En définitive, 50% seront considérées comme impossible à rembourser. Il souhaitait qu’il y ait un fonds de stabilité financière adossé à la BCE, ce qui est une bonne proposition. Il n’en est rien resté à l’arrivée. Il y avait aussi le souhait qu’il puisse avoir un soutien de l’activité. Sans que le mot emprunt européen n’ait jamais été prononcé, il n’empêche que le souhait de la France était d’aller vers une UE pouvant disposer d’une capacité d’emprunt.

Je considère donc que ce sont les positions allemandes qui se sont imposées au fur et à mesure de ces 18 mois. Et aujourd’hui c’est l’Allemagne qui fixe l’agenda, qui fixe la procédure et qui fixe le règlement. Je ne dis pas que l’Allemagne n’a pas des positions qui méritent d’être entendues, mais je constate que c’est elle qui a fait prévaloir son point de vue. Et aujourd’hui, je considère que la crise ne peut pas être véritablement surmontée parce que le fonds de stabilité financière n’est pas suffisamment doté pour faire face à une nouvelle crise financière.

Je fais donc là encore 4 propositions. La première, c’est de doter davantage le fonds, par des moyens Européens, sans qu’il soit besoin d’aller chercher des fournisseurs de capitaux venant de l’étranger, et notamment de la Chine. S’il y a lien qui peut être établi, c’est avec le FMI.

La deuxième proposition, c’est de permettre à la BCE d’agir pour venir en soutien aux Etats victimes de la spéculation lorsque ces Etats ne peuvent pas être considérés comme n’ayant pas respecté la discipline budgétaire, c'est-à-dire victimes d’un processus de spéculation qui n’a pas de fondement. La Banque centrale devrait être autorisée, à ce moment là, à acheter une partie de ces dettes.

La troisième proposition, ce sont les euro-obligations, les euro-bonds, qui restent d’une grande actualité puisque dès lors que la Banque centrale ne peut pas intervenir par elle-même, dès lors que le fonds de stabilité financière n’est pas suffisamment doté, quelle est l’autre possibilité pour intervenir face à une crise des dettes souveraines ? Cela ne peut être que les euro-bonds. Admettons-le : s’il y a des eurobonds, une gouvernance budgétaire devra forcément être mise en place. Mais aujourd’hui, sans les eurobonds, nous aurons la gouvernance budgétaire qui se mettra en place, parfois avec des contraintes très sévères sur les Etats, sans contrepartie. Donc la proposition que je fais c’est : les eurobonds, et l’acceptation d’une gouvernance budgétaire au sein de la zone Euro.

La dernière proposition que je soumets, c’est la gouvernance elle-même de la zone Euro. Il faut qu’il y ait non seulement les gouvernements par les chefs d’Etats ou premiers ministres qui se réunissent le plus souvent possible ; il faut surement qu’il y ait –j’en ai fait la proposition- une unité de commandement et ce doit être le président du conseil européen, qui absorberait surement la présidence de la commission et même la présidence de l’ECOFIN. J’ai regretté l’absence des autorités européennes dans la dernière crise qu’a connue la zone euro. Le directoire franco-allemand ne peut pas se substituer aux autorités européennes, donc il faut une gouvernance. Il faut sans doute un trésor public européen qui assure la surveillance des marchés, qui permette d’émettre des emprunts et qui poursuive une politique de croissance. Parce que la gouvernance de la zone euro doit être non pas simplement l’addition de plans de rigueur, mais à côté de la réduction de la dette et des déficits, l’accompagnement d’une politique de croissance qui aujourd’hui ne peut se faire qu’à l’échelle de l’UE.

La troisième question que je voulais aborder, c’est : est-ce que la France est protégée ou non ? La France n’est pas protégée parce qu’elle n’est pas bien présidée. La France n’est pas protégée parce qu’elle ne l’est ni de la crise de la zone euro ni de la crise financière. Elle n’est pas protégée parce que nos déficits sont très élevés : aujourd’hui 4,5% de la richesse nationale. C’est le chiffre proposé pour l’année prochaine. Et il y a eu durant le mandat de Nicolas Sarkozy 500 milliards d'euros de dette publique qui ont été hélas contractés. Il y avait un peu plus de 1000 milliards au début du mandat de Nicolas Sarkozy, et nous en sommes aujourd’hui au-dessus de 1500 milliards aujourd’hui, pour ne pas dire davantage. 500 milliards, et on viendrait nous faire la leçon ? On viendrait chercher les responsables, que dis-je, les irresponsables ! Et nous, nous les avons trouvés. Nous savons où ils se situent. Parce que sur ces 500 milliards de dette supplémentaire, 75milliards sur l’ensemble du quinquennat proviennent des recettes fiscales perdues, accordées par des allègements dans le cadre du paquet fiscal, de la TVA sur la restauration et de la taxe professionnelle –si je ne m’arrête qu’à cela ! SI nous avions ces 75 milliards aujourd’hui, ce serait 75milliards en moins de dette. Et on viendrait nous chicaner pour 2 ou 2,5milliards sur telle ou telle dépense ? Avec ce bilan là ?

Voilà la situation. Nous sommes devant des déficits, et le pire déficit : au-delà de nos finances publiques, c’est le déficit de cohérence. Finalement le quinquennat de Nicolas Sarkozy ce sont des mesures votées les premiers mois et progressivement déconstruites tout au long de son mandat.

Le déficit de cohérence c’est l’incapacité à définir à moyen terme une politique de croissance et d’être obligé, tous les trois mois, de venir par premier ministre interposé, parce que j’ai noté que le président sortant ne voulait pas faire lui même le service de la politique d’austérité qu’il a décidé, tous les trois mois le premier ministre vient nous faire l’annonce de ces mauvaises nouvelles. Nous sommes au mois de novembre, vous avez déjà rendez-vous pour février.

À ce déficit de cohérence s’ajoute à un déficit d’équité. Les trois quarts des sept milliards qui ont été annoncés lundi seront payés par les ménages. Si j’ajoute le plan de douze milliards que François Fillon avait présenté au mois d’août dernier, et qui était également pour six milliards et demi sur les ménages, ça fait douze milliards que les ménages vont devoir payer en plus pour l’année prochaine. Douze milliards, ça fait cinq cent euros par ménage. Voilà le prélèvement supplémentaire que Nicolas Sarkozy aura décidé en quelques mois.

Et comme cela pèse sur la consommation, que ce soit, par rapport à la TVA, sur les produits de première nécessité sauf l’alimentation, ou que ce soit par la perte de pouvoir d’achat sur les prestations sociales, il est à craindre qu’il y ait un ralentissement de la croissance qui est déjà là puisque nous avons deux trimestres où la croissance a été nulle. Et si la croissance est encore inférieure à 1% l’année prochaine, il faudra ajouter des mesures d’austérité. Nous sommes dans un cycle infernal. Nous avons une dette très élevée, des déficits trop importants et des mesures pour corriger mal calibrées, mal conçues et mal ciblées, puisque ce sont les plus modestes et les classes moyennes qui payent, cela affecte la croissance et la mécanique ainsi se déploie.

La proposition que je fais là encore, c’est le redressement de la France. C’est-à-dire de définir un cap et de lui donner sa pleine visibilité. La crédibilité elle ne se proclame pas, elle se démontre. Je suis pour la maîtrise des déficits et de la dette. Je ne le suis pas simplement parce que ce serait l’ère du temps qui en déciderait. Je le suis parce qu’il s’agit de notre souveraineté. Et il s’agit de la vie concrète de nos concitoyens qui ne peuvent pas non seulement être amenés à financer leurs dépenses sociales d’aujourd’hui et en même temps à financer leurs dépenses sociales d’hier. Je le fait, parce que pèse sur les plus modestes les ajustements qui sont demandés. Il faut donc que nous ayons un plan de réduction de nos déficits. Et que ce plan soit juste et n’empêche pas la croissance. C’est la raison pour laquelle, au lendemain de l’élection de 2012 je présenterai un plan, une loi de programmation sur cinq ans de réduction de nos déficits et de maitrise de notre dette.

Ce sera une réforme d’ensemble, mais il faut de la croissance. Une bonne gestion des finances, une justice fiscale doivent s’accompagner d’une politique de croissance. Tout sera fait pour soutenir l’investissement. Priorité sera donnée en matière de fiscalité et de cotisations sociales aux PME. Une politique de ré-industrialisation sera engagée, y compris avec la transition énergétique.

Je ferai en sorte aussi, avec une nouvelle politique du logement, de soutenir le maximum. Parmi les dispositions les plus contestables – et il y en a beaucoup dans ce qui nous a été présentées – se trouvent celles qui entrainent une suite d’affaiblissements du secteur du bâtiment, en définitive parce que ce sont de mauvais mécanismes. Ce qui aura deux conséquences : une conséquence en matière d’emploi et une conséquence en termes de logements et donc de loyers.

Je présenterai également une réforme bancaire, permettant de distinguer les activités spéculatives de celles de dépôts et de crédits. Je ferai en sorte d’avoir une politique d’épargne permettant l’affectation de ce qui est un atout pour la France, un taux d’épargne élevé, à l’investissement.

Enfin, les engagements que j’ai pris en matière d’éducation, de formation et de jeunesse ont un sens par rapport à l’enjeu de la promotion personnelle, de la réussite, de la lutte contre l’échec scolaire, mais aussi un enjeu par rapport à la croissance. Ce sont les pays qui forment le mieux qui réussissent le mieux en termes d’emplois et de croissance.

Voilà les maîtres mots : équité, visibilité, stabilité, efficacité.

Si je veux résumer mon propos. Pourquoi sommes-nous dans cette situation ? C’est parce que la faiblesse de la France a, en définitive, conduit à la fragilité de l’Europe. Et, la fragilité de l’Europe – on l’a vu au moment du G20 – n’a pas permis de réguler le monde. Et bien faisons le chemin inverse. Une France qui serait redressée permettrait à l’Europe de se remobiliser et à un monde de se réguler.

C’est en ce sens que l’élection de 2012 n’est pas simplement importante pour nos concitoyens, pour la France, pour le pays que nous voulons servir mais c’est une élection majeure pour l’Europe et, je l’espère aussi, pour le monde tout entier.